‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 118 sur 395 · BADAUD · texte numérisé non relu

BADAUD

donne, en i539, hahUlarl, habillcarde, et, en 1669, balnllard, babillarde, qui reparait dans le Nicot de 157^, 1606, etc.

1573. Nicoi dit : babil , de Babel ou Babylone, Les dictionnaires postérieurs ne reproduisent pas son étymologie; en i65o, Ménage la reprend; mais, contre son habitude, au lieu de remonter le plus haut possible, il 8*en tient à l'italien bambino, et k Tangiais babe, enfant, babble, babiller, parler comme un enfant. — Nous croyons que le mot babe est une onomatopée formée sur les premières syllabes que prononce l*enfant, et que c*e8t de ik en effet que viennent babe ou baby (bébé) et tous leurs congénères.

Avec Joach. Perion, nous pourrions remonter au grec /Sof^of, bavard, qui rappelle également les premiers sons formés par Tenfant.

L'origine de babil étant expliquée, babil ayant pris place dans la langue, il devenait facile pour Tesprit populaire de le rattacher k Babel et, par suite, à BabyUme. — Ni le basque ni le breton nont d'analogues; mais l'islandais donne bab, enfant, d^où Tanglais babe.

Barbier d'Aucour, dans ses Sentiment» de Géante sur le» entretien» d*Ari»te et d'Eugène, reproche au P. Boubours d'avoir raillé le babil des femmes; il ajoute : cr Croyez-vous, Monsieur, que ce mot soit du bel usage, pour parier le langage de l'auteur? Gela me fait ressouvenir d'un auteur grave, qui écrit dans un grand livre que les hommes ont bâti la tour de Babel, et les femmes la tour de Babil.n - Otimr, àté, 1671, p. 117-190.

Badaud.

Ehl Messieurs les badauds, faites vos affaires. - Pourc, I, 3.

Elle me vit jeune garçon, le bec jaune, l'embonpoint refait, niais et badaut; je luy semblay un bon sot de village. .

GHAPBLiiif, Trad. de Guzm, d'Àlfar,, i63o, I, p. Â6.

7a Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés. . •

Il y croit des badaud» autant et plus qu^ailleurs. - Gofiii., Ment,, I, 1.

Ahl folle que je suis d'aimer trop ce lourdauti Enc^r s'il estoit beau I Mais ce n'est qu'un badaut.

Gn.BT DB laTessoriiirii, Detniaiaé, IV, 3.

Te raconter que Paris a son Boy?

Ta le sçauras par d'autres que par moy . . . Que l'on commence à redire trEminence», Que le badaud de nouveau refinance.

ScABRoif, OEuvr., Paris, David, 1700, I, ihS.

A ce beau son, vingt dodelues Serrent la patte à vmgt lourdauts.

Qui meslent cent gestes badaut»

A cent postures dissolues.

SaiiuvAmaiit, OEuvr., Biblioth. elzév., II, p. hoû,

îtoo On voyoit courir le badaut

Pour se sauver sous une porte. - Lobet, Mute hitlwr., 13 juin i655.

Donner à tel lourdaud femme si peu lourdaude.

Ma foi , c'est avoir l'âme honnêtement badaude. ^

MoNTFLBURT, Ec. de» Jaloux, II, 6.

Monsieur, parlons encor de Paris, je vous prie.

— Paris! Je suis badaud, Monsieur, c'est ma patrie. - Poisson, Fem. coq., JU, 1.

Puris n'a jamais vu naître un sot si fmdntui. -— Mais il fait le marquis cl le porte for! haut.

Id., L'Aprèa^liné des aubergee, se. i*

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