‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 262 sur 395 · CHALEUR — CHALEUR DE SANG · texte numérisé non relu

CHALEUR — CHALEUR DE SANG

(lit une chaise, non pas une chaire, pour s'asseoir au sermon, ou ailleurs. De$ chaitei de paille, aller en chaise, porteurs de chaises, louer des chaises.n - Vaugblas, Rem., édiL Gbas^ ^anf;, t. 11, p. 167.

On voit, par les exemples tirés de Molière et de Loret, que maigre l'autorité de Vaugclas, qui écrivait avant 1668, la confusion persista longtemps encore entre chaire et chaize ou chaise.

Chaleur, passion, emportement.

865 Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte :

Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte. ~ Tari., III, a.

23 Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant. - Misanth., 1, i.

3/19 ... Par la chaleur de montrer ses ouvrages

On s'expose à jouer de mauvais personnages. - /fctrf., I, 2.

0 Ciel! je me serai trahi moi-même : la chaleur m'aura emporté.

Elle. . . n'aime point les superbes habits, ni les riches bijoux, ni les meubles somptueux, où donnent ses pareilles avec tant de chaleur.

/tîa.,n, 5.

Je souffre qu'on me loue de ma sincérité, qu'on dise. . . que j'ai de la parole pour tout le monde, de la chaleur pour mes amis, et de l'estime pour le mérite et la vertu. — Am. inagnif., I, 2.

a 33 Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines.

Malb., Pour le Roy allant en Limousin,

DiAifB à ToMiBB, vieux serviteur :

Qu^ay-je fait à Tomire? El pourquoy sa malstresse

N'a-t-elle plus de luy ces marques de tendresse. . . î

Mon, non, c*cst bien plustost, et j'en meurs de douleur.

Que Tomire a perdu sa première chaleur. - Bois-Robbrt, Folle Gageure, II, 3.

i*j53 JVxcuse la chaleur à venger ton offense. - Corn., Le Cid, IV, 3.

Un autre Prince. . . se servit si bien de la chaleur des peuples révoltez, qu*il$ contraignirent le Roy à signer luy-mesme son arrest.

Segb.iis, Nouv. franc., 1657, V, p. 60.

3 35 Brûlant d'une noble chaleur. - Rac, Alexandre, I, a.

1687 ])\m coupable transport écoutant la chaleur. - 1d., Iphig., V, 9.

11 faut lui pardonner cette brusque chaleur. - Montplburt, Coméd, poète, 111, 8.

ClIAtËlR DE SANG.

Ce sont chaleurs de sang, dont parfois on n'est pas le maître.

Am. méd,, III, 1.

Doucement, s'il vous plaît; point de chaleur de foie.

Moutplbury, Ambigu corn., 3* interm., se. 17.

368 chalumeau — chamailler

Chalumeau.

Prenez, Bergers, vos musettes, Ajustez vos chalumeaux.

G. Dand. , Appendice : Le Gr. Divetrt. roy. de Vers.

Hé! que voulez-vous faire?

Chanter sur vos chalumeaux Ce qu'Apollon, sur sa lyre, N'entreprendroit pas de dire. - Mal. imag. , Prol.

Déjà tous les bergen^ ont quitté les hameaux, Et Ton entend par tout le son des chalumeaux,

Sabazir, Églogue; OEuvr,, i656, p. ii.

967 Viendrai-je en une églogue, entouré de troupeaux,

Au mitieu de Paris, enfler mes chalumeaux? - Dispb., Sat, IX.

* Le chalumeau, à proprement parler, est un tuyau de paille, de roseau ou même de métal, dont on se sert pour aspirer un liquide, lancer des bulles de savon, etc. — Une réunion de tuyaux de paille ou de roseau de différentes longueurs forme un instrument de musioue champêtre, une flûte de Pan, où Ton peut souffler, mais qu^il n'est guère possible a enfler, quoi qu'en dise Despréaux, qui confond le chalumeau avec la cornemuse.

Et à ce propos. Desfontaines, dans son Dict, néolog., se moque du poète Roi : (r Scion M. Roi, ÉgL i5, ce n'est pas le souffle mais la voix qui fait raisonner (résonner) un cAolumeau :

Ma voix pou voit & peine enfler les chalumeaux.n

Chamailler et Se chamailler.

1689 Nous irons bien armés; et, si quelqu'un nous gronde. Nous nous chamaillerons. ~ Dép. nm. , V, 1 .

1/18/1 Moi, chamailler y bon Dieul Suis-je un Rolland, mon maitre?

Ibid.y ibid.

Pour moy, je n'aime point & combattre de paroles; j'aime mieux chamaiUer avec de bonnes armes et monstrer de vrais efiects. - Sobbl, Francion, édit. i6hi^p, h6S.

L'Exempt, après son coup, a regagné la rue;

Dom Félix, furieux comme un cheval qui rue,

L'a suivy chamaillant. - Sgabbor, Jodelet dueUUte, Y, 6.

Dom Félix l'a poussé d'abord en chamaillant. - lo., ibid., Y, 7.

Nous commençâmes la bataille, Chamaillant d'estoc et de taille.

Scabbon, Virg. trav., Paris, David, lyoB, I, 918. ~ Cf. Id., t6id., I, 1 A3; - Jodelet duelliste. Y, 6 et Y, 7.

Un héritier du grand Gaston de Foix,. . . Est obligé de chamailler comme eux.

Saixt-Amart, Œuvr., bibl. elzév., I, 36o, 36 1.

9o3 Ils se frappent et se chamaillent. - Lobkt, Muze Atitor., 9 juillet i65i.

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