S82 BOUVIÈRE — BRAIE
Par une valeur non commune,
Ont pris sur eux Tilc de Func. - Lobit, Muze Atitor.^ 9 mars i65o.
Je l'embarrassois fort ; il ne savoit que dire ; . . .
Je lui ierroit toujours le houtan de fort près. - Th. Gobiv., L'Inconnu, IV, 6.
Dans la rage d'amour où sou penchant l'engage ,
Elle vous va $errer le bouton de bien près. - Id., Baron d'Albikrac, IV, 1.
Ah I Valère, de près j'ai êerré le bouton, - Reonabd, Joueur, IV, 9.
3|c fs Bouton des resnes est une boucle de cuir où les resnes sont enfilées et qui coule le long des mesmes resnes. Mettre un cheval sous le bouton, c'est lorsque le cheval est arresté sans qu'il y ait personne dessus, et que, luy laissant les resnes sur le col, ou abaisse le bouton, le faisant descendre jusqu'à ce que la bride ramène la teste du cheval en posture.» - Gdillet, Lee Arts de V homme d*épée, 168a, p. 38.
trOn dit figurémcnt en ce sens terrer le bouton k quelqu'un quand on le tient en bride.» — Diction, de Trévoux.
Bouvière, terme injurieux.
Laissez là votre Criquet, bouvière ^ei appelez : laquais l—Escarb. , se. 9.
La bouvière! — Ibid, , ibid.
Mais voyez cette maladroite, cette bouvière I - Ibid., ibid.
BradYPEPSIE, dyspepsie, apepsie, lienteine, dyssenterie, hydropisie.
Je veux que. . . vous tombiez dans la bradypepsie, de la bradypepsie dans la dyspepsie, ... de la dyspesie dans Yapepsie, ... de Vapepsie dans la lienterie,. . . de la Uenterie dans la dyssenterie, ... de la dyssenterie dans Y hydropisie. — Mal. imag., III, 5.
* Bradypepsicy digestion Icute, de ^paS^s, lent, et Wir7«, cuire, d'où «r^<f, coction; — dyepeptie, digestion difficile, de è^s, partie, adverbiale, difficilement, et de mMoi\ le Lexicon medicum etymologicum de Gallara de la Duquerie (1699) traduit à tort par mdigestion ce qui n'est pas un mal passager, mais un état chronique ; — apepeie, impossibilité de digérer, de a privatif et de tar^i^ ; le Lexicon traduit également, i tort, par indigestion ; — lientérie, foiblesse de l'intestin, Aeiby imepov, qui rend les aliments crus, sans coction; — dyeeenterie, maladie d'entrailles, qui amène la diarrhée et l'ulcère des entrailles (Lexicon); — hydropisie, présence de l'eau dans une partie du corps.
Braie, culotte, chausses.
Nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes.
Préc. rid. , se. 1 1 .
La colère, le dédain et l'amour. . . m'ont poussé en un tel labyrinthe que. . . je ne suis pour en sortir mes brayee nettes. - Lâbitbt, Lee Morfondue, 1679, I, 9.
Us recognoissoient que, s'embarquant une fois à une poursuite ruineuse comme ceile-cy, ils n'en sortiroient jamais les braies nettes.
GBAPELiiif, Trad. de Guzm. d^AlJar., i63o, III, p. 337.
BRAILURD S83
Nous gagnions honnestement nostrc vie, et sortions de tout le$ braie$ nette»,
GHAPBLiiir, Trad. de Guzm, d^Alfar,, III, à6t.
Ils nVn ont pas tiré leurs brayee nettes. - Com, dee Prov., i633, 1, 5.
t On disait aussi : brague» nettes.
Demandez la paix à mon Roy, Vous vous tirerez uettee brague»
D'entre ses invincibles dagues.
ScARROK, Œuvr,, Paris, David, 1700, 1, 335.
Nous en sortirons brague» nette»,
lo., Virg, trav,, 1706, I, ^7. - Cf. Id., %b\d,y I, 8; II, 109 et 11&.
Deux femmes I Rendez grâce aux heureuses plancttes Qui vous ont de leurs mains su tirer brague» nette».
Th. CoBii., Galant doublé y III, 1.
GoLOMBiiiB \ Arlbqdiii. Ah I quitte-là le soin d*embellir les gazettes.
Un noir pressentiment me fait trenibler pour toy.
Et m*annonce, pleine dVfiroy, Que tu n*en sortiras jamais les brague» nettes.
La Thèse de» dame», Com. du Th. ital., 1696, se. i3.
Braie ou brague parait appartenir à la langue primitive des anciens Gaulois; Diodore de Sicile, cité dans Vltxnerarium Galliœ ifarbanerui» , parle de leurs ^pStas (p. 307 et a 08); Joachim Perion, selon son usage, tire ce mot du grec. Ce qui est certain, c^est qu'on le trouve dans notre langue k toutes les époques, bien que M. Godofroy n'en fasse pas mention. - Gf. Ducange. — Quant k la locution proverbiale employée par Molière dans le sens qui, appliqué a un soldat, signifierait : «Sans avoir sali de peur le fond de sa culotte,» on la retrouve fréquemment, comme on Ta vu, k toutes les époques.
H. Estieime, dans ses Deux Dialogue» du lang,Jrançoîê'italianizé, édit. Liseux, I, 935, a toute une page curieuse sur les braie», — Pasquier, Recherche», 1691, YIII, 9 , s'appuyant sur l'expression G allia braccata, pense, comme nous, que le mot braie, ainsi que le mot bec, est d'origine purement gauloise.
La 6rat« (^acca) paraissait ridicule aux Romains; les togati, les porte-toge, se moquaient des braccati, porte-braie, et J. Isacius, dans le Glo»»arium pri»c<h-gallicum qui suit son Itinerarium Galliœ Narbanenei», 1606, p. 907-909, en donne la raison : «rGausam vero cur adeo novus et ridiculus Togatis iliis fuerit Gallorum hic habitus , banc prieserlim crediderim : quod istœ bracc« cùm strictiùs et nates , lumbosque , ipsaque verenda vestirent expnmcrentquc, ipsis quoque oculis obtutuique ea objecennt qu» nec honestè nominari, nec ostendi se patiuntur.»
Braillard, brailleur.
Par la morbleu! vous êtes de grands braillards, vous autres.
Pnnc, d!EL, t*' inierm., se. a.
Diablo Hoiont les braiUeurs! - Ibid., ibid.
Un sujet sérieux sera mieux contrefait.
— Que pensez-vous y voir? Un héros à nazardo.
Amant tnste et dolent d^une amante braillarde.