AVENTURE — AVENTURE (PAR
Aventure : i° <t Accident; ce qui arrive inopinément. ■» [Aead., 1C9/..)
Vile, qu'on m'aille quérir des médecins, et en quantité : on n'en peut trop avoir dans une pareille aventure, — Am. méd., I, 6.
3i Les aventurée du monde
Vont d'un ordre mutuel. - Malh., I, a 4.
9 Une vieille masure
Fut la scène où devoit se passer Vaventure, - La Fort. , II, 436. - Fable* , IX , 16.
181 1 iNous autres, bénissons notre heureuse aventure, - Gobn., M,, V, 6.
2** (rHazardi) [Acad.^ 1696); occasion.
Je ne veux point perdre celte aventure, — G, Dand.y III, 6.
a Quelle aventure en ces lieux vous attire? - La Font., VII, Aog. - Aêtrte; Prol.
AVENTURE (Par), par hasard, peut-être.
Ce n'est que par aventure que Ton m'a adressé à luy. - UAv.j II, a.
* rt Aventure est un fort bon mot en divers sens; mais Tadverbc qui en est composé, d'aventure, pour siijiiificr par hazard, de fitrtune, n'est plus guère en usage panny les excellens escrivains. Par aventure, pour peut-eêtre, commence aussi à devenir vieux, quoyqu^il y ait de foK bous A ut heurs qui s'en servent dans des ouvrages d'éloquence. Je ne le voudrois pas faire, estant bien asseuré qu'il vieillit. t) Vauoblas. — Sur celte Remarque, l'Académie (1706) fait le commentaire suivant : rt D* aventure , adverbe, pour signifier ;Mr hazard, n'est plus du tout en usage, non plus que par aventure, pour dire peut-tUrt,'»
1^5 Si quelqu'un, d'aventure, en délices abonde.
Il se perd aussitôt et déloge du monde. - Malh., I, 9.
U Le moindre vent qui, d'aventure.
Fait rider la face de l'eau. - La Font., I, ia6. - Fableg, I, aa.
Madame, par hazard, n'étes-vous point ma femme? — Monsieur, par aventure, étes-vous mon époux?
Regrabd, Démocrite, IV, 7.
Le maître du logis vient d'arriver d'un long voyage; seroit-ce vous, par oftnturef - Id. , Retour imprévu, se. ao.
* n D'aventure et par aventure ne se disent que dans le style badin et burlesque.» - AxDRY DL' Bois-REGiRD, Réfl. 8ur l'u9age prêt, de la lang.fr,, 169a, p. 76.
A l'occasion de par aventure, on trouve, dans la Recherche de» Recherchée de Ht E»i, Pa»quier, œuvre enfiellée du P. Garasse, un curieux passage.
Pasquier avait dit (liv. III, ch. vu des Recherchée) : n Paradventure que Giovis et n postérité, depuis ce grand coup ainsi jette, se contentèrent de leur baptesme, ou bien, s^ils continuèrent en leur christianisme, ce fut pour la crainte des censures de Rome.»
1^ P. Garasse répond : tr . . . Marque, lecteur catholique, avec quelle machine ee Libertin renverse et révoque en doute la religion de nos Roys, avec un paraàventure qui
AVÉRER — AVERSAIRE 185
est une parole et une preuve d^eslourdy. Je me souviens avoir assisté une fois à la prédication d'un grand homme de nostre aagc, en laquelle il ramena bien ce paradventure, et nous enseigna que c'estoit Tordinaire bélier avec lequel Jean Calvin rcnversoit ou ravaloit les miracles de Nostre Seigneur, disant que paradvnUure le Christ avoit eu telle ou telle intention ; paradventure que non ; paradventure il s'estoit fait moquer de soy en son entrée à Jérusalem ; paradventure n'avoil-il pas eu cette volonté ; paradventure avoit-il vu le figuier, paradventure que non ...»
Et le P. Garasse ajoute : tr Je treuve que, sans paradventure, il y a du libertinage et de rimpiété en la teste de M* Pasquier : et la plus douce cicuse que la postérité sauroit porter k ceste mesdisance sera de dire que paradventure Pasquier resvoit ; paradventure il estoit libertin; paradventure il sentoit le fagot. . . t) - Ouvr. cité, p. 53-55.
Avérer, vérifier, prouver.
3i5 De pareils forfaits,
Sans les bien avérer, ne s'imputent jamais. — Sgan,, se. i9.
375 Et j'ai su par mes yeux avérer aujourd'hui
Le commerce secret de ma femme et de lui. — Ibid., se. iG.
Mais je vois par sa fin le contraire avéré. ^
DispoiTES, Ëpitaphe de Remy Belleau.
9^ Dans son Commentaire iur Deiportet, Malherbe met sèchement en note re mot : «Ai/oû. (IV, â66.), voulant dire sans doute que ce mot appartient à la langue du Palais». - Cf. Bbuhot, Doctrine de Malherbe, in-8% 1891, p. 807.
L*ii;tcntion du bon juge (est) lï avérer la vérité entre les parties.
CiiAPELAiK, Trad, de Guzm. d'Alfar,, i63o, III, 338.
Si 69 Mais, dis-moi, ton indice est-il bien assuré?
— J'en réponds sur ma tête , et rai trop avéré, - Cobs. , Théod. ,1,3.
83o Le crime est avéré; lui-même il le confesse. - Ric, Plaid., III, 3.
Il faut, pour avérer une semblable oflcnse.
D'avec la vérité détacher rapparencc. - Mohtplburt, Fille capitaine, III, 4.
Avez-vous sur des faits par moi-même avérée
Suffisamment ouvert vos grands yeux eiïarés? - lo. , Dupe de toi-même, II, 1.
Voilà donc un fait avéré et public : la ruine totale de restât du peuple Juif du temps de Jésus-Christ. - BosstET, Hi$t. univ., in-/t*, 1681, p. A 18.
AVERSAIRE.
i834 Ecouter d'un ami raisonner Yaversaire
Pour des hommes d'honneur n'est point un coup à faire.
Amph.j m, 7.
1087 ^^^^ il m'attaque à part comme un noble aversaire.
Fem. sav.y III, 3.
N*est-ce pas un beau sujet de satyre , de reprocher à son avenaire qu'il est traducteur d'Horace et de Ju vénal I
CoTiR, Crit. déêintér., 1666, nouv. coll. Moliéresque , p. 3a. - Cf. lu.^ilAd., p. 37.