‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 241 sur 455 · BRAILLARD · texte numérisé non relu

BRAILLARD

Nous gagnions honnestement nostre vie, et sortions de tout /«• braie$ nette»,

Ghapilàin, Trad, de Guzm, éPAffiar,, III, /i6i.

Ils n*en ont pos tiré leurs brayet nettes. - Corn, des Prov., i633, 1, 5.

41 On disait aussi : hragueê nette».

Demandez la paix à mon Roy, Vous vous tirerez nette» brague»

D^entre ses invincibles dagues.

ScARRON, Œuvr,, Paris, David, 1700, 1, 3 a 5.

Nous en sortirons brague» nettes,

Id., Virg, trav,, 1706, I, U*], - Cf. Id., ibid., I, 8; II, log et 11 A.

Deux femmes I Rendez grâce aux heureuses plancttes Qui vous ont de leurs mains su tirer brague» nette».

Th. Cobn., Galant doublé, III, 1.

CoLOM BiHi À Ablequir. Ah I quitte-là le soin d^embellir les gazettes.

Un noir pressentiment me fait trembler pour toy,

Et m*annonce, pleine d'efifroy, Que tu n*en sortiras jamais les brague» nettes.

La Thè»e de» dame», Gom. du Th. ital., 1696, se. i3.

Braie ou brague parait appartenir à la langue primitive des anciens Gaulois; Diodore de Sicile, cité dans Vltinerarium Galliœ Narb<men»i», parle de leurs fifxixat (p. 307 et 908); Joachim Perion, selon son usage, tire ce mot du grec. Ge qui est certain, c'est qu^on le trouve dans notre langue à toutes les époques, bien que M. Godefîroy n^en fasse pas mention. - Gf. Ducange. — Quant à la locution proverbiale employée par Misère dans le sens qui, appliqué à un soldat, signiBerait : «rSans avoir sali de peur le fond de sa culotte,» on la retrouve fréquemment, comme on Ta vu, à toutes les ^>oque8.

H. Estienne, dans ses Deux Dialogue» du lang,Jrançùi»-itaîianizéf édit. Liseux, I, 935, a toute une page curieuse sur les broie», — Pasquier, Recherche», 1691, VIII, 9 , s'appuyant sur Texpression Gallia br accota, pense, comme nous, que le mot braie, ainsi que le mot hœ, est d*origine purement gauloise.

La 6fYiie (orocca) paraissait ridicule aux Romains; les togoii, les porte-toge, se moquaient des braccali, porte-braie, et J. Isacius, dans le Gio»»ariwn pri»co-gaUicum qui niit son Itinerorium Galliee Norbonenei» , 1606, p. 907-909, en donne la raison : «Gausam vero cur adeo novus et ridiculus Togatis ilhs fuerit Gallorum hic habitus, banc pnesertim crediderim : quod ists braccœ ciim strictiùs et nates, lumbosque , ipsaque verenda vestirent exprimerentque, ipsis quoque oculis obtutuique ea objecerint quœ nec honestè nominari, nec ostendi se patiuntur.»

Braillard, braillëcr.

Par la morbleu! vous êtes de grands braillards, vous autres.

Pline, d^EL, t" interm., se. 2.

Diable soient les braiUeurs ! - Ibid. , ibid.

Un sujet sérieux sera mieux contrefait.

— Que pensez-vous y voir 7 Un héros à nazardc ,

Amant tnste et dolent d*une amante braillarde,

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