‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 260 sur 395 · CHAISE · texte numérisé non relu

CHAISE

Vers le même temps, deux pièces attribuées à Cl. Marot, mais qui pourraient être de son fils Michel , et connues sous le titre de : EpUtre du biau fy de Pazy et Rêiponce de la Dame, raillent Tafiectation des courtisans à changer les r en « et les i en r; en voici quelques vers :

Quand la dame a le cueur piteu , G^est une si joyeure chore !

Et , dit le Roman de la Rore Si une fille est orgueilleure, G^est une chose pezilleure Pour un biau jeune fi et sage . . .

Réimprimé dans le Recueil des poée, fr, du xf' et du ifi* eiècle, par M. Anal, de Montaiglon; bibl. dzév., t. V, p. 197.

Gette mode, ou cet usage, se continua chez les paysans des environs et dans le langage populaire de Paris. La mazarinade intitulée : L'agréable cot^erence de deux pa'uane de Saint-Ouen (1669), débute ainsi :

Qu'esty, ce couaijutcu? — Ardé, cesly-Ià qui hériteza de la charse de Monseu de Pazi, — Ha voizeman, j*ay ouy diu qu*il a offar d'exortisé le cardena. . .

Parmi les divers extraits en patois parisien donnés par M. Gh. Nisard dans Tétude qu^il a publiée sur ce sujet, on ne rencontre plus ces formes de mots après le xvii* siècle.

On distinguera facilement dans les exemples cités ceux dans lesquels chaite ou chaire est mis pour fauteuil et ceux où chaiee désigne une chaire de prédicateur.

Chaise, siège à bras ou sans bras.

Une chaise et un couvert.

D. Juan, IV, 8. (Certaines éditions donnent chaire.)

Donnez-moi son manteau fourré, et des oreillers, que je laccommode dans sa chaise, — Mal. imoff., 1,6.

Isabelle cl Lazarile estant sortis, Élomirc arrange un fauteuil, une chaise à dm et un placet. Tous refusent le fauteuil et la chaise à dos, et veulent prendre le placet par cérémonie, en se faisant de grandes révérences les uns aux autres. Lb Boulanobr db Ghalcssat, Éhmire (Molière) hypoeondre, 1670, I, 9 et 3.

Je voulus luy faire apporter une chaite; il se saisit opiniastrement d*un siège playant. . . Je courus à luy promplemont pour Ten empêcher : mais il crut que c^esloit pour l'obliger à prendre la chaiee, et sa courtoisie n*avoit garde de le souffrir. - Àratpe et Simandre, 167a, II, p. 169.

Il y a, dit la Dame, une autre chicane que la vanité a encore introduite; elle consiste en la différence des sièges. Gette différence regarde particulièrement les femmes; celles qui ont quelque prétention à la principauté croient avoir remporté une grande victoire quand eues n*ont présenté quWe chaiee à doe à une femme de qualité qui les aura visitées, et qu^elles ont été assises dans une chaiee à brae.

De GALLièRBs, Mote h la mode, 1699, p. i38.

Vous voyoz quantité déjeunes gens de qualité, reprit la Marquise, qui,. . . s*il y a de grandes chaite» de commodité,, . . s'en saisissent d*abord, et ils auront Tincivilité de ne les pas offrir k une dame; ils s'y étendent, ils s'y renversent a demy couchez, ils s'y bercent, ib mettent leurs jambes sur d'autres sièges ou sur l'un des bras du fauteuil où ils sont assis. . . - Id., ibid,, p. 69-63.

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