COUCHER (LE
Coucher (Le), le coucher du Roi.
Allez, venez me reprendre pour aller au Louvre, au petit coucher.
Préc. rid.y se. 7.
789 Moi, pourvu que je puisse être au petit couché ^
Je n'ai point d'autre affaire où je sois attaché. - MisataLj II, k,
39 Se Irouvant au coucher, au lever, à ces heures Que Ton sail être les meilleures. . .
La Fort., Il, i64: FableM, VII, la.
Je viens du coucher, où le discours n^a roulé que sur vous.
Hahilton , Mén. de Gram, , ch. ?ii.
♦ Le coucher du Roi n*a pas moins d'importance que le lever (voir ce mot). Les plus minutieux détaik en sont ré^és avec une méticuleuse précision. D y a le grand coucher et le peut coucher :
Pour le grand coucher, Tétiquette décide d'abord qui doit recevoir des mains du Roi, entrant dans sa chambre, le chapeau, les gants et la canne; c'est le Maître de la Garde- Robe qui doit tenir le bougeoir quand S. M. fait sa prière ; c^est le Grand Aumônier, ou en son absence, le Premier Aumônier ou même un simple Aumônier, lequel prend l'heure pour la messe du lendemain. Le Premier Valet de chambre reçoit alors le bougeoir, et nvous remarquerés en passant qu'il n*y a que le Roy seul qui ait un bougeoir à deux bobèches , et par conséquent à deux bougies : les bougeoirs pour la Reine , quand il y en a une, pour Monseigneur le Dauphin et autres, n'ont qu'une bobèche et qu'une bougie ». Le Roi est arrivé à son fauteuil : le Grand Chambellan ou le Premier Gentilhomme de la Chambre demande à qui S. M. veut donner le bougeoir : trEt S. M., ayant parcouru des yeux l'assemblée , nomme celui à qui il veut faire cet honneur. Le Roy le fait donner plus ordinairement aux Princes et Seigneurs étrangers quand il s'en rencontre.»
C'est alors que, le Roi s'étant déboulonné, le Maitre de la Garde-Robe lui tire la veste, le justc-au-corps et reçoit la cravate des mains augustes de S. M. qui ont daigné la retirer; puis, valets de chambre à droite, valets de garde-robe à gauche, ôtent les jarretières, les bas et le haut-de-chausses. Le Roi passe ensuite sa chemise de nuit : « C'est toujours le plus grand Prince ou officier qui donne la chemise au Roy»; mais les manches sont passées à droite par le Premier Valet de chambre, à gauche par le Premier Valet de ganle-robe. S. M. prend ensuite ses reliques dont elle passe le cordon <ren manière de baudrier» , revêt sa robe de chambre, se lève, et, debout, «fait une révérence pour donner le bonsoir aux courtisans. . . Les Huissiers de Chambre crient tout haut : Allons, Meeeieun , pa$iet. Toute la Cour se retire et ceux qui doivent prendre l'ordre ou le mot du guet de S. M. le prennent. . . Et c'est là où finit ce qu'on appelle le Grand Coticher du Roy,7)
t( Petit Coucher. 11 ne reste pour lors dans la Chambre que les personnes suivantes : 1** tous ceux qui peuvent y estrc aussi le matin quand S. M. est encore dans son lit; a" ceux de la première entrée; 3* les olliciers de la Chambre et de la Garderobe; 4* le premier médecin et les chirurgiens; 5° quelques parlicidiers à qui le Roy a accordé la grâce d'être à son Petit Coucher; 6" M. de Chamiay» ; (ajoutez Racine, qui avait les honneurs du Petit Lever et mOme du débotté après la promenade ou la chasse , mais que l'auteur a oublié).
C'est alors que le Roi est peigné ou se peigne , qu'on apporte le bonnet et les mouchoirs de nuit qui doivent être présentés par le Grand Maître ou le Maître de la Garde-Robe, ou, en leur absence, par le Grand Chambellan ou le Premier Gentilhomme de la Chambre. ffPour donner au Roy la serviéte dont il s'essuie les mains et le visage, le Grand Chambélan ou le Premier Gentilhomme de la Chambre cèdent cet honeur à tous les Princes du sang et légitimés : avec cette différence que si c'étoit Monseigneur le Dauphin ou Monsieur,