‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 161 sur 455 · BAIE · texte numérisé non relu

BAIE

Et ou^ettrce, je vous prie, que cette Critique dont vous nous menacez? — Je vous (urai, Monsieur, par avance, que c'est une bagatelle, deux ou trois scènes qa*on a ajoutées, pour donner k la Comédie une juste ion^eur.

RiGHASD., Crit, du Légat, tmw,, se. 9. - Cf. Di$traU,y, 3.

# Le mot bagatelle parait pour la première fois dans le Dict. de Cotgrave en 1611. On ne le retrouve plus que dans le Monet de i636; mais il ne figure pas même dans le Dict./ranç.-ital, de i63/î , bien que le Dict. ital.-franç. de la même date semble l'appeler pour traduire les mots bagatelle, — bagatelliere, — maeetro di bagatelle, qu'il admet, en les rendant par tronmeriês, toun de paue-paêee, — bateleur, — jouêur de paue-paêsê. Le mot français, tiré de ritalien, ne vient donc pas de bague, comme on Ta dit.

Lope de Vega constate cette origine italienne dans les vers suivants :

^ Pero donde me Ilevan mineras

Que en Italia se liaman bagatelae,

Ingiriendo novelas

En tan funestos casos,

Mas dignos de Marinos y de Tasos

Que de Helicona son solos y soles,

Que de mis versos rudos espanolest

La Gatùmaehia, poema burleeeo, silva VL - Teioro de Pamaeo Etpailol, III, p. ihb.

Dans les Lettrée ehoieiet de MM, de VAcad. franc., publiées par Perrault, on trouve (3* édit., 1795, p. 3iA-3i8) une lettre anonyme «sur la bagatelleji :

«Voyons, examuons un peu ce que c'est : la 6aga<e//e,diraquelqu'un, c'est le contraire du sérieux.»

Baye ou Baie, tromperie.

3a o Et ce qu'a fait Valère, en voyant cet écrit,

Marque bien leur concert, et que c'est une baye. — Dép. am., I, &.

Quant au reste, ce ne sont que bayee. - Lâbivet, Lee Eeprita, IV, 6.

Non, ce n'est pas à moy qu'on fait croire des bayee; Pour telles fictions, mes douleurs sont trop vrayes.

J. DE SCBBLAHDBB, TlT et Suioi», V, 5.

Je vous prie, au lieu de toutes ces bayee, dites-nous quelque chose qui nous rende capables de donner et de prendre. - Malh., t. II, p. lo.

De l'appaiser de quelque baye Son cœur n'y sçauroit consentir.

ScABBON, Virg. trav., Paris, David, 1706, I, p. 3o8.

Et le drôle auroit eu la baye Sans une dangereuse playe Qui, le faisant tournebouler, Luy mit les quatre fers en l'air.

RicuBB, Ovide bouffon, 1669 , p. 53. - Cf. p. 636-^37.

95 Là, je ne sçay pas si c'est baye

Ou si c'est une chose vraye. - Lobbt, Muze hietor., 99 juillet 1669.

Dites-moi, pensez-vous qu'une semblable baie se digère aisément?

Mortflbubt, Dame médecin, V, 8.

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