‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 303 sur 395 · COEUR · texte numérisé non relu

COEUR

Ménage, dans une de ses poésies italiennes, adressée à M"* de Lavergne (M** de Lafayelte), dit de même :

Bnliissima Laverna , Doice ladra d'amore, Ghe mi nibasti il core Tosto che mi mirastî :

Deh I perche mer nibasti ?

Tu demandes sans cesse , et sans cesse tu voles , Et tes moindres larcins s*estendent sur les ccnin.

Mallbtillb, Poétiêt, iGàg^in-A*, p. 180.

Je crois estre obligé de vous donner mon cœur (poursuivit Amilcar). . . de sorte que, pour vous empescher de faire un larcin, j*aime mieux vous faire une libéralité. — Si vous connoissiez bien mon humeur, reprit-elle (Pasithée), vous ne diriez pas ce que vous dites : car, par un caprice dont je ne puis dire la raison, j'aime mieux ce que je dérobe que ce que Ton me donne. — Puis que cela est, répliqua-t-il , vous n'avez qu'à me rendre mon cœur aujourd'huy, et vous le déroberez demain.

M*^ DB ScuDiiiT, Cléliê, 1. 1, iiv. III, p. laii. - Cf. a* part., p. 999.

Bien donc, dit alors Belastre; puisque, sans vous toucher, il faut plaider contre vous, je veux intenter un procès criminel contre vos yeux, qui m'ont assassiné et ont fait un rapt cruel de mon cœur. - Fcrbti&rb, Rom, b(nirg,, p. 1176, bibl. elzév.

Vous dont la voix est sans pareille, . Et vous, son agréable sœur, Qui vous faites prêter ToreUle Afin de dérober les cteun.

Lb Pats, Amitiéi, amoun, amaunUêi, 166 5, p. 9 85.

En jouant j'ai volé deux baisers de Sîlvie. . . Mais hélas I pour punir cette amoureuse envie ,

La cruelle a volé mon cœur!- Chamonê db Coulargbs, 1 698, II, 976.

Le madrigal de Mascarille repose sur cette idée du vol des eœun. Quant à la plaisante exclamation : «Au voleur! au voleur I», M. Ed. Foumier en cite deux exemples; le premier, antérieur à Molière, se trouve dans la Fleur da chansont nouvellet (Paris, 161 A, p. 385) :

0 voleur I ô voleur I ô voleur I Rends-moy mon cœur que tu m'as pris.

L'antre, postérieur à Molière, a été trouvé par M. Foumier dans l'appendice d'un recueil de Cantiquci ipiritueli, publié à Lille en 1818, appendice avec pagination particulière, sous le titre : Imtructiont pour les religieuse*, p. 39. M. Fournier a attribué le recueil et le cantique à l'abbé Pellegrin , et a provoqué ainsi des recherches qui n'ont pas abouti , aucune édition des cantiques de cet abbé ne contenant cette bizarre poésie. Nous pouvons dire même, sur la foi de M. Alph. Pauly, que l'édition de Lille, 1730, des Cantiques spirituels, suivis des Instructions pour les religieuses, n'a plus les couplets en question, qui se chantent sur l'air Loin de moi, vains soupirs :

Au feu I au feu I mes sœurs.

Le Saint-Esprit brûle mon cœur Et de son amour il l'enflâme.

Ah I ah I ah I quoi me sert-il de crier? Il est plus doux de consumer Dans les saintes divines flâmes.

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