CABINET
£l, dans son eabimt, que sa Muse en campagne Vole dans mille Autheurs les sottises d^Espagne; Mais le siècle le souffre, et, malgré ma raison, «Le pauvre homme 1» pour moy, je signe son pardon.
La Crit, du Tort., 1669, se :i.
ËLOMiM, Mais, ma chère Isabdlc,
Sans luy (sans mon talent) nous verrions-nous une chambre si bdle? Ces meubles précieux sous de si beaux lambris, Ces lustres éclatans, ces cabine de prix, Ces miroirs, ces tableaux, cette tapisserie?
La BocLiNoia de GHiLussir, Elomire (Molière) hypocondre, 1670, 1, 1.
i( Aucun dictionnaire, aucun traité d'architecture, contemporain de Molière, ne permet de donner au mot cabinet un autre sens que celui de cabinet de travail, de pièce réservée aux livres, aux curiosités, aux tableaux, — de meuble à tiroirs (cabimH d^Aflemagne ou de Venise). Le plus ancien ouvrage que nous connaissions, oh Ton trouve le mot aUtmêt dans un autre sens, est le dictionnaire de Furetière (ei\ 1690), où il ôtele vers de Molière en le travestissant, non en le traduisant; Gi. Nodier a eu le tort d'accepter cette interprétation dans son Exam. erit, de» Diction,
Maynard nous donne le vrai sens du mot, quand il réserve à ses vers le eabmH, aux vers d'un nvài la chaise percée :
Les vers que mon esprit sublime
Si dextrement lime et relime
Ont je ne sçay quoy de si net
Qu'ils sont tout Ventretien du Louvre,
Et la Reyne veut qu'on leur ouvre
La porte de son caoinet, - Matkabd, Manife»te.
Rimeurs k l'esprit de travers
Et qui n'a rien qui ne déplaise, . . .
L'ouvrage le plus net
Qui se lime en ton cabinet ^
N'est que pour la chaise percée. - Id. , Êpigr. pour un mauvaie poke.
Comment admettre que le Misanthrope ait eu la pensée de dire à Oronte la grossièreté
?ae lui prête Furetière? Celui-ci lui-même, dans ïEpitre à tous u» amie, qui précède les oéêieê, leur reproche de n'avoir pu les tenir secrètes dans leur cabinet ^ ce qm l'a oUigé à les publier; et il ajoute : «Cependant, afin qu'on puisse au moins tirer quelque profit de ma faute , je donne ce consed à tous ceux qui se meslent d'écrire : quand us auront fait quelque pièce qu'ils jugeront n'estre pas assez bonne pour estre imprimée, qu'ils la jettent incontinent au feu et qu'ils ne la gardent point dans leur cabinet, , , Car je leur prophétise. . . qu'il se trouvera quelque moment malheureux où la tentation de la publier sera si forte qu'ds n'y pourront i^ister.n - Poé$. div., du sieur Furetière A. E. P. (avocat en Pariement), i655, in-/l^ p. 9-11.
Cabip'et , le cabinet du Roi.
Il sait les secrets du Cabinet mieux que ceux qui les font.
Escarb, , se. t .
Quel Roi mieux que le nôtre entend le Cabinet T
La Fort., IX, 339 : Lêtt, A Foufuel,
CABOCHE 31d
J*avoiB ri de quelque CQqte qui n'étoit pas assez du cerde ni du Cabinet,
La RocBir., II, A/17.
Ayant des amis à la Cour assez considérables, elle recevoit quelquefois des nouvelles, quoyque dame de campagne, qui estoient plûtost du Cabùiêl que de la basse-cour. - Araêp9 et Sùnandre, 167a, II, p. 9g.
Son Altesse Sérénissime expliqua toutes ces choses avec beaucoup d*exactitudc, quoiqu'il y entre bien des intrigues et du Cabinet, - La Baur., II, Soi.
* Le second des officiers de la Couronne — le premier étant le mnd naître de la lison du Roi — était le grand chambellan, qui avait au-dessous de lui les quatre preers gentilshommes de la chambre, les quatre premiers valets de chambre, etc. De lui pendait aussi le Cabinet, composé de quatre secrétaires du Cabinet, qualifiés sur Tétat la maison du Roi de tr secrétaires de la chambre et du Cabinet, et qui touchoient chacun 100 livres de gages n; c'étaient, en 1669, MM. Bartet, au quartier ou trimestre de jant; Galland, au quartier d'avril ; Talon, au quartier de juillet ; Rose, et son fils à surance, au quartier d'octobre, «rlls servent le noy dans ses dépêches particulières, et ont u* ordinaire avec les quatre premiers valets de chambre >), savoir MM. de Chamarande, Nyers, Blouin et Bontemps. C'était là le Cabinet des affaires et des dépêches les plus frètes ; on l'appelait simplement le Cabinet, nom qui le distinguait assez du Cabinet de$ reê, du Cabinet de» armée et du Cabinet de» antique», - Voir État de la France, 1669, ap. m.
ABOCHE, tête.
1807 Voyez-vous, vous avez la caboche un peu dure. - VEu, IV^ t.
Je ne pense point qu'il y ait un plus cruel rompement de teste . . . qu'estre contraint prcster l'oreille à ce pédant, principallement quand on a autre iimtaisie en la caboche. - Larivet, Le ùiquai», 1, 5.
Je luy delatterois (frapperois) bien vert sur sa caboche,
J. Trotbbkl, Le» Corrivaux, III, 3.
0 chef de mon conseil I ma caboche routière , C'est de toi que j'attends ma délivrance entière.
J. DE ScHELARDBi, Tyf et Sidon, 1, 5.
Les avertissements. . . Je les ay bien mis dans ma caboche.
Comte DE CiAHAiL, Coméd, de» Prov,, III, 3.
Mais un autre soupçon trouble encor ma caboche.
Gilet de la Tessonhbiib , Le Campagnard, 1,1.
Ce Janus à double caboche.
C'est-à-dire te»te, en gaidois.
Gaulois, c'est-à-dire irançois. • .
Revenons au Dieu double-teste.
ScARROif , Virg, trav, , Paris , David , 1 706 , II , p. 9 59. - Cf. ibid, ,11,69.
Car Jupiter, qui n'est pas grue , . . .
Avoit soudain ...
Posé deux cornes sur son front , Et tous les ornements qui font , Des pieds iusques à la caboche , Un corps de vache sans reproche.
Dassouct, L* Ovide en belle humeur, in-â^ ]65o, p. 117.
Sis CABRIOLER — GACHE
Plusieurs mousquets des deux paiib. • • En ievien furent convertis Pour escrazcr mainte caboche,
SAiRT-AmHT, Œuw,, biU. dsév., I, SgS. - Cf. Md., p. 188, Ss&.
116 Mainte caboche y fîit fâée. - Lobit, Hhuê Aûtor., 95 août 1657.
1 3 Et pas une sage caboche
Ne m*en a fait aucun reproche. - Id., ibid,, 19 juin i66o.
Cedbère à la triple caboche Fit trois abois tout en un coup.
RicBBB, L'Ovide bouffon, 1669, p. â5i. - Cf. p. 910, 918, &07.
Je veux venger Taffiront que- je viens de soufirir. — Ehl bien donc, tu mourras, frénétique caboche,
Lb BouLiHOBB DB Chalussat, Élomire (Molière) hypocondre, 1670, 1, 3.
« Le mot caboche vient de Tespagnol eabeza, tête.
Cabrioler, faire la cabriole.
/iSa Parbleu! si grande joie à Theure me transporte. Que mes jambes sur Theure en cabrioleroient Si nous n'étions point vus de gens qui s'en riroient.
Sgnn.f 8C« 18.
* Voir Capriole,
Cache, cachette.
On n'est pas peu embarrassé à inventer dans toute une maison une cache fidèle. - UAv., I, A.
Je suis venu devant pour vcoir la cache où repose ma bourse, car je ne me pua garder que tousjours je ne luy jette quelque œillade.
Labiîet, Le$ Effrite, 111, 9; bibl. elzév., Th,Jr,, t. V, p. «39.
Il sortit de sa cache, pour voir et parler k la dame.
Chapelain, Trad, de Guzm. d'Al/ar., i63o, 1, p. s8.
J*ay fureté partout sans pouvoir descouvrir leur cache.
Comte DE C RAM AU., Coméd, dee fVor.
Quoyque le diable soit bien fin , J'ay descouvert sa cache enfin.
RiCHin, Ovide bouffon, i66â, p. 693. - Cf. Id., ibid,, p. 76 , s3i, 33o, 610-611.
Je sais. Sire, une cache
Et ne crois pas qu'autre que moi la sçachc. - La Font. , II, 91 : Fa6/., VI, 6.
Vous sortirez tous deui de votre cache,
Rbgrard, Attendez^moi êout l'orme, se h,
n^ Dans son Récit de la farce de» Précieutee, M*^* Desjardins prétend que les canons <le Mascarille (r semblent n'être faits que pour servir de cache aux enfants qui jouent à ia diiKmusette^.
CAGHEMENT — CADEAU SIS
Ce mot était peu en usage; on ne le trouve pas dans les dictionnaires de iSSg, iS&g, 573, t6o6, 1618, 1630, i63A, ]6&3; il parait dans ceux de 161A, i6a&, i636, 637; le Diction, dêê rimet de ]6&8 Técrit en italiques, comme il fait pour tous les mots bomrlesques, i>as, ou vieux». — Duez (1671), Richelet (1680), Furetiire (1690), TAcaémie (1696) Tont admis.
Lâchement, action de cacher.
n y avoit Tautre jour des femmes à cette comédie, . . . qui,. . . par leurs détournements de tête et leurs cachements de visage, firent dire. . . cent sottises de leur conduite. - Crit de tÉc. des Fem.y se. 3.
it Caehement se trouve dans Rob. Estienne (i539, i5&9), Nicot (iSnS, 1606, 1618), . Palet (1606), Gotgrave (1611, i639, t65o), Mellema(i6i8), Ouain(i6A3, 1660J, Xiez (1660); il ne parait ni dans Richelet (1680), ni dans Furetière (1690). Cest un ae 968 mots en ment, comme Ahement, effacement, proetemement , bri$ement, abrègement, qui Ddiquent Taction d^élever, d'eflacer, de prosterner, de briser, d^abré^r : tous mots relevés mr le P. Bouhours dans les Écrivains du Port-Royal. - Le P. BouHOuas, Doutée eur la ang.Jr., 167&, p. i5 et 16.
Molière a dit de même rompement. - Voir, ci-dessus, Caboche; citation de Larivey.
jAGOGHYMIE, mauvais état des huoieurs.
Pour remédier à cette cacachymie luxuriante par tout le corps,. . . je suis d'avis qu'il soit phlébotomisé libéralement. - Pourc, I, 8.
La mort suit de près la colère . . .
EUe produit en lui cette caeoehymie
Nuisible à la santé. - HiOTEBocHB, Criep, muêie,, IV, i3.
* De caeoehtpnie, cacochyme, ou vice versa.
Pour moy, cacochyme animal ,
Je suis comme un bomme qu^on roue.
SciBBOH, CEuvr,, Paris, David, 1700, 1, p. i55.
Cadeau, partie de campagne.
Nous mènerions promener ces Dames hors des portes, et leur donnerions un cadeau. — Préc. rid. , se. 11.
995 Et chez vous iront les damoiseaux?
— Et quoi donc? — Qui joueront et donneront cadeaux?
Ée. des Mar.y I, 9.
796 Des promenades du temps,
Ou repas qu'on donne aux champs, U ne faut pas qu'elle essaye :
Selon les prudents cerveaux.