BARAGOUIN
n faut escrire, rymer et parier en pur François. . . ponrce que les baragouiné estant aussi divers que les provinces de France , on n*auroit jamais trouvé de méthode à rymer plausible à chacun. - M*^* di Goubhat, L*Ombr$, 1697, p. 966.
Que si , au reste , j*ay quelques proverbes , tous ceux qui parient bien les ont aussi bien que moy. Que seroit^ce donc si je disois, comme Renyer (Regoier) : tr C'est pour vostre beau nez que cela se fait; vous pariez barragouin; vous nous faites des bonadiez; vous mentez par votre gorge ; vous faites la ngue aux autres; je responds d*un ris de S*-Medara ; je suis parmy vous comme un homme sans verd.7) VoUà les meilleurs mots de ce poète satyrique; mais je n'en voudrois pas user, car possible que, d'icy à dix ans, on ne les entendra plus, et, dès maintenant, il y a plusieurs personnes qui ne les entendent pas.
SoBiL, Dêrg, extrav., 1689, III, p. 553. Rem. tur U XIV* livre,
n n'a garde d'y respondre.
Avec son sot baragùin, - Saint- Amakt, GEuvr,, bibl. eizév., II, 46 1.
Sa langue bègue se mesla,
Et fit un baragouin semblable
A celui d'un valet d'estable. - Richbb, Ovide bouffon, 1669 , p. 998.
On a tantôt sur eux, en baragoin sauvage, Jargonné certains mots qui font le mariage.
Moutflecbt, Dupe de eoi-méme, Y, 3.
Et que puis-je pour vous en semblable occurrence ,
Monsieur ? — neprimander la noblesse de France
Qui parie italien, espagnol, allemand.
Et qui ne peut parler le langage normand ; . . .
Qui, sans avoir dessein d'aller jamais fort loin.
Des pays étrangers apprend le baragouin,
Et qui, par une erreur que le bon sens condamne.
Aime mieux eignor, »i, que voire ou Dieu me damne.
Poisson, Comédie eanê titre, II, i.
Je jouay l'Etourdy qui fut une merveille :
Car à peine on m'eut veu la hallebarde au poing,
A peine on eut ouy mon plaisant barragouin,
Veu mon habit, ma toque, et ma barbe et ma fraise,
Que tous les enpectateurs furent transportez d'aise.
Lb Boulangbb db Ghaldssat, Élomire (Molière) hypocondre, 1670. ~ Au 9* acte, Divorce comique, se. 9.
^ Bien que ce mot soit très ancien dans la langue, on ne le trouve que dans un petit nombre de dictionnaires : Gotgrave (1611, 1689, i65o); le Dict, fr.-Jl, de 1618 et de 16/1 3; le Dict,fr,'itaL d*Oudin (1649); le Diet, des rimes (16A8). — En i65o, Ménage écrit {Origines, p. 91) : v Baragouin, de ces deux mots bara et guin, qui signifient, en bas breton, pain et vin, qui sont les deux choses dont on apprend premièrement les noms quand on apprend les langues estrangères. De ce mot baragouin on a fait le verbe baragouiner, qui est comme qui diroit ne sçavoir autre chose d'une langue que les mots de pain et de vin. M. Brochart . . . dérive le mot bas-breton bara de Phébreu bar, qui signifie la mesme chose. Pour guin, je ne doute point qu'il ne vienne de vinum; on y a préposé un g comme en gué, de vadum, en guespe, de vespa, etc.» Nicot, Monet, Pomey, Gaudin, Danet, ne donnent pas le mot; Richelet admet baragouin, baragouiner, bara^ gouineux; Furetière, seulement les deux premiers.
On trouve barragonnoys pour baragoin dans la Farce de Colin, jUz de Thevot le Maire.
Je crois que c'est un Sarrazin ,
Car îl parie barragonnoys. - Ane, Th.fr., bibl. elzév., II, 398.