‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 309 sur 395 · COLLET · texte numérisé non relu

COLLET

Je ne parle point des collations à la moderne, où les perdrix sonl entassées à douzaines; pourveu que les viandes y soient froides, cela se qualifie du nom de collation, - Le P. Gabassb, Doctr. cur., 163&, p. 753.

Ce n'estuit rien moins qu'un tour de magie. Ces Dames s*en apperceurent bientost par rexcellence du fruit et des viandes. L'un et Tautre estoicnt servis en mesme temps , suivant Tusage de la pluspart des collatiom . . . Depuis la Comédie du Menteur, personne n'a, ce me semble, osé décrire une collation.

SsoBAis, Nouv, franc,, i656, 5* Nouv., p. a38-939. - Voir Corh., Menteur,

Je ferai préparer la soupe pour le soir.

Et nous vous attendrons. — N'en prenez pas la peine;

Je fab collation trois jours de la semaine ,

Et demain en est un. - Moktplburt, Trigaudin, IV, h.

Ces bonnes Vesins, d'Assé et Varennes m'ont fait une grande collation.

Séf., VU, aS^j.

* Collation, (rconvy que les Latins appellent collecta (dont est venue nostre collation)^ où chacun apporte sa portion». - G. Bouchet, Serrée, IV, 335, édit. Roybet.

Est. Pasquier, dans ses Rech. de la France, liv. VIII, chap. xxxiv, explique le mot collation crdont nous usons es jours de jcusnes, quand, au heu de nostre souper, prenans vers le soir un noble repas, nous l'appelions collation, mot qui rappelle les conférences (conferre, coUatum) des ecclésiastiques aux jours de jeûne?». - Est. Pasquier, Rech. de la France, i6ai, p. 730-731.

«Cela me fait souvenir, dit le Commandeur, d'une autre façon de parler qui est encore particulière aux Parisiens; ils vous diront : tr Apportés à goûter à ces enfans, donnés-leur du fruict et des confitures pour leur goûter 9» , pour dire cr Apportés la coUation à ces enfans, donnés-leur du fruict et des confitures pour leur eollationi», - Db CALuàRRS, Du bon et dunuiuv. usage, 1693, p. âi.

Collet.

99 De ces petits pourpoints sous les bras se perdants, Et de ces grands collets jusqu'au nombril pendants.

Éc. des Mar. , I , t .

Mallrc de Philosophie, en raccommodant son collet.

Bourg. gentUh.y II, &.

Elle . . . n'apporta rien que de grands collets de point-couppé qui n'estoient point à leur usage ... Ils n'en achetèrent donc point , et il n'y eut que Morizot qui eut l'invention de prendre son mouchoir, et de le mettre autour de son col , comme si c'eust esté un collet bas. - Sorbl, Francion, II, p. io3.

D y a quelque temps qu'au lieu de colets qu'on porte à présent, on portoit des fraises ; il n'y a pas si longtemps que la mode en est passée.

D'OuviLLB, Contes, 16/1^, édit. Jouaust, i883, II, p. 168.

La description de cette bigearreric (l'inconstance des François) ayant esté faicte par quelqu'un en ce qui est dos collets , l'on a dit qu'au lieu que nos pères en porloieiit de petits tous simples, ou de petites fraizcs semblables à celles d'un veau, nous avons au commencement porté des rotondes de carte forte, sur lesquelles un collet empesé se tenoit estendu en rond en manière de théâtre. Qu'après l'on a porté des espèces de pignoirs sans empeser, qui s'cstondoient jusqu'au coude; qu'en suite l'on les a rognez petit à petit pour en faire des collets assez raisonnables; et qu'au mesme tempe l'on a porté de gros tuyaux godronnei que l'on appelloit en-

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