‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 196 sur 455 · BÉZOARD — BIAIS S · texte numérisé non relu

BÉZOARD — BIAIS S

BézOARD.

Plus, une potion. . . composée avec douze grains de bézoard.

Mal. imag.y I, i.

Ces soupers. • • et ces disners. . . estant mis ensemble ne valoieut pas une bonne collation, laquelle encore, lorsqu^ib la donnoient, c^estoit bien encore avec tant de compas et tant de mesure , que le saffran et le bezoar n^est pas si r^ë quand on en fait le débit. - Gbâpilaiii, Trad. de Guzm. d*Alfar., i63o, III, p. SgS.

Les quatre saignées ont sauvé le Roy, encore, dit-on, qu^ii n^a point pris le bezoar, - Gur Pitin, Lettr,, lo octobre 1668.

Il n*est. Dieu merci, plus question ici de bezoard; le peuple est détrompé de ces bagatelles. - Id., ibid., 18 juin 1669.

55 De Londres, pour faire du fard.

Du galbanon, du bezoard, - Lobbt, Muze Atttor., 9 5 décembre i66o.

196 Plus de quarante millions. . .

D*indiennes de fort baut prix.

De bezoard et d'ambre gns. - Id., ibid., 3 septembre 1661.

4c m Bézoard, Concrétion pierreuse qui se forme, dit T Académie française, dans le corps de certains animaux, et à laquelle on attribuait jadis de grandes vertus», surtout comme contrepoison.

«Les antidotes et contre-poisons ont esté appeliez par les Arabes en leur langue Bezahar, c'est-à-dire en leur barragouin, conservateur de vie. . . Au païs de Perse, mt-il (Garcia do Horto), et en quelque région des Indes, se voit une espèce de bouc appelle en langue persique Pazain (dont la pierre, à proprement parler, doit estre appellée Pazar, du mot Pazam, qui signifie bouc : mais nous, cTun nom corrompu l'appelions Bezar) pour la pluspart en couleur, de bauteur moyenne, au ventricule duquel se concréc ceste pierre appellée Bezar, en forme de présure, tousjours augmentant et grossissant entour une paille, &n forme de tuniques d'oignon couchées l'une sur l'autre , de sorte que la première lame levée, celles de oessous se monstrent tousjours claires et resplendissantes de plus en plus. . . Ceste pierre se voit de plusieurs formes et figures, mais ordinairement elle se rencontre de figure de gland ou de noyau de datte, de couleur de sang, tantost de miel, tantost de jaune paille; mais pour la pluspart de verd brun. . . Ceste pierre n'a point de MEur ou noyau au milieu, mais est cave en iceluy, pleine d'une poudre qui a mesme nibstance et vertu que la pierre : au reste, elle est lisse et douce, et telle qu*on la peut ûsëment rapper comme l'albastre, mesme qu'elle se fond estant longtemps en l'eau.» - Abbi. Piaé, in-f, p. 5o6; liv. XXI, ch. xuv, édit. i664.

Une curieuse anecdote racontée ensuite par Ambr. Paré démontre que, sur un prisonnier condamné à être pendu et qui accepta de prendre du poison , tria pierre d'Espagne [ou bnoard) n*eut aucune vertu».

On trouve une intéressante dissertation sur le bezoard dans le Nouveau chatse-pette , par Marcelin Bohpâid, Paris, 1699, p. i59 et suiv.

Biais, oblique, de travers; au fig.^ mbst., se dit de divers moyens de tourner une affaire, de divers aspects ou points de vue; direction.

* Tantôt Molière le fait dissyllabe :

8g Nous n'aurions pas besoin maintenant de rêver

A chercher les hiaiê que nous devons trouver. — VEUy 1,9.

<2i6 BIAIS

taga Et comme pour résoudre avec votre maîtresse

Des biais qu'on doit prendre à terminer vos vœux.

t6&9 II faut voir maintenant quel biais je prendrai. — Ibid.^ IV, 6.

557 Vous me défendez mieux que je ne saurois faire.

Et du biais qu'il faut vous prenez cette affaire. - Sgan., se. 91.

1600 Et vous deviez chercher quelque biais plus doux. - Tari., V, t.

Tantôt il le fait monosyllabe :

i35i Voyons, voyons un peu, par quel biais y de quel air. . .

Misanth, , IV, 3.

1067 Pai donc cherché longtemps un biais de vous donner

La beauté que les ans ne peuvent moissonner. - Fem. sav. , III, L

Je ne sais point le biais de faire entrer ici des vérités si éclatantes.

A Madame, entête de VÉe. des Fem.

Mais ce mariage, Valère? — On cherchera des biais pour le rompre.

UAv.f I, 5.

Je vais vite consulter un avocat, et aviser des (taûque j^ai à prendre.

Fourb. de Scap.^ U, 1.

Elle ne pouvoit rejcttcr le sujet de sa faute que sur elle-même , • . . de ^pe^oe biais qu^elle peust tourner cet accident. - D^Unpé, VAitrée, 161&, II, p. s.

Dionysius yEgeus,. . . en sa profession de médecine, bastissoik des aphorisawi toutes mains et à tous 6tatj.

Lb p. Gabassb, Rêch. dei Rech. d$ M* Est. Pasquier, 16a s, p. 699.

Ma mère aussi, voyant mon procez prendre un mauvais 6tatt,. . . me vint (fin que Ton Tavoit volée. - Chapelain, Trad, de Gnzm, d^Alfar,, i63o, III, p. &8i

Le singe. . . nous ressemble par tant de biais,

Gtbaho de Bebgbrag, Voyag9 au S0M.

La sottise des hommes est si grande, qu^ils prennent tout d'un autre bittis qa*l ne faut. - Sorbl, Francion, édiL 1791, 1, 873.

U s*y faut prendre d'un autre biais, - G^* de Cramail, Corn, des Fro9., DF, 1.

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