ABORD (D') — ABSENT DE
177 Sous ces arbres, de loin, mes yeux t'ont reconnu.
Cher Marquis, et d'abord je suis à toi venu. - Fâch., I, 3.
1911 Dieu sçait ce que d abord tout le monde en croiroit I ~ TarU » IV, t.
Nous autres grands médecins, nous connoissons d abord les choses.
Mèd malgré lui y II, &.
Les filles ont toujours honte à témoigner dabord ce qu'elles ont dans TAme. - UAv., III, 5.
908 Qui le soumet dabord à ce que veut sa femme. - Fem, sav., 1, 3.
Quoy que tout ce que vous me dites soit véritable, la réputation d'Élomire [olière) est si bien établie que, si un autre avoit fait quelques pièces sur ces matières du temps, beaucoup plus belles que les siennes, Ton diroit d'abord que ce
que (Molière) est si bien établie que, si un autre avoit fait quelques pièces sur ces matières du temps, beaucoup plus belles qi sont des copies. - Zâinde, i663, se. 3.
3(c On trouve aussi : dan» Vahord. |
Elle m'a, dans T abord y servi de bonne sorte.
Ec. des Fem,, 111, U.
Cet homme , da$u l'abord, me paroissoit plus sage.
Rbgrabd, Méneehmes, III, 80.
Abord (D') que. . ., aussitôt que. . .
1779 Je n'en ai point douté, d'abord que je l'ai vue.
Éc. des Fem., V, 9.
Le Docteur continue de parler, dabord que Sganarelle ôte la main.
Mar, forcé, édit. 1689, 4.
Tai vu un jeune homme avec elle, qui s'est sauvé d'abord qu'il ma vue. - Mal. imag., II, 7.
D* abord que je vous ay vue. . • - ScarrOn, Roman eom., liv. I, chap. xi.
D'abord que je fus arrivé , on roc présenta à cinq ou six visages vénérables.
Rbgrabd, Divorce, I, a.
Aboyer . . . , au fig.
Nous avons de tous côtés des gens qui aboient après nous.
Fourb, deScap,, I, 5.
11 se mit à aboyer contre Brancas, sur le Jansénisme. - Skv., V, 369.
Je verrai demain. . . ma nièce de Bussy, dont les tourières ont aboyé sur moi, que je n*étois pas encore abordée. - Id., VII, 279.
Absent de ... , éloigné de . . .
965 Et qu'un rival, absent de vos divins appas. - D, Gare, I, 3.
346 Un esprit amoureux, ab$etU de ce qu^îi aime. - Gobk., La Veuf>ê, 1,5. i835 Quoi qjûi^abêerU de ses yeux il me faille endurer. - Id., JL0 Cid, V, 7. 739 De ce même rivage abeerU depuis un mois. - Rac, Iphig., II, 7.
Accessoire, danger, malheur.
1 i5o Mais à peine tous deux dans sa chambre étions-nous, Qu'elle a sur les degrés entendu son jaloux ; Et tout ce qu'elle a pu dans un tel aocewnre^ C'est de me renfermer dans une grande armoire.
ÉcdesFem., IV, 6.
Les cardinaux au conclave se trouvans particularises en briffues, des François pour vouloir se maintenir en leur possession de je ne sçay combien d^ans, depuis laqueUe on n^avoit veu Pape que die la nation françoise; au contraire les Italiens craignans de tomber au mesme aeeesioire qu^auparavant si on eslisoit un François , jettèrent toutes leurs opinions sur un qui nist de leur nation.
PiSQiriBR, Reeh, de la France, liv. III, cbap. xxv, i6si, pp. aàg-sSo.
Gcéron, VirgOe, Âristote, s^ils avoient eu Tâme aussi lâche que vous, sentiroient aujourdmy de grandes afOictions et de terribles aeceesoiret de damnation. Li P. Gabassb, Rech. de» Reeh. de Af Ett, Paequier, 16s s, p. gSS.
Un autre, aussi fallot que le premier, disoit:. . . Je me trouvay un jour en telle nécessité qu^il me fallut consacrer le sang de J.-G. dans un chauderon.-. . En cet acceeeoire, je me trouvay en peine. - Id. , Doctr, cur., 169A, p. 287.
Il (Garasse) blasme Pasquier de ne garder point d^ordre en Texplication des
Îroverbes. . ., et cependant il tombe dans le mesme acce$»oire. - Deffence pour Ett. ^aequier, 169 A, p. 558.
Gomme la pauvre dame laissoit son amant en tel acceueirey elle sentoit aussi fièrement sa douleur. - Ghafblaih, Trad, de Guzm, d^Alfar., i63o, I, p. iA5.
Gonsidère, je te prie, combien j^estois mortifié en cet aeceuoire, n*ayant pas seulement osé m'asseoir dessus son coffre, de peur de Taigrir contre moy avec ma boue. - Id., ibid., III, p. 68-69.
11 souffre autant que vous de ces accesMoires, et ne se plaint pas.
Id., ibid,, III, p. 356.
^ En 1573, Nicot traduit : «Se voyant en cest acceeeciren^ par ffdeititutiene illa percnlsus», et, en 1606, il ajoute : «pour en ce danger n, — 1690, Monnet : fx Accessoire , accident, cas fortuit; adversité de fortune ; accident qui arrive au corps, à Tâme et autres choses, au moyen de quoy que ce soit. 9 — 1611, i639, i65o, Gotgrave : tx Accessoire.., a danger, great mischiefe, or trouble; also, an error, or discordes.» — 1676, Pomey : «Se voyant en cet accessoire, en cet état.» — ^^77* Gaudin : Accessoire, état : tril me fut extrêmement fâcheux de me voir en cet accessoire,n — 1680, Richelet regarde V aeceuoire uniquement comme : ce qui s^ajoute au principal. — i683, Danct marque accessoire d*un signe qui veut dire que le mot se prend figurément : «rSc voyant en cet acces" eoire, en cet état extraordinaire et fâcheux.» — 1690, Furctière donne le mot, mais seulement dans le sens de : ajouté au principal. — 169/1 ®^ *7*8, rAcadémic française : 9 Accessoire. Il se prend aussi pour le mauvais estât où l'on se trouve. . . En ce sens, il est vieux.» — A partir de Tédit. de 1 7/10, ce sens disparait.
20 ACCOISER — ACCOMMODER
AgGOISER, apaiser.
Adoucissons, lénifions et aecomnê Taigreur de ses esprits.
Pourc.j I, 8.
Àceoiier les bouillons des esprits et humeurs. - 6. Bouchbt, Serée$, IV, 69.
Si les couleurs semblent vogues au milieu de Tair, si elles s^aflbiblissent peu à peu, si en6n eUes se dissipent, c^est que le cx>up que donnoit Tobjet présent ayant cessé, le mouvement qui reste dans le nerf est moins fixe, qu'il se ralentit, et enfin »'aecoiie tout i Dût. - Bosaon, Cotm. de Dieu, édit. orig.
'^ Ce mot, venu de ai et quietu», se trouve dans nos plus anciens dictionnaires; cependant, dès 16&3, Ant. Oudin le marque d'une étoile, comme vieux et hors d^usage; de même Duez et Ces. Oudin en 1660, et le Dict.fr.-iUd. imprimé au château de Dmllier, en Suisse, en 1677. L*année précédente, 1676, on le retrouve dans Pomey, avec un renvoi i apaiur, mais on ne le trouve ni dans le P. Gandin, 1677, ni dans Guy Miège, 1679, ni dans Richelet, 1680, ni dans Danet, i683. Furetière le reprend, en 1690, comme un vieux mot, et, en 169&, TAcadémie française le donne encore parmi les dérivés, non de oot, mais de coy, auquel la forme eoi nous renvoie :
fKÀeeoiêêr, calmer, appaiser, rendre coy. Accoiëer les flots. Accaiier latempeste. Il vieiliiL -— On dit en termes de médecine : accoi$er les humeurs.»
Édit. 1718 : ffU vieillit.» Édit de 17&0, 176a, 1799 : «cil est vieux.» L*édit. de i835 ne Tadmet plus.
Accommoder : i ^ satisfaire au point de vue de la fortune , enrichir.
9 06 3 N*est-il point quelque fille
Qui pût accommoder le pauvre Mascarille? ~ L'£(., V, it.
Plût à Dieu que je les eusse, dix mille écusl. . • Gela m'accommo' dêroit fortl - UAv.fl^ A.
Une libéralité qui accommodé un homme ne Toblige pas comme une qui lui sauve la vie. - Malh., Trad. de Sen,, t. II, p. 6s 5.
3& Un des fils du Roy Catholique, Qui pouvoit posséder un jour. . .
Assez d*États et de provinces Pour en accommoder cent princes. - Id., ibid,, i5 nov. 1669.
Ils apportent tout en commun, pour en accommoder ceux qui en ont besoin.
Rac, 7nid.,t.V, p. 6a5.
Mais, comme en Tépousant, le parti m'accommode, 11 faut, jusqu^à Thymen, que je vive à sa mode.
MoRTFLBOBT, Coméd.poète, IH, 1.
t¥ Le participe accommodé équivalait à aieé, riche :
J ai découvert • . . qu'elles ne sont pas fort accommodées,
UAv.f I, 11.