‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 286 sur 455 · CARROSSE · texte numérisé non relu

CARROSSE

Il y a icy un Anglois, fils d*un François, qui médite de faire faire des carroaei qui iront et reviendront en un même jour de Paris à Fontainebleau, sans chevaux, par des ressorts admirables. On dit que cette nouvelle machine se préparc dans le Temple. - Gut Patin, Lett., ao janvier i6û5.

Gestuy-cy (ce carrosse) estoit tout tremblant de vieillesse : les quenouilles ne tenoient point; Timperiale estoit fracassée, et les roues avoient peine à le soutenir. . . Cette md-heureuse machine. . . n'estoit point alors sun>endue, mais posée sur ses roues, comme les coches de ville, et il y avoit de gros bahus k Tantique à la place du cocher. - Sorbl, Polyandre, 16/18, U, 6a3.

H falloit avoir carrosse de Monsieur, carrosse de Madame, carrosse de parade et carrosse de campagne, avec quantité de chevaux, cochers et palefireniers.

Id., t^., n, 563-563.

Quoyqu'il (Molière) dépeigne la ville où sa pièce (ïEcole des Femmes) se passe à peu près comme Paris, il falloit qu'il n'y eût ffuères de carroues, puisque 1 on y fait si facilement apporter des sièges au milieu aes rues. - Zélinde, i663, se. 3.

Nous irons prendre au Bourg-la-Rcine la commodité du carrosse de Poitiers.

La Font., IX, 99 A : Lett, à sa femme,

hi D'un carrosse en passant il accroche une roue. - Dbspb., Soi. VI.

Un carroue acheté fait-il un mariage? - Montfleury, Dupe de soi-même, I, 3.

Je viens de retenir deux places au carrosse, - Id., Trigaudin, IV, 7.

Nous irons dans le carrosse de M. le Chevalier. — Cela ne se peut pas; mon cocher s'en sert ; c'est que je lui donne mon carrosse un jour la semaine pour ses gages. - RsoNAtD, Divorce, II, 6.

11 est allé avec le carrosse de voiture faire visiter à la douane quelques ballots de marchandises. - Id., Retour imprévu, se. 9.

« Aucun dictionnaire antérieur à 1606 ne donne le mot carrosse, excepté le Diction, des rimn d'Odet de la Noue (1696).

En 1606 , on lit dans Nicot : r^Carroce, ou bien carroche, est un mot italien puis nagueres naturalizé en France; et signifie une espèce de coche, à ciel suspendu en impénale, à rideaux, accoudoirs et marchepieds, servant pour la ville et pour les champs. Carruca, l>aquel mot latin, l'Italien carroccio ou carrozza semble estre venu. . . Carrochier, celuy oui meine la carroche, carrucarius ou bien carroeier, comme le François le prononce.» — Dans ses éditions de 1618 et de 1635, Nicot ne reprend pas le mot, bien qu'il figure dans les autres dictionnaires publiés dans l'intervalle, et notamment dans le Monet de f6ao, où on trouve : carroce, carroce à conduire jadis en pompe les choses sacrées, emroce voûté d'une impériale, carroce voûté à l'ordinaire, carroce à rideaux, à pentes, etc.

Si le mot n'était pas dans tous les dictionnaires, il était dans le langage courant. On ■ait en effet que Catherine de Médicis, Diane, duchesse d'Angouléme, et le Premier Président de Thou se servaient de carrosses, ne pouvant, «par l'incommodité de la goutte, aller sur une mulen (Jacq. Brillon, Dict, dès arrêts), et que leurs carrosses furent les premiers qui roulèrent dans Paris. En 159& et i595 furent créés des offices de surintendants, eommissaires et contrôleurs des coches et carrosses (Id., ibid,); en 1693, une ordonnance r^la le prix des carrosses publics, le nombre de personnes à y admettre, le nombre de chevaux k y atteler {Rec, de Néron); en 161 5, dans le Discours véritable de àtVLX artisan» de Paris, mareschaux de leur estât (in-8% p. i5), il est déclaré nettement, comme conclusion, que «ries carrosses seront deffendus, sinon à ceux qui auront ([oalité requise, comme Princes, Seigneurs, Barons, Présidents, Conseillers, et Messieurs du Conseil, et les chefs des finances, comme Superintendant, Intendant, Messieurs les Trésoriers de l'espargne, ordinaire et extraordinaire. Cela est de trop grand entretien, et

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