‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 78 sur 395 · ASSAISONNER · texte numérisé non relu

ASSAISONNER

— Cousine, que Madame a de jolis détours, El que cet aisaisonne a$tai$onne un discours I

BouRSiUT, Portr, du Peintre, i663, se. /i.

^67 La Satire, en leçons, en nouveauté fertile,

Sait seule asêoiêùnner le plaisant et Tutiie. - Dbspb. , Sot, IX.

Que mes jours , qui sembloicnt au chagrin destinés ,

De joie et de repos vont être auaiêonndel - Montplbubt, Trigaudin, 1,6.

Il asiaUonnoit chaque parole de coups de pied contre les fauteuils, d^égralignures au visage. - Bâbob, toquette, II, 6.

Ma princesse , ma belle dame , mon petit ange , ma reine , ma petite : ces mots astaiionnét de quelques soupirs, il n'en faut guère davantage pour tourner la cervelle à plusieurs dames de ma connoissance. - Id., Hom, à h. fort, y IV, 5.

Cy glt qui sçavoit Tart de rire Aux dépens de tout Tunivers, Et d^auauonner ses bons vers Du sel piquant de la satire.

(?) Dassouct, Épitaphê de Molière, à la suite de TOrais. fun. do Molière par Doisé. - Nouv. coll. Moliéresque, p. 67.

Quand on fait du bien , on Vateaisonne d'agrément , et cela est délicieux.

SévioNé, 3o juillet 1677.

Mon cœur ... ne donnera point dans les hyperboles qui aseaiionnent d'ordinaire les déclarations des amants; il ne luy échappera ni désespoir, ni sanglots, ni martyres. . . - D. . ., La Fille tçavante, 1690. - Th, ital., J701, t. III, p. 96.

La vertu la plus nécessaire à une femme . . . , c'est un peu d'inconstance , aetai^ sonnée quelquefois de perfidie. - Reonard, Filles errantes, II, 3.

Il faut , dans la vie ,

Assaisonner l'amour d'un peu de jalousie. - Id., Fol. amour,, U, 5.

Ah I fi , fi , Monsieur le Vicomte I Je n'aime point ces soupirs-là. Les gens que je vois n'assaisonnent point leurs douceurs de tabac et d'eau-dc-vie. - Id. , Hom à h, fort,, 11, 5.

Hf Assaisonner, c'est proprement et à Porigine «r conduire à la saison convenable , conduire à maturité, à point?» ; au mot auaxonare, Ducange parle de blé trattcmpresé et assaisonné'^ y et son exemple est du xv* siècle; au x?i* siècle, du Bellay, dans son Élégie d*amour, se demande si

... Ne peut-on l'amour assaisonner Comme le fruict , et par art luy donner Maturité. . .

Vers le même temps, Paisgrave aurait donné à assaisonner le sons de saisir, prendre possession de. , . «rJe 1 assaysonncray en ses terres, ou je le soysiray en ses 1 erres ^ (p. 710 et 673, édit. Gcnin). Mais, malgré l'autorité de M. Godefroy, qui accepte la leçon de M. Génin, nous croyons qu'il faut lire ici : (rJc Tassaysineray»; et la preuve, c'est que Paiserave donne ailleurs, p. 707, saysonner ou assaysonner en appliquant le mot à la venaison; c'est, en outre, que le mot ne figure, avec le sens de saisir, ni dans Ducange ni dans de Laurière ; c'est enfin que M. Godefroy cite plusieurs exemples du mot assaisiner ou saisir : ce qui montre la différence des deux termes et la confusion où est tomlx^o Génin soit en lisant 0 [)our t, soit en maintenant une faute de l'édition originale de Palsgrave.

Assaisonner a été pris ensuite dans le sens de <r relever la saveur par un condiment ?) : assaisonner un rafroût; et de là le sons figuré qu*on trouve dans la phrase de Molière et

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