‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 193 sur 455 · BERLUE · texte numérisé non relu

BERLUE

Berlue.

liliU Si je n'ai la berlue,

Je le vois qui revient. - Ée. des Fem.y II, 3.

Peut-ôtre que j^avois la berlue quand je la vis. - Lârivit, Let Jaloux, II, 6.

Tu as la berlue; le croy que tu as été au trépassement d^un chat, tu vois trooUe.

Comte DB Gramâil, ComM, in Prœ,, H, 5.

Il se pouvolt souvenir. . . de ce vieux coq à Tasne dans lequel on dîsoît, |« un renversement ridicule, avoir la 6er/f/« aux oreilles, la migraine an bru et 11 colique à la teste.

Le p. Gâbâssb, Bech, det Rech, de ht E$U Paequier, lôat, p. 556.

Nous avons la herlue et nous n^avons rien vu.

D'OufiLLB, Cotffnue à la mode, IV, t.

En ces lieux mal illuminez.

Qui voit la longueur de son nez Se peut vanter de bonne vue.

Puis les mortels ont la brelue («te).

ScÂBB05, Virg, trav,, Paris, David, lyoS, II, 167.

La vieillesse a ton œil déçu,

Et te fait avoir la berlue, - Id., ibid., II, p. )i43.

Dans la paste, mets du levain. . .

Le pain aura meilleure vue.

Mais je crois que j*ay la berlue ; Je veux dire : il aura des yeux.

Mabtin , Ée. de Saleme en ver$ buri,, i65o, p. sS.

7 Et sans que j^eusse la berlue,

Le lendemain, quand je Tous lue,. . .

Je n^y vis que peu d'ornement. - Lorkt, Muze httUfr., a octobre 1660.

Les perles et les diamants Par trop de rcflex à la vcue Donnoient aussitost la berlue.

RiCHEB, Ovide bouffon, i66q, p. laS. - Cf. p. si3.

Tu m*aimes? — En douter, cVist te tromper toi-même; Tu le vois trop. — J*ai donc la berlue en amour.

Th. Corn. , Atnour à la mode, IV, 7.

Vous rêvez , vous rêvp^ ; vous avez la berlue,

QciRAULT, L'Amant indUcret, i65/i, IV, 8. - Cf. Lei Rioaleê, 1, 1.

Ah ! Monsieur, c*est Lisette, ou bien j'ai la berlue,

Poisso.*!, Coméd, eau» titre, II, s«

Quoil ce mouchard qui fait le coin de notre rue? — Ouy. — Vous n'y songez pas ; avez-vous la berlue f

CHAMPHBSLà, Criip. cheval,, se. 8.

Morbleu I Trois cents louis I n'ai-jc point la berlue f Lisons : trois cents louis. Non , j'ai fort bonne vue.

MoHTPLBL'RT, GenlUh, de Beauce, III, 6.

Élohirb. Mais, ma femme, pcut-estre avez-vous la berlue,

Lb Boolarqer db Cualdssat, Elomire (Molière) hypocondre, 1670, 1, s.

BERNEMENT — BERNER S4i

Une chose enfin qui se fera dimanche, où cenx qui la verront croiront avoir la beHue. - Sév., II, 96.

Bon, Monsieur, vous avei la herlw. - Rbgrahd, Coquette, II, 9.

G^est Léonore. — Eh I non, je n*ai pas la herlue, -^ Id., X0 Bal, se. 18.

Que vob-je, Pierrot? ai -je la berlue? Oui. . . Non. . . Si fait.

Id., Fillee erranteê, I* 7. - Cf. 1$ Dietrait, IV, 1 0.

t¥ vBerhê, éblouissement de la vue par une trop grande lumière, qui fait voir longoaps après les objets d*une autre couleur qu^ils ne sont.» - Diction, de FoBBTiiii, 1690.

ERNEMENT, action de berner.

993 Si vous n'avez encor quelques raisonnements

Pour vous mettre au-dessus de tous ces bemementê.

Éc. des Mar., III, 5.

Tu t^emportes à tort. — Vous aimei la méthode De vous soufinr railler tousjours sur chaque mot ; Qu^un Molière sans cesse en vos habillemens Vous fasse les objets de tous ses bernemenê,

GflifALiBR, AtMurê de Calotin, 166/i, I, 1.

4c Bernement ne parait dans le Dictionnaire de TAcadémie française qu^à partir de la oisième édition (1760) : <r Action de berner; le bememerU de Sancho Pança;» la cinlième édition (i835) et la sixième (1878) le donnent comme «familier et peu usitén.

ERNER.

Quand on le bemeroil sur un théâtre, il seroit assez heureux pour faire rire le monde. — Impr. de Yen,, se. 5.

* Au propre, berner c^est faire sauter en Pair dans une couverture, comme il arriva à LQcho.

Mademoiselle, je fus berné vendredy après disné, pource que je ne vous avois pas fait rire. . . La couverture fut apportée.

VoiTURB, Lettre IX, à W' de Bourbon,

Je voudrois le faire berner (Molière), et faire tenir la couverture par quatre Marquis. — Les Marquis Taiment trop, et se metlroient pcul-estre à sa place, afin qu'il les bematt en toutes les manières. - Zâinde, i663, se. 8.

Au figuré, railler, bafouer.

1167 Mais s*il nous trouve ensemble, il pourra soup^nner

Que nous prenons plaisir tous deux à le berner, - Cobn., La Suiv,, IV, 5.

9^5 Ce brigand fier et sanguinaire. . .

Fut pris, ou le diantre me berne, Samedy dans une taverne. - Lobbt, Muze hi$tor,, 17 avril 1660.

39 Mais laissons-là ce pauvre diable , Plus digne, tant il est bourru, D*étre berné que d'être cru. - Id., ibid,, 3o août 166/i.

S&a BESOGNE

Le soleil ne fait voir quWe lueur blafarde. Dont les foibles rayons sont rayons à bemar, Quand ceux de tes regards viennent à rayonner.

Th. Gom., Berg, extm,, 1, i.

Ah I Je n^ai fait le sot que pour berner mon frère.

Id., Comi. JtOrg., IV, lo.

Je suis sot, en effet, souffrant que tu me bemei.

GiLBT DB LA TissoHiiBBiB, DeemoUé, II, 7 ; - Cf. ibuL, U, 5, et V,i

Oh I que le monde est aveuglé , . . .

Et qu il mérite qu^on le berne I

Fb. Gollbtbt, Juvénal burl,, 1657, P- *^

Mais c'est, mes soeurs, en conscience,

Trop berner vostre patience. - Richbb, Ovide bouffon, 1 66t, p. 389.

Je veux être berné si vous passez un jour

Sans revoir Philidie après votre retour. - Qdinaclt, Lee Rivake, V, &.

Admirez cependant comme quoy cet esprit (Molière)

Sçait nous amadouer alors qu'il nous aigrit :

Pour nous montrer combien son adresse est extrême , • . .

Afin que si quelqu'un s'en estoit mutiné.

On vit que le berneur luy-mesme estoit bemi :

De sorte que chacun, voyant son industrie,

Tourna, quoyque fasché, tout en galanterie.

Et demeura d'accord que, pour plaire aujourd'huy,

11 faut estrc Molière ou faire conune luy.

GiiBviLiBB, Amoure de Calotin, i664,I, i*

Et moy, mon cher Marquis, ici je te déclare,

Que le Palais-Royal me devient aussi rare ;

Nul n'y sçauroit aller sans se faire drapper.

Ah I qu'heureux est celui qui s'en peut échapper I

Pour moy, je n'aime pas à souffrir qu'on me drappe ;

Je veux estrc berné si plus on m'y rattrappe. - Id., ibid., i66â , I, â.

Et je croy que devant qu'en son bon sens il (Molière) rentre. Nous pourrons , sur ma foy, le dauber dos et ventre. Nos confrères déjà l'ont berné comme il faut ; Battons le fer comme eux cepend^ant qu'il est chaud.

Lb Boulargbb db Ghalussat, Elomire (Molière) hypocondre, 1670, 111, 1.

Non, non, ne souffrons point de cet enfariné; Sus, amis, pour estre berné

Qu'aux médecins on le donne. - Id. , ibid., V, 9.

Nous sommes trahis I On nous berne. Monsieur.

Reg?iard, Attendet-moi totu Vorme, se. 9&.

Besogne, travail.

33 1 La beiogne à la main! C'est un bon témoignage.

Éc, des Fem.^ I, 3.

Phidias fait uno statue. Ce n'est pas tout un que le fruit de l'art et le fruit la beêogne. - Malh., Il, 67.

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