COMBIEN — COMÉDIE
Nous faisons connoilre que nous avons donné pour recevoir, et de cette façon eolorotiM la malice des ingrats, qui semblent alors avoir dispense de rien rendre.
Malh., II, p. h,
98 . . . Mon nom lui sert à colorer ses feintes. - Corn., Clil., I, 3.
519 Celle offre peut-elle être un refus coloré? - Id., Toison d'or,!, 3.
/i36 Je veux un peu d^bymen pour colorer ^affaire.
Là Font., VII, p. 170 : Clymène,
à'] Par là de son fiel colorant la noirceur. - Rac, Àth., I, 1.
Combien, combien de temps.
Il y a je ne sais combien que j'enrage du peu de liberté qu'il me donne. — Mar. forcé, se. 2.
Mamour, celte coquine-là me fera mourir. . . Et il y a je ne sais combien que je vous dis de me la chasser. - Mal, imag., I, 6.
Il m*a donné cela; mais combien Tai-je attendu! - Malh., II, 39.
Combler, encombrer.
g 5 Lorsqu'un carrosse, fait de superbe manière,
Et comblé de laquais et devant et derrière. - Fâch., I, 1.
Les gens de cpialité qui combloient le tbéâtre m*en ont cacbé deux actes.
Beonard, Crit. de l'Hom. à b.forL, se. 6.
Comédie, spectacle, en général; représentation cl*une œuvre théâtrale quelconque; pièce de théâtre, comédie, tragédie, divertissement mêlé de chant et de danses.
7 Et cent fois j'ai maudit cette innocente envie
Qui m'a pris à diné de voir la comédie. - FAch., I, 1.
Il y a des esprits dont la délicatesse ne peut souffrir aucune cotnédie, qui disent que les plus honnêtes sont les plus dangereuses, que les passions que Ton y dépeint sont d'autant plus touchantes qu'elles sont pleines de vertu, et que les âmes sont attendries par ces sortes de représentations. — Préface de Tart.
Je ne doute point qu'elle ne soit allée par la ville se faire honneur de la comédie que vous me donnâtes sous son nom. — Escarb., se. 1.
Cette comédie n'a été faite que pour lier ensemble les différents morceaux de musique et de danse dont on a voulu composer ce divertissement. — Jbid.y se. 7.
COMÉDIE sas
Faut-il faire un si grand vacarme, pour une comédie que M. le Vicomte me donné? — Escarh,, se. 8.
Mais quels comédiens sonf-re? — Ceux du Marais.
— Du Marais I du Marais I Je crois qu^on s^étudie. . .
— Comment? vous donnent-ils {rratis la comédie f
— Ont-ils accoutumé de la donner gratis?
Moutplbdby, Ambigu corn., i*' interm., se. 6.
3tc Le P. Bouhours a pris la peine de préciser pour nous le sens dans lequel était pris le mot comédie au xrii* siècle :
«rQuoy-que la comédie, dit-il, soit une espèce particulière du poème dramatique, ce mot en François signifie toute pièce de théâtre, jusqu^à celle qui n^a rien du tout de comique. Nous disons, en parlant des pièces tragiques qui se jouent : «aller â la comédien. Nous disons : «Les comédies de M. Corneille ont un caractère Romain et je ne sçay quoy tr d'héroïque qui leur est particulier; les comédie» de M. Racine ont quelque chose de fort er touchant, et ne manquent guèrcs d^iinprimer les passions quelles représentent. n
(T hauteur d*un petit ouvrage, qui est le plus pur et le plus délicat du monde, dit de saint Augustin: ttli s^accusc de s^étre laissé attendrir à la comédie,?» L'auteur d'un autre ouvrage très ingénieux introduit Alexandre Hardi, ancien poète tragique, disant de soymesme : «En trois jours, je faisois une comédie, les comédiens Tapprcuoient, et le public cria Yoyoit.7) L'usage paroit clairement dans ces deux exemples.
«Aussi M. le Prince de Conty a intitulé ce qu'il a écrit contre ces sortes de divertissemens profanes : «Traité de la comédie et des spectacles», et, pour justifier son titre, il remarque luy-mesme que ce nom d'une espèce particulière est devenu un nom général qui convient à toutes les pièces de tiiéâtrc, soit qu'elles soient effectivement des comédiee, soit que ce soient des tragédies. Il n'y a qu'une occasion où l'on doit se servir du mot de tragédie : c'est quand on parle des pièces de théâtre qui se représentent dans les collèges. Ce seroit mû dit : « J'ay esté à la comédie du collège de Clermont»; il faut dire : «à la tra- «gédien.
«Ce que j'ay dit du mot de comédie se doit entendre quand on parle en général de ces spectacles. Car si on parloit d'une pièce en particulier, et qu'on voulust en marquer le caractère, il faudroit user du mot de tragédie, en cas que la pièce fust tragique, et dire par exemple : «Andromaque est une tragedie,n Et ce qm confirme cet asage, c'est que les maistres de l'art donnent à leurs pièces tragiques le titre de tragédie : Androtnaque, tra^ gédie. Cependant, allant voir jouer Andromaquc, il faut bien se garder de dire : «Je m'en «vas à la tragédien , et aussi, en considérant la nature de la pièce, il ne faut pas dire : «An- «dromaque est une comédien^ quoy-qu'il faille dire, en parlant d'Andromaque : «C'est une «des plus belles comédie» qui ait paru sur le théâtren, parce qu'alors il ne s'agit pas de l'espèce , et qu'on ne parle qu'en général ...» - Le P. Rodhoubs , Rem, nouv, eur la long, franc., 3* édit., 1683, p. ioo-io3.
La Remarque du P. Rouhours est très ingénieuse; cependant il a oublié qu'au C4>llège de Clcrmont on jouait des comédies et l'on dansait des ballets : ces jours-là , les spectateurs ne pouvaient pas dire qu'ils allaient à la tragédie.
Comédie : donner la comédie, (lufg.y locution.
106 Je vous dirai tout franc que cette maladie,
Partout où vous allez, donne la comédie. — Misanth., I, 1.
Finissons un peu tout cela, je vous prie, et ne donnont point la comédie à toute la ville. - Raron, Rendez-vous des Tuileries, II, /i.
On va me tympaniser par la ville , et je vais donner la comédie à tout Paris.
Ruhaid, Divorce, III, s.
426 comédiens — comme
Comédiens : les grands comédiens.
On a fait une pièce contre Molière, que les Grands Comédiens vont jouer. - Impr. de Vers, y se. 5.
ie Les Grande Comédiena sont les comédiens de Thôtel de Bourgogne, en grande rivalité avec la troupe de Molière. Ils avaient le titre de Troupe royale.
La Troupe royale était ainsi composée en 167^ :
crLes sieurs de Hautcroche, de la Fleur, Poisson, de Brécourt, de Champmeslé, de la Tuilerie, de Villiers; après la mort de Molière, elle recruta La Thorilière, Baron, Beauvai.
trLcs demoiselles de Beauchasteau , Poisson, Donnebaul, de Brécourt, de Champmeslé, de la Tuilerie, de Bellerose, de Montfleury, de Floridor, puis de Beauvai. 9» - Cbâppuzbau, Le Théâtre françou y 1676, liv. UI, ch. xxxv.
Commandant, dominant.
Un vin à sève veloutée, arme d'un vert qui n'est point trop commandant. — Bourg, gent.y lY, i.
Commandeur.
Bois, et chante ta chanson, pour régaler le Commandeur.
D.Juan,\V,8.
* On appeloil Commandeur un membre, un chevalier d^un ordre militaire de chevalerie, qui était pourvu d^me commanderie, ou, comme écrit Furetière, commenderie, c^est-à-dire d*une espèce de bénéfice ou d*un certain revenu appartenant à TOrdre. Il y avait des commandenes dites de rigueur, qu'on obtenait à son rang, et des commanderie:» de grâce ou de faveur, dont le Grand Maître de Tordre avait la libre disposition. 11 y avait en France des eommandeun de Malte, c'étaient les plus nombreux, et de Saint-Lazare. En Espagne, où se passe la pièce de D. Juan, il y avait des eommandeun de Cdatrava, de Tordi^e de Saint-Bernard, et des eommandeun d'Âlcantara, de Tordre de Saint-Antoine.
Comme, combien, à quel point.
Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandrc.
Méd. malgré lui, III, 7.
Vous n'ignorez pas, sachant ce que je suis, comme il (ce mariage) choque mes intérêts. - UAv., III, 7.
Je te veux faire toi-même, mattre Jacques, juge de cette affaire, pour montrer comme j ai raison. - Ibid., IV, û.
Voyez comme Amour est artificieux blesseuri
D'UBFi, L'Àitrée, 161/i, I, p. 6^\ - Cf. Id., ibid., p. 3o5', 3ao', 383% etc.