BARBOUILLER (SE) — BARGUIGNER
Tenrage quand je vois des jeunes gens • • • faire les Galons devant des barboni comme nous. - Babok, Rendez^cut det Tuileriei, proL, se. 8.
A trente ans , il passoit sa vie
Plus retiré qu'un vieux barbon, - Rbgrabd, Mar, de la FoL^ se. 5.
Les barlom comme nous ne s'attachent point à l'écorce.
Du<wVbbdibb, Le Flatteur, 1696, III, !•
4 Un des ouvrages de Bdzae, satire contre le parasite Montmaur, est intitulé Le Barbon, 16&8.)
Barbouiller (Se), s'embrouiller, se rendre ridicule.
671 Dans le monde, à vrai dire, il se barbouUle fort. — Misanih., Il ^ &.
Il est vray que les auteurs et les comédiens. . . nous barbouillent terriUement dans le monde; car le public croit que c*est vous (Apollon) et moi (Thalie) qui leur inspirons toutes les sottises quMls mettent sur le théâtre.
Rbgrabd et DuPBéHT, Le$ Chinoie, prol., se. 1.
4t Une note de la Collection de$ Grande Eerivaim cite un curieux exem[^e de Daneourt : ff Je b connois; elle est. . . femme à vous barbouiller terriblement dans le monde.
m — Malt-il, Monsieur? Que voulef-vous dire? Hél sont-ce des femmes comme moi qu*on barbouille T
9 — Hél Madame, il n*est rien de plus facile aujourd'hui que de donner des ridicules, et même aux gens qui en ont le moins.» - Le Chevalier a la mode, 1687, UI, 9.
On dit qu'un orateur, un avocat $e barbouille lorsque la mémoire luy manque, qu'il parie en gaumathias. - FuBSTièaB, Diction.
On dit figurément qu'un homme e'eet bien barbouUU dans le monde, pour dire qu'il a gasté sa réputation. - Acad.
BARGUIGNER, marchander, hésiter, biaiser.
A quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du pot?-Potfrc. ,1,5.
Le mauvais payeur, comme il ne compte point ce qu'il reçoit, ne barguigne point aussi après ce qu'on luy baille à crédit.
Ghapblain, Trad, de Guzm, d*Alfar,, i63o, I, p. 58.
Mais pour celuy-cy qui vous touche , • . . Prenez-le-moy sans barguigner,
ScABBon, Virg, trav., Paris, David, 1708, I, p. 977.
1 8 Des agents du Roy Catholique , Sans barguigner ni hésiter Ont promis de les assister. ~ Lobbt, Mute hietor,, 95 juin i65A.
167 Nous voulons que, sans biaizer.
Barguigner ny vous excuzcr, . , .
Vous célébriez icy la messe. - Id., ibid., 17 avril i655.
9i3 Sans barguigner ny marchander. - Id., ibid,, 1*' décembre 1657.
Mais en fait d'un mari, ne, barguignez pas tant. - Th. Gobn., Bar, d'Albie,, I, 5.
ils BARRETTE
Faut41 tant bargmgntr à connoitre ion père? - Th. Goih. , D, GÀ. é^AvaL, II, h.
Tiens, vois-tu, sans hargwgnvr, rends-moi la bague, et voilà le cachet.
Babox, Coqtiettê, se. i5.
J*enrage de vous voir sottement barguigner, - Hactbbocbi, Criipmmuiic., IV, 3,
4e wBttrguigner est un mot de ia lie du peuple, dont il ne faut jamais se servir. Il est si Las et si abject, que je ferois même scrupule d'en user en une lettre que j'escrirois i mon fermier. Au lieu de dire font liarguigner, dites ian» wtarekander, êom hétiter.n - Vao- OBLAS, édit. Chassang, II, 378.
V Le mot de barguigner est très ancien dans notre langue. Il se trouve dans Huon de Mery,. . • dans Ville-Hardouin, et dans plusieurs autres auteurs cités par M. duGan^e. • • M. de Vaugelas. . • ne doit pas être suivi. . . Sam Meiter ne représenteroit pas bien la signification de ian» barguigner. Sans marchander pourroit se dirâ.» - M^naob, Orig, de la lang. franc.
L'article barguigner occupe près de deux colonnes dans l'édition de Ménage donnée par Jault en 1760, s voL in-fol.
Dans les Variété» hi»L et litt, de ia Bild. dzh,, III, igS, M. Ed. Foumier a laissé Bur barguigner une note intéresBante :
fcLe mot barguigneur ou barguineur, qui, comme le verbe dont il est dérivé, venoit d'une métaphore empruntée au jeu de l'oie (voir BibU de VEc, de» charte», 9* série, t. II« p. 80&), signifioit marchandeur à outrance. Il étoit ancien dans la langue. (Voir Ducatiana, t. II, p. 458-4 69.) Parmi les ordonnances que Monteil possédoit. manuscrites, il s'en trouvoit une du x?* siècle sur la taxe du blé, par laquelle ctéfense est faite aux Bar- .guigneur» de barguigner, c'est-^à-dire de marchander, avant l'ouverture du marché.» - MoBTBiL, Traité de» mater, m»»,, t II, p. do6-3o7.
Barrette , sorte de coiffure.
Et moi, je pourrois bien parler à ta barette. — VAv,, 1,3.
^ Notons en passant ce vers dans la prose de Molière.
n tint le langage suivant.
Exposant sa perruque au vent, C'est-à-dire étant sa barette Ou son chapeau; mais un poète, Pour exprimer l'étuy du chef, Dit bonnet, chapeau, couvre-chef.
Toque , tapabor, bourguinotte Béguin, turban, calle, cdotte, Casque, salade, heaume, pot.
Capuchon, barette; en un mot.
Le plus éloiffué synonyme Chez nous nmeurs passe à la rime.
ScARBOH, Virg, trav,, Paris, David, 1706, K, p. 989.
Le mot barette, pour bonnet ou coiffure, et parler à la barette de quelqu'un pour donner un soufflet, étaient très anciens dans la laïu^ue. Dans la Farce de la Cornette, qui remonte à ia première moitié du wi* siècle, M. Aubertin, cité dans la Collection de» Grand» Eeritain», a relevé ce passage :
Puisqu'ils parient de ma cornette.
Je parlerai à leur barette
Si bien qu'il leur en souviendra.
BAS ~ BASIUQDE il9
* Le premier dietionnaire oà parakte banttê est ie T^rhor dê§ troU languêê (16 1 & ) ; on y lit : nàmniU, mot quasi ilaiien, b$r$tta.9 Le mot réparait dans les Diet, franç^-Jlunu de s 61 8 et i636 et dans ie Gotgrave de i65o; Monet Va omis en 1690 et i636; Borei donne barr$t et renvoie à bimt; à Ten croire, harrêt, mot languedocien, viendrait, non pas de ritalien, mais des barru de passement oui ornaient cette sorte de bonnet d'enfaoL Bickelet n'accepte ni barret ni b^rHU, mais bireUe; pour lui, c'est trune sorte de bonnet en forme de caile de laquais». Qu'est-ce, maintenant, qu'une celle de laquais? Cest nn «bonnet d'étoffe qui est large et froncé, avec de petits rebords, en forme de petit chapeau que portent de jeunes laquais qui servent des demoiselles. Ces sortes de celles commencent (1680) à n'être plus en usage.» — D'après cette déGnifion, la burette ne aérait autre chose que le béret qui sert de coiffure au Scapin sur nos théâtres. Furetière réserve le nom de CÊiUe pour cette coiffure, qui servait, djt-il, «raux laquais de femmes, aux bedeaux et aux pâtissiers», iesqueb l'ont passée, de nos jours, aux cuisiniers. Il note Texpression parler h la barrette : crOn dit proverbialement et bassement parler à la 6arrette de quelqu'un pour dire le quereller, luy faire quelque reproche, quelque réprimande.» — Quant a barrette, Furetière et les Jésuites de Trévoux n'y voient que la coiffure des cardinaux; J.-B. Thiers, dans son Traité de$ perruquee, a consacré un chapitre aux harrettee ecclésiastiques.
Bas , bas carreaux , basses cartes en carreau , terme de jeu.
319 Mais mon homme avec Tas, non sans suqprise extrême,
Des bas carreaux sur table étale une sixième. - Fâch., II, 9.
Bas : mettre a bas , abaisser, terrasser.
Cest maintenant que je triomphe, et j'ai dequoi mettre à boi votre orgueil. - G. Dand., III, 6.
à ... Le malheur ne m'ose mettre à bae, - Malh. , 1 , 56. 8^8 II le veut élever, il le peut mettre à bae, - GoRn., Pol,, HI, a.
Bas : du haut jusques en bas.
867 Et je vous vcrrois nu du haut jusques en bas
Que toute votre peau ne me tenteroit pas. — TVirl., HI, 3.
Voilâ bien des métiers I Du boê juequee en haut
Cet homme me paroit avoir l'air d'un maraud. - Regrabd, FoL am,, I, 5.
Bas : mettbb bas.
* Voir Mettre bat.
Basilique.
Que les saignées soient fréquentes et plantureuses; en premier lieu, de la basilique. — Pourc.^ I, 8.