‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 184 sur 455 · BÉCARRE · texte numérisé non relu

BÉCARRE

Dans les Sêré$ê de Guiil. Bouchet, on trouve le mot italien non encore francise; au >nie n, p. 7& et suiv., il est parié d*un «rprocez pour avoir appelle un homme marié

m « 90Î, coeu, btceo-cornuto Ii> — A ce sujet, on lit dans H. Estienne : «Les Italie»

u lieu de notre cornar disent cornuto. Mais ils ont un autre mot plus commun pour sioifier un cocu, assavoir bâceo; et quelquefois par emphase ils adjoutent eornuio avec eeeo. Or faut-il noter que heceo sigmfie aussi un bouc, appelé hireuê par les Latins. Telîment qu'il ne resteroit qu*à sçavcnr si cest animal est plus subject que les autres à se lisser faire cocu. Car, si ainsi estoit, il y auroil apparence que ceste façon de parier fust enue de là. s» - H. Eshuirb, Deux Dial, du nouv. lang.fr.-tial,, édit liseux, I, lai.

La question posée par H. Estienne sur Tindifférence du houe (h$9m) est résolue par les Lcadémiciens délia Grusca, qui disent dans leur Vocabolario :

ftBêcco, il maschio délia capra domesiica. . . Beceo diciamo a chi lascia giacere allrai '.on la propria moglie, perché questo animale di ci6 non se ne adirt, ai eona ^ altii.*

Postérieurement à Molière, le Diction, de Trévoux (iGSa), qui admet le mot, dit : «En îrançob, on ne prononce pas le c de bec, et Ton dit bé-cornu.it — L^Académie française le fadmct dans aucune de ses éditions.

BÉCARRE, terme de musique.

lis faut qu'ils chantent un trio qu'ils me chantèrent Tautre jour. — Non, ce nest pas ce quil me faut. — Ahl Monsieur, c'est du beau bécarre. — Que diantre veux-tu dire, avec ton beau bécarre f — ... Vous savez que je m'y connois; le bécarre me charme : hors du bécarre ^ point de salut en harmonie. Écoutez un peu ce trio . . . Là-dessus vient un berger joyeux, avec un bécarre admirable. - Sicil.^ se. 9.

... A chanter par nature,

Ou par bécarre ou par hémol ,

La game et Tut ré mi fa sol ,

Et pour enfler les oreilles ,

Vous estes doctes à merveilles. - Ricbbb, Ovide bouffon, 1669, p. 601 •

Oui, vous êtes un sot, en bécarre, en bémol. - Rionabd, Le Bal, se. ii,

Partei donc, partez donc, musicien barbare.

Ignorant par nature ainsi que par bécarre. - Id., Fol. am., II, 7.

Qu*est-ce donc, s*il vous platt, que tous ces pieds de mouches qui sont au commencement des lignes? — Ce sont des dièzes, pour montrer que c*est en fa mi la ré bécarre. - Id., Divorce, I, 8.

4t Les clefs sont : nature, B mol, B quarre, entre lesquels il y a toujours une quinte le Fune à Tautre; elles sont assises de façon que de leur assiette on juge à quoi elles servent. )r ces clefs sont toujours assises sur les règles (lignes), jamais en espaces. - Rné François Le P. Rasé Bihbt), Eesay de» merveillei de la nature, in-A% 1636, p. Si 3.

S'ils s'accordent tous quatre (la taille, Thaute-contre, le superius et le basse-contre), i Dieu, quelle douceur I Ils peslent-mesient leur voix, et conspirans ensemble d'un accord leureusement des-accordé, ils meslangent haut et bas, aigre et doux, art et nature, et 9 mol et B quarre, et, si vous n'y prenez garde, il vous raviront Tâme par les oreilles.

Id., ibid., p. SaS-Saâi.

Le Diction, de Trévoux explique ainsi, d'après Brossard, le B quarre (ou bécarre) : fB quarre et B mol sont des termes et des marques de musique qui se met lent au com

Page 1