APPELER
3^9 Qu*il est doux d*adorer tant de divins appoi! - Rac, Théb,, II, i.
1169 Lei spectacles, les dons, invincibles appoM,
Vous attiroient les cœurs du peuple et des soldats. - 1d., Brit., IV, a.
1970 Je rcconnois Vappoi dont il m^avoit séduite. - Id., Bajazet, IV, 5.
3|e Sorel s*est moqué de Temploi abusif du mot appoM :
«On peut, dit-il, trouver notre poésie ennuyeuse, de ce qu*elle use toujours de circumlocution, et qu'elle employé en beaucoup de lieux les mots ae de$tin et de sort, de charmée et d'appas, et autres semblables pour fournir à la rime ou au nombre des pieds des vers, quoyque quelques-uns de ces termes ne soient aucunement nécessaires au sens, et que la ngnincation en soit vicieuse ou mal appliquée.» - Sokbl, Connoiss, des Livr,, 1671, p. 190.
Le même Sord, plus de trente ans auparavant, avoit entrevu une distinction que ni les écrivains ni les dictionnaires n'avoieut su faire entre appât, leurre, et appas, charme, agrément :
ft Appas ne signifie autre chose qu'amorça ou attraits, . . Quant aux apasts, c'est pour attirer les oiseaux; mais il y a apeaxkx et apasts, s'il vous plaist; l'un est pour les appeler, l'autre pour les attirer à la mangeailic.n - Sorbl, Polyandre, i648, 1, p. 53 1.
Ménage a remarqué que «r Malherbe, dans ses poésies, met toujours quelque différence entre ekarmes et apas . . . Apas se dit des beautez qui attirent , et charmes de celles qui agissent par une vertu occulte et magique. Ce n'est donc pas un pléonasme que de joindre ces deux mots, comme on fait ordinairement, et comme a fait Malherbe en ces vers :
Celle dont mes ennuis avoient leur guerison S'en va porter ailleurs ses apas et ses charmes, t»
MéiiAGB, Observ. sur la lang,Jr., I, 1673, p. ^38-^^9. - Cf. ObseiD, sur Malh,, 1689, p. 3i3.
Si nous passons aux dictionnaires, nous voyons : i*^ que tous, depuis i53i, donnent appast, qu'aucun ne donne appas avant le P. Gandin (1677); a** que tous, jusqu'au Rech, iial. et franc, d'Ant. Oudin (16A9), ne donnent à appast que le sens propre de nourriture, amorce; 3^ qu'à partir de cette date, la plupart donnent à appast le double sens de nourriture servant d'amorce et de charmes , attraits ; W que le premier dictionnaire qui donne appas est le Dict. fr.-ku, du P. Gandin (1677), qui le traduit comme attrait, sans rappeler le sens propre, et qui ne donne pas appât, appâter. En 1679, ^"Y ^^^Q^ ^^^ appâts en tête de l'article, et appas dans les exemples, avec les deux sens; Richelet (1680) et Danet (i683), appas, dans les deux sens; en 1690, Furctière appast, dans les deux sens.
En 169&, l'Académie, qui fait passer des dérivés à la racme, renvoie de appas à paistre, mais oublie son renvoi; dans sa seconde édition, 1718, elle donne appast, subst. masc, pasture, mangeaille, et appas, subst. plur. qui trne se dit guère que pour exprimer les charmes de la volupté ou ceux de la beauté». A partir de 17^0, en 1763, en 1799, en i836, en 1878, appas vient avant appât, et la distinction reste établie entre les deux mots comme entre les deux sens.
Appeler, appeler en duel.
968 Mais un homme vient là de me rompre en visière, Et je souhaite fort, pour ne rien reculer. Qu'à l'heure, de ma part, tu l'ailles appeler. - Fâch,, I, 6.
7/16 Je sais de bonne part qu'on t'a fait appeler, - Ibid., III, &. 1387 ^'^ poussé Clarimond i lui faire un appd. - Cohn., La Suiv., V, 1.
120 APPÉTIBILITÉ — APPLAUDIR À, . .
11 36 Hier, nous nous rencontrons; cette ardeur se réveille,
Fait de notre embrassade un appel à Toreille. ~ Cobx., MetU., IV, i.
Sur cette entrefaite, celuy qui Tavoit appelé arrive. - D^Outillb, Conta ^ iGàâ , Paris, Jouaust, i883, 1, p. 97.
* Le verbe appeler correspond au subst. appel, défi, appel en duel.
Appeler : ce qui s'appelle.
1676 Je Tai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, Ce qu^on appelle vu. — TarL, V, 3.
Dès le premier jour que je vous vis, vous fûtes ce qui n'appelle absolument souveraine de mes voiontez. -- Du Yerdibr, Flatteur, 1696, IV, â.
APPÉTIBILITÉ, terme de philosophie.
Si Tessence du bien est mise dans Yappéttbilité ou dans la convenance?
Mar.forcéy se. 4.
ffLi Rocbefoucauld a dit {Max,, xlvhi) : «rLa félicité est dans le goût et non pas ffdans les choses.» C*était dire en termes exquis ce que Pancrace exprime en termes barbares. 7) - Paul Ja^et, La philo», dan» le» Corn, de Mol.; Rev. polit, et litt., âG oct. 1873.
AppÉTITION, recherche.
Mangez-vous bien. Monsieur? — Oui, et bois encore mieux. — Tant pis : cette grande appétition du froid et de Thumide est une indication de la chaleur et sécheresse qui est au dedans. - Pourc, I, 8.
Applaudir à . . .
Je vous laisse à penser si tous ceux qui se croient salirisés par Molière ne prendront pas Tocrasion de se venger de lui en applaudissant h cette comédie. — Impr, de Vers,, se. 5.
1^57 El lorsqu*^ mes désirs elle a feint d'applaudir. - Corn., Nicom., IV, 5.
1271 Le peuple avec transport farrôte et l'environne,
Applaudi»»ant aux noms que le Sénat lui donne. - Rac, Bérm,, V, 9.
:tc ff Je vous dirny donc que les mots qui sont à la tète de ce chapitre (applaudir, gauchir, »e marier) demandent après eux l'article à; de sorte qu*il faut dire : applaudir à une chose, franchir à une diflicullé, »e marier à une telle personne, clc.n — Lbve5 m Templrrt, Le Génie et la Polite»»e de la lang.fr,, 1706, p. 196.