ALLÉGEMENT — ALLÉGRESSE
Allégement, soulagement.
880 Même, si cela fait à votre aUégenient. . . — Dép. am,, III, û.
* Comme Molière, Corneille a employé indifTéremment allégement el allégeance :
1/Î19 Ne me refusez pas ce triste allégement. - Corn., Médée, V, 6. 990 L'unique allégement qu'eWe eût pu recevoir.- Id., Le Cid, III, 6.
Allégresse.
649 Quelle allégresse aurez-vous dans votre âme? — Tart. , II, 3.
Allons jouir de Yallégresse que cet heureux jour nous présente.
ïay veu quelqu'un d^eux (les partisans de la nouvelle po<^ie) rabrouer, voire en prose, celte phrase : Il e»t question. . . Elles réprouvent encore égayer et allégresse, et plusieurs autres mots aussi communs et polis.
M"* DE GovHNiT, L'Ombre, 1697, p. 909.
Je vous donne congé, mes pleurs.
Si vous n'estes pleurs d'allégreste.
Art. CoRif bille, Paraphrase en l'hcnn. de la Vierge.
1001 Jamais nous ne goûtons de parfaite allégresie. - P. Corn., Le Cid, HI, 5.
Il leur estoit impossible de parler, tant ils estoient saisis (Tallégreêêe.
SoREL, Francion, II, 97.
Si quelque poule de la maison ou quelque coq d'Inde étoient si hardis que de venir se promener ou voleter sur luy ou auprès, lorsqu'il et oit couché dans sa manne, il terminoit bientôt leur allégreeee! - Sorel, Polyandre, I, 3 10.
110 Que ma vue à Colbert inspiroit Vallégreese. - Despr. , Epit. IX.
91 Suis-moi, lui dit la Nuit. L'oiseau, plein d'allégresse. . . - Id., Lutr., III.
Que vous avez lieu d'estre content I Allégresse^ Monsieur, allégresse l
Devise, Les Dames vengées, III, 6.
Fortune aveugle I Ahl ciel! — Allégresse! allégresse!
MoNTPLiuRT, Critp. gent., I, 5.
Il la cherchoit partout et soupiroit sans cesse ,
Et sa vue en son cœur a mis une allégresse. . . - Id., Dame médecin, IV, 8.
Cependant la nature, excitant la tristesse,
Faisoit quelque conflit avecque V allégresse. - Régna rd, Légat, wiiv., 1,9.
Je m'en vais l'épouser. — Vous, mon oncle? — Moi-même.
— J'en ai, je vous l'avoue, une allégresse extrême. - Id., ibid,, I, 6.
«"Le sens primitif du mot était conforme à l'étymologie latine, alaeritas, et l'orthographe le rappelait. Palsgrave n'a pas ce mot; Rob. Estienne, dans son Thésaurus linguœ ialinee (i53i), traduit alaeritas par alaigreté; on 1669, dans son Dict. franç.-lat. , il donne alaigreté et gayeté de cœur, alaigresse, alaeritas; en 1673, Nicot, alaigreté et gayeté du cueur, alaigreté ou alaigresse, alaeritas; Hiér.-Victor, t6i4 et 1637, alaigreté, ital. ailegrezza; \Va»sbergue, 1618, alaigreté, alaigresse ou alagresse; Monet, 1690, n'admet plus alaigreté , mais alaigresse, alegreue, gaillardise, résolution; Âubert, Thésaurus vocum