AVISER
Aviser , donner avis , avertir, prévenir.
De grâce, Moron, va le faire aviser que je suis ici.
Pnnr.J^/., III, 3.
1 190 Mais je ne vis jamais une froideur pareille;
De la femme il fallut moi-même Cautser, — Amph., II, 3.
Ils disenl tous doux (le médecin et l^apothicaire) : (rpoînt de douche.» Ils croi- Fuient faire un attentat d^attaquer et de mettre en alarme une santé comme la mienne; ils croiroient avUer les nerfs d'un désordre à quoi ils ils ne pensent pas.
Se?., Ylll, 117-118.
AviSEB, examiner.
i388 Voilà dans ces deux choix dequoi vous satisfaire;
Avisez maintenant celui qui peut vous plaire. — D. Gare, IV, 8.
Je vais vite consulter un avocat, et aviser des biais que j'ai à prendre.
Fourb. de Scap,y II, 1.
AvUez si vous n*apprenez plutôt a philosopher qu*à vivre. - Malh., II, 3âa.
AvisEii (S'), avoir l'idée de. . .
AS 3 Les querelles, procès, faim, soif et maladie Troublent-ils pas assez le repos de la vie. Sans «'aller, de surcroît, aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement?- Sgan., se. 17.
(Il) fit toutes les démonstrations dont il êe put aviter. - Malh., II, p. ai.
Ésope t'affiêa d*un stratagème. - La Font., I, p. 37. - Vie tf Etape.
Point de critique dont ils ne se soient avitéa. - Rac, Brit,, i** préf.
Quoi I Monsieur, il se peut qu^on «0 ioU avise De vous faire un présent d'un magot supposé?
MoATFLBUBT, CrUp, gent,, V, 8.
A la fm ses devins luy persuadèrent (à Marc-Aurèle) d'attribuer à ses Dieux et à ses prières un miracle que les Payens ne M'avisèrent pas seulement de souhaiter.
60S8DBT, HisL univ,, îii-ii"^ 1681, p. 10 A.
Ils (les Juges égyptiens.) ne tiroient rien des procès, et on ne s'estoii pas encore avisé de faire un mcstier de la Justice. - Id. , ibid,, p. khb.
Aviser, verbe neutre, pour s'aviser.
Je vous établis dans la charge. . . de donner à boire, mais. . . non pas. . . selon la coutume de certains impertinents de laquais, qui viennent provoquer les gens et les faire («') aviser de boire lorsqu'on n'y songe pas. - UAv., III, 1.
19a Qui vous a fait (vou$) aviier de ce tour?
La Fo5t., VI, 37. - ConUt, V, 3.
Ciel I Qu'entends-je ? — Ab I pargué, je i'avoue à la gloire,
Tu me fis (m*) avûer d^unc bonne avisoire. - Montflbubt. Criip. gent,, V, 3.
Aviser, apercevoir.
37 Et se seroit teuu comme il s'étoit posé,
Si, pour mon infortune, il ne m'eût avisi. — Fâcheux, I, 1.
Obartb, apercevant Ébastb :
38 1 ïavise un homme ici qui n'est pas ignorant. — Ibid., II, A. Je les ai le premier avisés , avisés premier je les ai.— D, Juan, II, 1.
Mab j*aperçois Tyrene et quelqu'un qui le suit. — Je VavUe à propos, et le Ciel nous conduit.
RoTBou, La Célhnène, II, & et 5.
1 56 Dieu sçait avec combien de joye Ils se sont Tun fautre baisez.
Soudain qu'ils se sont avUezI - Lobbt. Muze hUtor,, 3 nov. 1607.
« Dans le Manuel lexique de Tabbë Prévost , aviëer est donné comme terme de cbasBe, et de même dans Littré. Les lexiques n'en fournissent aucun exemple dans Malherbe, Corneille, Racine, M"" de Sévigné, ni La Fontaine.
Vaugelas, Patru, Tb. Corneille et l'Académie française se sont occupés de ce mot.
fxAviêer, dit Vaugelas, pour appercevoir ou detcouvrir, ne peut pas estre absolument rejette , comme un mot qui , en ce sens-là , ne soit point françois ; mais il est bas et de la lie du peuple. On n'oseroit s'en servir dans le beau stile, quoy qu'un de no« meilleurs escnvains en use souvent. Pour le faire mieux entendre, il en faut donner un exemple : J'avûay un bomme sur une tour ou sur un arbre , pour dire : Vapperçu» ou je découvriê un homme, etc.n
A quoi Patru répond : ftïaviMay un homme sur une tourn est très bien dit. Ce mot n'est point bas , mais il faut regarder où on le met. n
Tb. Corneille reprend : trM. Cliapelnin dit qu'avitcr pour apercevoir n'est point trop bas , et que c'est un synonyme qu'il ne faut pas perdre. M. de La Mothe Le Vayer« qui ne peut souffrir qu'on dise qu'il est de la lie du peuple , prétend que les Princes et les Princesses le disent tous les jours, et qu'il s'cscrit de mesmc.»
L'Académie française conclut : rtAviêer a paru bas dans la signification à'apercev.ir.n - Remarquée de Vaugela$, édit. Cbassang, II, ia5.
Tel n'était pas l'aùs de La Mothe Le Vayer : k Aviser pour apercevoir est bas, dit-41 (dit Vaugelas), et de la lie du peuple. Les Princes et les Princesses neantmoinsie disent tous les jours, et il s'écrit de mcsmc.» - La Motub Le Vaybb, OEuvr,, 1669, X, p. 5i 1.
Dans sou Dict, néoL (]738), ra})bé Desfontaines revient sur ce mot : ttAviter, dit-il, pour dire : découvrir de loin , selon Vaugel&s et le Dictionnaire de Trévoux , est un mot bas et de la lie du peuple ; mais il faut qu'il soit noble , puisque notre fabuliste moderne (Lamothe) s'en sert dans la deuxième faole du quatrième livre.»
Avoir, avec un adjectif: avoir contraire, avoir ag^réable^ etc.
8 J'at, dans ma passion, toutes choses contraires. — VEUy I, 9.
1698 Ayez, jp vous prie, agréable De venir honorer la table Où vous a Sosie invités. - Amph., III, 5.
De peur qu^elle ne s'ogarast, il îuy feroit compagnie, si elle Vavoit agréable, D'UBri, UAttrêej 161&, I, p. aai'. Cf. lo., iitid,, II, p. ao5, &66, 46i.
1 9 Un bien que j'«i si cher, - Malb., I, 38.
Je les baillay à riiomme à qui ils (5toient destinés, qui les eut extrêmement agréableê, - Id. , III, SS-Sg.
1 1 63 Dieu na pas toujours agréable
Tout ce qu'un dévot trouve aimable. - Conn., Iinit,, liv. IV,
1 5 La haine que pour vous elle a si naturelle, - Id. , Nicom, , 1 , 1 .
Elle ne m*a pas payé pour cela, comme on paye les historiens qu*on veut avoir favorahlet. - FuBBTièBB, Rom. bourg, y Biblioth. elzév., p. ao5.
Il avoit ouy dire que les Muses estoient des Divinitcz qn*il falloit avoir favorables pour bien faire des vers. - Id., ibid., p. a 88.
U y a une maison icy près, où vous serez peut-estre mieux, si vous avez agréable d'y venir. - Araspe et Simandre, 167a, I, p. 7t.
Pourquoi prie-t-on Dieu d'avoir agréableê les prières que 1rs Saints Iuy font poor nous? — Pour faire concourir dans ce Sacnfice (de la Messe) les vœux de toute rÉglise. - Bossuet, Catéch, de Meaux, 1687, in-ia, p. an.
Avoir : avoir pour agréabk.
3o Et je vous supplierai d'avoir pour agréable
Que je me fasse un peu grâce sur voire arrêt. - Misanih,, I, 1.
A quoy te sert cette beauté, . . . puisqu'elle. . . n*est plus que la vile dcspouiUc d'un berger, voire si vile qu'il ne Va pas seulement pour agréable f
D'UBFi, L'Aêtrée, i6t&, II, p. ASo.
AVOIB AFFAIRE À. . .
« Voir Affaire (Avoir) à. , ., ci-dessus, p. 65.
Avoir (Rn) à. . .
271 A qui donc en a-t-il? - Sgan., se. 9.
Quelle mouche la pique ? — A qui donc en a-t-elle ?
RBGNiRD, Démocritp, IV, 3.
Dis donc à qui tu en a», - Id. , Ln Coquette, I, la.
Avoir, y avoir.
983 Et pensez-vous, Seigneur, puisqu'il me faut parler, Qu'il eût en ce péril dequoi tant m'ébranler?
Princ, iEL, 1, 3.
N^y aura-t-il poinl quoique différence de nous à eux? Si aura, certes, il y en ra beaucoup. - Malh. , II, 277.
aura
* Dès le xiii' siècle, Tadverbe y (ibi) se montre dans cette locution, y avoir. Mais la forme ancienne i7 a m retrouve encore au xyii* siècle dans ce qu*on est convenu d*appeler le style marotique :
Entre Le Clerc et son ami Coras,
N'a pas longtemps sourdirent grands débats. - Rac. , Epigr,
Avoir, tenir.
1 i8â Mais nous avons du Ciel ou du tempérament
Que nous jugeons de tout chacun diversement. — D. Gare., IV, 6.
Un esprit généreux a cela que l'exemple d'une chose louable le convie à l'imitation. - Malh., II, 606.
369 L'amour certes sur vous a bien peu de puissance.
— Les princes ont cela de leur baute naissance. - Cobn. , Pompée, II, 1.
Avoir : avoir quelqu'un qui. . . ou que. . .
79 Et quand on a quelqu'un qu on hait ou qui déplaît,
Lui doit-on déclarer la chose comme elle est? — Misanth.y I, 1.
* C'est-à-dire : U y a.
Vous avez. Monsieur, un certain Monsieur de Pourceaugnac qui doit épouser votre fille? - Pourc, II, î2.
Avoir, supprimé par ellipse.
Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou une médecine dans le ventre.
Mal. imag.y III, 19.
•»f- C'est-à-dire : ayant tan» cetse,
Alberstadt (l'évéque d'Alberstadt ) avoit été pris par le pays, qui s'étoit élevé contre lui et . . . l'uvoit mené pieds et poings liés à l'Empereur. - Malh. , IV, 63.
* C'est-à-dire : ayant pieds et poings liés.
Schomberg eut ordre d'aller se jeter dans Corbie avec quatre cents chevaux, chacun un fantassin en croupe. - RiC, V, 99. Notée hiêtor,
* C'esl-à-dirc : chacun ayant mi fantassin.
11 Belle tête, dit-il, mais de cervelle point.
La Foxt. , 1, 3rî5. - Fablee, IV, \h,
* (j'esl-à-dire : n'ayant point.