‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 217 sur 395 · CABINET · texte numérisé non relu

CABINET

Et, daos son cabinet, que sa Muse en campagne Vole dans mille Autheurs les sottises d'Espagne; Mais le siècle le soufire, et, malgré ma raison, crLe pauvre homme In pour moy, je signe son pardon.

La Crit. du Tort. , 1 669 , se. 11.

Elomirs, Mais, ma chère Isabelle,

Sans luy (sans mon talent) nous verrions-nous une chambre si belle? Ces meubles précieux sous de si beaux lambris. Ces lustres éclatans, ces cMmU de prix, Ces miroirs, ces tableaux, cette tapisserie?

Li BouLiNGVB DE GaiLUSSiT, c/otmrtf (Molière) hypocondre, 1670, I, i.

* Aucun dictionnaire, aucun traité d'architecture, contemporain de Molière, ne permet de donner au mot cabinet un autre sens que celui de cabinet de travail, de pièce réservée aux livres, aux curiosités, aux tableaux, — de meuble à tiroirs {cabinet d'Allemagne ou de Venise). Le plus ancien ouvrage que nous connaissions, où Ton trouve le mot c€ibinêt dans un autre sens, est le dictionnaire de Furetière (en 1690), où il cite le vers de Molière en le travestissant, non en le traduisant; Gh. Nodier a eu le tort d'accepter cette interprétation dans son Exam, crit de» Diction,

Maynard nous donne le vrai sens du mot, quand il réserve â ses vers le cabinet, aux vers d'un rival la chaise percée :

Les vers que mon esprit sublime

Si dextrement lime et relime

Ont je ne sçay quoy de si net

Qu'ils sont tout l'entretien du Louvre,

Et la Rcyne veut qu'on leur ouvre

La porte de son cabinet, - Mathard, Manifette.

Rimeurs à l'esprit de travers

Et qui n'a rien qui ne déplaise , . . .

L'ouvrage le plus net

Qui se lime en ton cabinet ^

N'est que pour la chaise percée. - Id. , Épigr, pour un mauvais poète.

Gomment admettre que le Misanthrope ait eu la pensée de dire à Oronte la grossièreté que lui prête Furetière? Gelui-ci lui-même, dans YÈpitre à touê eet amis, qui précède ses Poésies, leur reproche de n'avoir pu les tenir secrètes dans leur cabinet , ce qui l'a oblige a les publier; et il ajoute : «rGependant, afin qu'on puisse au moins tirer quelque profit de ma faute, je donne ce consed k tous ceux qui se meslent d'écrire : quand fls auront fait quelque pièce qu'ils jugeront n'estre pas assez bonne pour estre imprimée , qu'ils la jettent incontinent au feu et qu'ils ne la gardent point dans leur cabinet. . . Gar je leur prophétise . . . qu'il se trouvera quelque moment malheureux où la tentation de la publier sera si forte qu'ds n'y pourront i^ister.» - Poés. div., du sieur Furetière A. E. P. (avocat en Pariement), i655, in-à% p. 9-11.

Cabinet, le cabinet du Roi.

Il sait les secrets du Cabinet mieux que ceux qui les font.

Escarb. , se. 1 .

Quel Roi mieux que le nôtre entend le Cabinet?

La Font., IX, 339 : Utt. à Fouquet,

Page 1