‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 290 sur 395 · CHOSE · texte numérisé non relu

CHOSE

96 1 Je vous voidois taotot proposer quelque chote; Mais il n^est plus besoin que je vous la propose. Car elle est impossible. - Cobn. , Menteur, III , 5.

* Vaugelas a écrit deux Remarques sur quelque chote, traduisant le latin aliquid, et qui pourrait, à la rigueur, s'écrire en un mot, comme quelquefois, et quelque chose dési- |];nant une certaine chose, et ne pouvant s'écrire qu'en deux mots. De ces deux Remarques, nous reproduisons la première, avec les commentaires de Th. Corneille et de TAcadémic française.

n Quelque chose. Ces deux mots font comme un neutre, selon leur signification, quoy que chose, selon son genre, soit féminin. C'est pourquoy il faut dire, par exemple, «Ay-jc fait quelque chose que vous Tiayez/attîn et non pas «que vous n'ayez /atte». Et c'est pour ccste mesme raison que le Tasse a dit en son poëme héroïque :

Ogni cosa di strage era ripieno,

où la rime fait voir qu'il y a ripieno et non ripiena. Et c*est comme le poète latin a dit : rr Triste lupus stabulis.» - Vaugelas, édit. Chassang, I, p. 35â.

(tM. de la Mothe Le Vayer dit que «Ay-je fait quelque chose que vous n'ayez /at(n ou ttfaitert sont tous deux bons. Je ne le croi pas, et suis pour le masculin. M. de Vaugelas, dans la Remarque qui a pour titre sur, sous, a dit : tr Si je suis assis sur quelque chose et qu'on la cherche»; il me paroit qu'il a bien parié, et qu'en cette phrase il faut dire «qu'on la cherche» et non pas tr qu'on le cherche»; parce que dire trSi je suis assis sur quelque chosen c'est comme si on disoit simplement «Si je suis assis sur une choses ^ et chose est un nom féminin qui veut le relatif au même genre. Mais quand je dis crAi-je fait quelque chosen ^ je ne détermine rien, je comprends en cela tout ce que j'ai fait; et dans cet exemple, quelque chose doit être regardé comme un seul mot qui devient neutre.» - Ta. Corn. , ibid.

frCes deux mots joints ensemble signifient ce que les Latins expriment par leur aliquid, et, comme nous n'avons point de genre neutre dans notre langue, ils doivent estre construits avec un adjectif masculin.^ - Acad. pranç., ibid,

La seconde Remarque, qui, avec les commentaires, occupe, au second volume, les quatre pages '>.4â-a^5, ressasse tes même idées.

Chose , représentant un nom oublié,

(Comment nominez-vous celui qui vous a envoyé là-dedans? — C'est le seigneur de notre pays, Monsieur le Vicomte de Chose, , ,

G, Dand.y I, û

Quel est-il ce Monsieur? — C'est un homme.

— Et ne t'a-t-il pas dit, sot, comment on le nomme?

— Le chevalier de Chose. . , Et. . . là. — Qui? Dorante? — Ouy.

BouRSAULT, Portrait du peintre, i663, se. 5.

M. GuiNoé. Chose? — S' I^laisr. C'est moi qui suis Chose. Je voudrois qu'il fut aussi muet qu'il est sourd pour ne plus entendre ce vilain mot-là. — M. Guindk. Ecoutez, Chose; allez vous en un peu chez Chose, pour voir si. . . si. . . mon Chose est prêt. — S' Blaise. Que diable veut-il dire avec tous ces Choses?

Champmkslk, La Rue Saint-Denis, se. 3.

J. GuiNDlt. Et d'où vous a-t-il écrit? — M. Gniifoé. De Chose. — J. Guindé. D'où ? — M. Guindé. De . . . de la ville de . . . et là . . . de cette ville qui est si loin, si loin. — J. GuindI. Du Japon? — M. Guindé. Non, c'est cette ville où

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