‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 136 sur 455 · AVENTURE — AVENTURE (PAR · texte numérisé non relu

AVENTURE — AVENTURE (PAR

Aventure : i° cr Accident; ce qui arrive inopinément.-» (ioul., 1696.)

Vite, qu'on m'aille quérir des médecins, et en quantité : ob im peut trop avoir dans une pareille aventure. — Am. méd., I, 6.

3 1 Les aventurée du monde

Vont d'un ordre mutuel. - Malh., î, au.

9 Une vieille masure

Fut la scène où devoit se passer Vaventure, - La Fort. , \l , 436. - Fable» , IX, tC

1811 Nous autres, bénissons notre heureuse aventure, - Gobn., Put,, V, 6.

2° «rHazardii [Acad.^ ^69^)^ occasion.

Je ne veux point perdre cette aventure. — G. Dand., III, 6. a Quelle aventure en ces lieux vous attire? - La Font., VH, ^09. >- Aêtrêe; Prol

Aventure (Par), par hasard, peut-être.

Ce n'est que par aventure que Ton m\i adressé à luy. - UAv.y II, 5.

* fx Aventure est un fort bon mot en divers sens ; mais Fadverbe qui en est compote, d'aventure, pour signifier par hazard, de fortune, n^est plus guère en usage panny l«f exceilens escrivains. Par aventure, pour peut-estre, commence aussi à devenir vieux, quoyqu*il y ait de foK bons Autbcurs qui s'en servent dans des ouvrages d*éioqucace. Je ne le voudrois pas faire, estant bien asseuré qu'il vieillit.» Vacgelas. — Sur cette Remarfmty TAcadémic (170/1) fait le commentaire suivant : rt l)*aventure , adverbe, pour signifier jmt hazard, n'est plus du tout en usage, non plus que par aventure, pour dire peut-têtre.'»

1^5 Si quelqu'un, d'aventure, en dëlices abonde,

Il se perd aussitôt et déloge du monde. - Malh., I, 9.

4 I^ moindre vent qui, d'aventure,

Fait rider la face de l'eau. - Li Fort., I, 196. - Fahlee, I, 99.

Madame, par bazard, n'étes-vous point ma femme? — Monsieur, par aventure, éles-vous mon époux?

Regnabd, Démocrite, IV, 7.

Le maitre du logis vient d'arriver d'un long voyage; seroit-ce voua, pmr «*»• ture? - Id. , Retour imprévu, se. 20.

♦ rf D'aventure et par aventure ne se disent que dans le style badin et burlesque.* - Andhv du Bois-Regard, Réfl. Mur l'utage pré», de la lang.fr., 169a, p. 76.

A l'occasion de par aventure, on trouve, dans la Recherche des Recherchée de lit Est. Pasquier, œuvre enfiellée du P. Garasse, un curieux passage.

Pasquier avait dit (liv. III, ch. vu des Recherches) : vt Paradventure que Ciovîs et M postérité, depuis ce grand coup ainsi jette, se conlentorent de leur baptesme, ou bîeo, s'ils continuèrent en leur cbristianisme , ce fut pour la crainte des censures de Rome.*

Le P. Garasse répond : <r . . . Marque , lecteur catbolique , avec quelle machine ce Libertin renverse et révoque en doute la religion de nos Roys, avec un paradvemtmre qui

AVÉRER — AVERSAIRB 185

ert une parole et une preuve d'eslourdy. Je me souviens avoir assisté une Ibis à la prédicatîon d^un grand homme de nostre aage , en laqueUe il ramena bien ce^ ptiradvm^ twre, et nous enseigna que c^estoit {^ordinaire bélier avec lequel Jean Calvin renversoii •o ravaloit les miracles de Nostre Seigneur, disant que paradoenturê le Christ avoit eu telle ou telle intention ; pwniveniure que non ; paradvtniurê il s^estoit fait moquer de aoy en son entrée à Jérusalem ; ftaradventurê n^avoit-it pas eu cette volonté ; pamuhfen" tmre avint^il vu le figuier, paradventHre que non ...»

Et le P. Garasse ajoute : «Je treuve que, sans pmradventMrê, il y a du libertini^ et de l*impiété en la teste de M* Pasquier : et la plus douce excuse que la postérité sauroii porter à ceste mesdisance sera de dire que paradventure Pasquier resvwt ; parûd" il estoit libertin; paradventure il sentoit le fagot. . . 9 - Ouvr. eiié, p. 5s-&5.

Avérer, vériGer, prouver.

3i5 De pareils forfaits,

Sans les bien avérer y ne s'imputent jamais. — Sgan., se. 1 9.

375 Et j'ai su par mes yeux avérer aujourd'hui

Le commerce secret de ma femme et de lui. — Bnd.y se. 16.

Mais je vois "par sa fin le contraire avéré, ^

DispoBTis, EpUapke de Remif BêUêom,

* Dans son Commentaire 9mr Duporteê, Malherbe met sèchement en note re mot : vPàims. (IV, 466.), voulant dire sans doute que ce mot appartient à la langue du Palais». — Cf. Bburot, Doctrine de Malherbe, in-8% 1891, p. 807.

L^intention du bon juge (est) d'avérer la vérité entre les parties.

CHAPBLAiir, Trad, de Guzm. d'Alfar,, i63o, III, 338*

969 Mais, dis-moi, ton indice est-il bien assuré?

— J'en réponds sur ma tête, et Tai trop avéré, - Cobr., Tkéod,, 1,3.

83o Le crime est avéré; lui-même il le confesse. - Rac, Plaid,, III, 3.

Il faut, pour avérer une semblable offense,

D*avec la vérité détacher Tapparencc. - Morttlbubt, Fille capitaine, III, â.

Avez-vous sur des faits par moi-même avérés

Suffisamment ouvert vos grands yeux effares? - Id., Dupe de toi-même, II, 1.

Voilà donc un fait avéré et public : la ruine totale de Testât du peuple Juif du temps de Jésus-Christ. - Bosscbt, Hi$t, univ., in-â% 1681, p. 4 18.

AVERSAIRE.

]83& Ecouter d'un ami raisonner Yaversaire

Pour des hommes d'honneur n'est point un coup à faire.

Amph., III, 7.

io37 Mais il m'attaque à part comme un noble aversaire.

Fem. sav.f III, 3.

N^est-ce pas un beau sujet de satyre , de reprocher à son avertaire qull est traducteur d*Horace et de Juvénal I

CoTiH, Crit, détintér., 1666, nouv. coll. Moliéresque, p. 3b. - Cf. lù.^ibid., p. 37.

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