‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 187 sur 455 · BÉLÎTRE · texte numérisé non relu

BÉLÎTRE

sont paroles de cabale, et qui ne se disent qu'à Toreille entre Miitrei, . . Outre ces locutions, ils ont leurs maximes, leurs loix, leur police, leur créance particulière , leurs finesses et souplesses pour eschapper quand ils sont descouverts et pour tondre sur un craf. - Lb P. Gabassi, Doetr, eur,, i6aA, p. 68.

:* Ringer tur la hùtorU , câbler utr la bUtarU sont des termes d^argot, qui ne se trouvent ni dans Francisque Michel, ni dans Lorëdan Larchey.

On peut dire que ces mots faquin, belUtre, escomifleur, libertin, atheiste, etc., sont des termes quasi synonimes an jugement de toute Tantiquité.

s Id., ilnd., p. 768.

Il mit la main dans son sein et en tira un décret de prise de corps contre moy, pour estre mené sans scandale dans les prisons du Roy, et là estre interrogé sur. . • une force prétendue faite à cette bêlittreste.

Gbipilain, Trad, de Guzm, d^Àlfar,, i6do, t. III.

Si les gens dont vous parlez (les faux riches, les riches d'apparence) logent dans un grenier où ils ne vivent que de pommes et de noix ou de pain sec, leur maigreur les doit donc faire passer ^ur béUtres, et Tapparence de leur habit ne remédie point au peu de monstre de leur visage. - Sorbl, Polyandre, I, 376.

En suitte, 'û convient que Tepistre, Le lay pleurard, le virelay belittre, L*enigme goffe et Tembléme pédant.

Sur nostre esprit reprennent ascendant.

Sairt-Amart, Œuvr., bibl. clxév., I, p. Sa t.

En belitre, il montroit ses fesses découvertes. Et n'avoit plus d'entier que ses jartières vertes.

RoBiRiT, Panégyr. de VÉc, de» Fem,, i'* entrée.

Je suis un emporté, maroufle? — Guy, assurément. — Gomment, bélitre, encore! - Du Vbbdibr, Le Flatteur, 1696, 1, U,

^ Bélitre ou béliiire, bélilreue, béliirer, paraissent déjà dans Paisgrave (i53o), avec le

sens de mendiant, mendiante, mendier; on le retrouve dans Rob. Estienne en làSg, avec

il même signification : mendicue. En 1611, Gotgrave donne le même sens et comprend

dans la même famille belitireau, jeune mendiant, belistraille et beliitrerie. De mendiant

à gueux, de gueux à maraud, de maraud à coquin, la distance est vite franchie. — Mais

constatons que , d'abord , le mot ne se prenait pas en mauvaise part

Un poème du xvi* siècle, La Fontaine d^ amour (157a) parie

De toutes manières de moines. . .

Prestres et clercs chanlans l'epistrcs.

Et les quatre ordres de belietree.

G*est-À-<lire les quatre ordres mendiants. — «rA Pontoise, dit le Dictionnaire de Noël et Carpentier, on appelait bélittreê les confrères pèlerins de la confrérie de Saint-Jacques, Kans attacher à ce mot le sens injurieux qu'il a pris et qu'il conserve, t»

Huet, le savant évêque d'Avranches, écrivoit blitre, sous prétexte que le mol venait du ^rec BAiTupi (Diction, de Trévoux),

Borel dit crûment : fnBelietre, un voleur ou un soldat misérable, et ce mot vient de èaUtta, parce que anciennement les arbalestriex debandex degeneroient en voleurs, comme font k présent nos soldats débandez.» - Bobbl, Trétor, i655.

Éiymoiogie fausse, mais trait de mœurs intéressant.

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