‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 52 sur 395 · AMUSER — AN · texte numérisé non relu

AMUSER — AN

Vous avez passe, sans que rien vous en ait empôchë, sur le bord des préripices; vous m'amtuez d'une prairie; mais. . . - Sév., VII, 117.

Amuser, abuser.

io36 Et Seins vous amuser d'une attente frivole,

C'est à quoi je m'engage et je tiendrai parole.

D. Gare., m, 3.

645 II est fou. — Devant vous, il sait se déguiser,

El son intention est de vous amuser.— Ec. des Mar.y II, 7.

687 Vous venez m" amuser de vos belles paroles. - Ibid.y II, 8.

Prétendront-ils in amuser par des contes en l'air? - Scap., 1,4.

16 35 On croit amuser de fausses patiences

Ceux dont en l'âme on craint les justes di^fiances. - Corn., Rodog,, IV, G.

1 96 Les agens dos M ahométans

Par leurs délais, par leur bien-dire.

Ont amuzé ceux de TEmpire

Durant qu^ils faisoient des aprets,

Pour leur venir casser du grès. - Loret, Muze histor., i3 sept. i664.

Ne pensez pas xn amuser en me disant qu'on vous Ta prise dans votre poche (une lettre). - Montreuil, Œuvr,, 1666, p. ai 5.

An, on, forme patoise des environs de Paris.

4 18 Me voilà bien chanceuse! Hélas, l'an dit bien vrai.

Fem, sav.y II, 5.

422 Oui. — J'ai que l'an me donne aujourd'hui mon congé.

Ibid.y ibid.

t M. Gh. Nisard, dans son Etude sur le langage populaire ou patois de Paris, a constaté la tendance à changer la nasale on en an, et cite an, mon, tan, san, pour on, mon, ton, son (p. 159). — M. de Chambure, dans son Glossaire du Morvan, remarque que, dans une partie du Morvan, Ton dit a dian, a mingean, et ailleurs a dion, a mingeon, pour iU disent, ils*mangent, employant indilTércmment an ou on : «r Celte forme, dit-il, existe dans plusieurs patois, le berrichon, le poitevin, le sainlongeois. » — 11 cite ensuite la scène 1 du a' acte de Don Juan, où Pierrot use indifTérenmient des terminaisons ant ou ont : ff Ils avont des cheveux q[ui ne tenant point à leu teste . . . ; ils afU des chemises qui ant des manches où j'entrerions tout branois . . . n

Dans La Mizaille à Tauni, comédie poitevine de 166a, ce qu'on note suKout, c*est remploi de on pour an :

9 Y m'en soucie autont do ros que do tondu ; . . . Tout mon pu grand plaisis sret de me vé fondu. . .

58 Qui diontre m'a mis cy ?

Sé-zi dons le parquiel, ou ben dons ine estune? - I, 1.

Au contraire, dans les Trots agréables conférences de deux paysans de Saint-Otun et de

Page 1