‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 227 sur 395 · S CALENDES — CAMISOLE · texte numérisé non relu

S CALENDES — CAMISOLE

Donnez, page. — Monâeur. — Ma calèche est en bas?

QciNACLT, La Mère coquette, II, i.

PaiLiPiR. Je veux avoir douze Marquis pour me servir de valets, avec une calèche toute couverte de nonparcils. - Di Villibbs, Veng. det Marqua, 166^, se. h.

Vite, allons, ma calèche! — Ah ! c^est trop de moitié.

Tb. CoïK., D.Juan, IV, h.

11 est sorti à six chevaux; il a pris sa petite calèche. - Bakou, Coquette, II, i.

G^est pour cette calèche, à velours à ramage? - Reo^ard, Joueur, III, 7.

* Voir Carroêêe.

Le plus ancien emploi que nous connaissions de ce mot se trouve dans Scudér>\ qui a dédié un de ses sonnets nà PhilU dan» une calegen. (Poitiee, i646, in-/î% p. ik,) — En i65o. Ménage, dans ses Origine», tire calèche de carru», care»ca, mais non de Titalien, et, en effet, aucun Diction, ital.-fr. ou/r.'ital. antérieur à 1680, ne donne ni calèche, ni eaUtêo, qu^on trouve plus tard traduit par cabriolet, voiture à deux roues, à deux places et à un cheval. Les premiers dictionnaires où figure calèche sont ceux de Guy Mi^ (1 679), de Richelet (1680), de Furetière (1690) et de l'Académie (1694).

En 1709, le genre du mot n'était pas encore bien fixé, car Leven de Templery dit : 9 Calèche est assurément féminin... Cependant quelques personnes font ce terme masculin, à l'exemple de caroêêe.n (Le génie et la politeue de la langue françoise , p. 129.) — Les premières éditions des Fâcheux portent galéche, que nous avons retrouvé dans Scudéry et dans Brébeuf.

Calendes.

1607 veuillez, au lieu dVcus, de livres et de francs, iXous exprimer la dot en mines et talents, Et dater p^ir les mots d'ides et de calendes. — Fem. sav., V, 3.

* Los Ruiiiaiiis dataient par ides et calendee : les caleiide» élaiont le premier jour du mois, comme les idée étaient le treizième ou le quinzième, selon le mois. - Voir Ide».

Galommer .à . . .

io35 Quoi? — Langue de serpent fertile en impostures, Vous osez sur Célie attacher vos morsures, Et lui calomnier la plus rare vertu. . . - UEU, III, 6.

:¥ Bret fait justement remarquer qu*on ne dil pas : calomnier à quelqu'un pour calomnier en quelqu'un.

Camisole.

Quatre garçons tailleurs entrent, dont deux lui aiTachent le hautde-chausses de ses exercices, et deux autres la camisole.

Bourg, ffcnt., II, 5.

Sa Majostô, apivs le déjeuner, ùte sa robe de chambre, et le maitre do la garderobe lui tire la camitole de nuit par la manche droite , et le premier valet de garde-

ÇAMON 333

robe par la manche gauche ; puis il remet cette camiiole entre les mains d*un des officiers de la garde-robe. - Etat de la France pour î6g8t Ii p. 965, a 66.

Barbier d'Aucour, dans ses Sentimentt de Qéante sur le$ Entretiene d'Ariite et d'Eugène, par le P. Bouhours , décrit ainsi la gravure qui précède la première édition de Touvrage du savant jésuite :

Sur les sables brûlants et sous le soleil qui les brûle, on voit Ariste et Eugène qui sont sans chapeau, sans souliers, sans chausses, et qui n'ont pour tout habit qu'une façon de eamiêole qui à peine va jusqu'aux genoux. - 1671, p. a 6 5.

J'ai dit à M. de Bonac que vous me ferez plaisir de m'apporter seulement de bonne flanelle , vraie Angleterre , de quoi me faire deux eamiiotei.

Rac, VU, 3oa : Lett. à tonfiU J,-B. Racine (1698).

♦ (tCamifo/e, dit Furetière, petit vêtement qu'on met la nuit ou pendant le jour, n

.ÇaMON, interjection.

Çamon vraiment ! il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles.

Bourg, gent.j III, 3.

Çamon, ma foi! J'en suis d'avis. — Mal. ùnag., I, 9.

Çamon, c'est bien le temps de faire des bombances. ~ Rkgrabd, Vendange», se. i.

Tu fcrois bien mieux d'acheter un bon mari. — Çamon , voilà encore un plaisant fretin que les hommes I - Id. , Crit. de l'Homm, à b.fort,, se. a.

♦ Ce petit mot a fait verser des flots d'encre. Les plus anciennes explications que nous en trouvions sont celles de Dubois (Sylvius), en ]53i, et de Joach. Perion, en i55A :

ftCh'ett moût, dans une réponse affirmative, vient de «rhoc est multumn, cela est beaucoup, motif pour moti/^ n - Jac. SiLfii, Gramm. lot. galL, i53i, p. 1^5. -Cf. notre volume intitulé : La Grammaire française et lee gramnuiirienê au iri' siècle, p. ^7.

Un gentilhomme assembla les avocats, leur proposant un double, assavoir mon si. . . ou si. . . - GuiLL. BoucBR, Serées, édit. Roybet, chez Lemerre, IV, p. 19B.

Mais voici des exemples où ce a mon, c'est mon préparent la forme çamon. La Reine de Navarre, parlant d'un prêcheur, dit :

Si l'on disoit en oyant un sermon.

Il a bien dit ; je répondrois : ce a mon.

Vous venez donc de Paris, maitre Henry. — C'est mon, répondit l'autre dans son patois. - D'Ouvillb, Contes, i6A4; Paris, Jouaust, i883, I, p. 69.

iSga Ardez, vraiment, c'est-mon, on vous l'endurera. - Gorr., Gai, du Pal., IV, i*j.

De ces derniers exemples, il semble résulter que c'est mon, ou par corruption, çamon serait devenu équivalent de c'est mon avis. — Telle est aussi l'explication de Furetière.

(r Parmi les adverbes propres d'interrogation, il en est plusieurs dont l'origine est inconnue à moi , et , je pense , à bien d'autres. Et d'abord , mon que nous employons ainsi : à sçavoer ou scavoèr mon, si, pour ulrum, quand nous interrogeons. G'esl, di»-je, un adverbe grec, écrit exactement avec les mêmes lettres; car fuSv avec à et l'accent circonflexe signifie utrum.

•il .

.m CAMPAGNE

«En dehors de rinterrogation, en affirmant quelque chose, que nous soyons interroges ou non, nous disons un autre mon, qui vient du mot grec lUv pour à la vérité, certei, en changeant e en o. Par exemple, i'ett mon, lorsqu'on affirme : il est venu. Ici il doit être ëcrit par •, i'$tt mon, avec l'apostrophe, parce qu'il signifie : stc $tt, ainû est. . . n - Joach. Perionu, Dialogorum de ling, geUl. origine libri IV; Paris, i55A , p. i/î6'.

Mais on trouve mon avec tout autre verbe que être :

Par saint Jehan , ce ne me feray mon.

Farce de l'obitinaiion det Femmet, Ane, Th.fr,, I, 99.

Laisse m*achever mon sermon , Par ma foy, si je feray mon , Car tu ne dis chose qui vaille.

Sermon joyeux de bien boire, ibid,, II, 19.

C'ett mon, cefay mon, ce faudra mon, sont façons de parler de harengères. Ant. Oddih, Grammaire française rapportée à Vutage det tempe, i645,p. aSâ.

Campagne : se mettre en campagne, se mettre en route.

Done Elvirc, ta maîtresse, surprise de notre départ, s'est mise en campaffne après nous. — D. Juan , 1 , 1 .

Enfin il te tnet en campagne, — Rac, V, 389 : Camp, de Louit XIV,

L'œil souvent en campagne, et l'accueil peu farouche.

Th. Cobn., D, Bertr, de Cig,, IV, 1.

Rentrez, encore un coup, le diable est en campagne, - Id., ibid,, III, 5.

Sans vanité, nous avons mit quelquefois les jaloux en campagne.

Du ViRDiBR, Le Flatteur, 1696, V, h.

Il ne faut que les fesses d*un singe pour mettre tous les babauds en campagne,

Rbonabd, Crit, de l'IIomm, à b,fort,, se. h.

(IaHPAGNE : TENIR L\ CAMPAGNE.

Nous nous voyons obligés, mon frcre et moi, à tenir la campagne.

D, Juan y III, 3.

67 l'ai des forces assez pour tenir la campagne, - Rac, Théb,, I, 3.

Une affaire d'honneur très sensible pour moi

M'oblige dans ces lieux à tenir la campagne, - Ta. Gonx., D, Juan, III, 5.

Campagne : battre la campagne.

Votre avocat. . . dira des raisons qui ne feront que battre la campajne et n'iront point au fait. - Fourb, de Scap,, II, 5.

ao5 II a caché son nom en battant la campagne, - GoR!f., Illut, on. ,1.3.

Vainement je batt la campagne.

Toujours ma douleur m*accoinpagnc.

ScARRo^i, (JEuvr,, Paris, David, 170.», I, 473.

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