‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 82 sur 625 · DIEU GRÂCE — DIFFAMER · texte numérisé non relu

DIEU GRÂCE — DIFFAMER

Dieu grâce, grâce à Dieu.

Ils sont, Dieu grâce, Madame, en parfaite santé. — Escarb., se. 6.

* Voir Diantre et Jurons.

Dieux.

Au nom des Dieux! — Je ne veux pas. - Bourg, gent., III, 10.

* Par suite du môme scrupule religieux qui faisait dire temple pour église, diantre pour diable (voir ci-dessus Diantre) et par suite aussi de la tradition païenne, toujours vivace, qui était encore défendue dans Y Art. poét. de Despréaux, l'auteur des vers de la troisième journée de Vile enchantée, vantait dans la Reine-Mère, Anne d'Autriche :

Son zèle si connu pour le culte des Dieux.

Molière faisait dire à Anselme, dans L'Etourdi, II, 4 :

571 Ah ! bons Dieux ! je frémis !

et à Mascarille, aussi dans L'Etourdi, I, 6 :

981 Au nom de Jupiter! laissez-nous en repos!

Les Italiens ne disent-ils pas encore per Bacco ! et les Anglais bu Jove !

DIFFAMER, compromettre, déshonorer, perdre de réputation.

989 Trouves-tu beau, dis-moi, de diffamer ma fille?

Dép. am.y III, 8.

159 Nous vous y surprenons en faute contre nous,

Et diffamant l'honneur de votre cher époux. — Sgan., se. 6.

Les usuriers sont les plus fidelles et ponctuels en leurs termes, en leurs promesses, en leurs écritures, pour ne pas diffamer leur mestier.

Garasse, Doctr. cur., i6a4, p. 896.

891 Ecouter son amour, obéir à sa voix,

C'était m'en rendre indigne et diffamer son choix. - Cor*., Le Cid, III, 6.

Emprunter le secours d'aucun pouvoir humain

D'un reproche éternel diffameroit ma main. - Id., Médée, IV, 5.

Mais ne craint-elle point qu'un voisin la diffame ?

Ta. Cor*., Feint Astroi, I, 9.

577 Verrai-je pour un jour tous mes jours diffamés?

La Fort. , VII, p. 627 ; Achille, se. 5.

65 1 Par cent cruels repas cet antre diffamé

Se trouvoit en tout temps de carnage semé.

Id. , VI, p. 3oi-3oa : Captivité de saint Maie.

Page 1