‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 346 sur 455 · CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

CHRÉTIEN

S'il a envie de se marier, que ne prend -il une Limosine, et ne laisse-t-il en repos les chrétiens? - Poure.^ I, i.

1 5o S*ii prît à ce jeu

Quelque plaisir, c^est qu^aiore la chrétienne

N'étoit à lui. - La Font., V, p. 334-335 : Qmtei, IV, 3.

t38 II n^étoit bruit que d'aventures

Du chrétien et de créatures. - Id., V, p. 5i6 : Contet, IV, 1 1.

Bref, je crois franchement. . . — Que crois-tu? Dis, achève. — Que le pauvre chrétien, . . — Veux-tu me désoler? Parle. — A le diable au corps, révérence parler.

MoRTFLiCBT, Crisp, gentUh, , I, 3.

Quand sa fougue le prend. Monsieur, pour moins de rien,

Gonmic on tue une poule, il tucroit un chrétien, - Id., FiUe capitaine, II , 5.

GuBéTlEN : PARLER CHRETIEN.

li faut parler chrétien, si vous voulez que je vous entende.

Préc, rid.y se, 6.

Je fais profession de vivre sous la discipline de M. de Grasse, le reconnoissanl pour mon maitre, et pour celuy qui m'a appris à parler chrétien,

Balzac, LetU à Conrart, 97 septembre i65o.

Il faudroit sacrifier plus d'un coq à iEsculape , si nous étions au pais et au temps des sacrifices. Mais il faut parler chrétien, - Id., ibid,, 3o avril i65i.

197 Des Grâces, des Vénus, avec un grand concours

D'Amours, C'est-à-dire, en chreitien, beaucoup d'anges femelles.

La Fort., V, 445 : Conteê, IV, 8.

Voyez ce qu'il veut dire avec son corrosif.

Eh! parlezr-nouê chrétien, - HAUTEnocns, Criep. music, IV, 5.

^ crOn ôii parler chrétien, pour dire : un langage qu'on entende. n - FuBETiias, Diction., 1690.

Il m'a taxé (blâmé) comme ne parlant pas langage chretlien, car vous sçavez que les Italiens, et principalement Vénitiens, disent parlate Christian, quand ils veulent dire : parlez un autre langage que je puisse entendre ; comme si un langage qu'ils n'entendent pas ne devet pas estre appelé chrétien, - H. Estierjib, Lang, franç.-ital. , édit. Liseux, II, p. agi.

Richelet cite la phrase de Molière, et dit : ^ Chrétien, sorte d'adverbe qui signifie intelligiblement. y>

Le» Illustrée Proverbes, de? Fleury de Bellinghen, 9 vol., i665, t. I, p. 196-1 3 1, ont un long chapitre sur cette locution.

Selon l'auteur, parler chrestien, c'est ff parler le langage de tous les fidèles qui reconnoissent Jésus Christ, ... ou parler en langue françoise, qui est une des plus nobles langues du monde, après rhébraïquc, la grecque et la latine :

9 Parler chrestien, au second sens, c'est parler français n , pour cinq raisons : 1* parce que tria France est le premier royaume qui a plus universellement embrassé le chnstiaïùsmeTi; 9* parce qu'trelie a conservé plus longtemps la pureté de l'Evangile ?>; 3° à cause du trzèle incomparable de nos Bois à la foy chrestienne»; 4* à cause des «r grands et signdez

tanuanua >««••*&■•

&02 CHROMATIQUE — GlftCONSTANGE

services qu^ils ont rendus. . . aux souverains PontîfosT»; 5"* parce que «rlous ces gnndsK riches Estais de l'Eglise sont des tiltres perpétuels et des monuments vivants de k déf»tion de ces mêmes nois.»

Chromatique, terme de peinture, d! abord j puis de musique.

li y a de ia chromatique iànledans. - Préc. rid.^ se. 9.

Attendez. . . Doucement. . • Mon démon de musique

M*agitc et me saisit ... Je tiens du chromatique. - Rmsaid , Folieg mmomr, , U, 7.

if La cArofiuUtçiM, en peinture, c^cst le coloris, du grec ;^p^fia, couleur; en musiqiif. il y avait trois genres : la diatonique procédait par tons; V enharmonique, par demi-ton dièses; la chromatique, par demi-tons ncmolisés. - Voir Richblet, Fcbctièib.

crll y a trois espèces de Musique. Premièrement, la Diatonique estendue, ou molle: la deuxième Chromatique (c'est-à-dire), entonnée, ou molle, ou d'autant et demy, qui sont ses trois espèces; la troisième Enharmonique, c'est-à-dire parfaite harmonie, qui e^ trop pleine d'artifice et est seulement pour les doctes. Comme aussi dans la deuxième, U première est en usage. 7) - Le P. René François (René Bitïet), Etêay de$ Merv. de UneLf m-/i", 1636, p. 5 10.

Chute : La chute d'un sonnet, d'une phrase.

333 La chute en est jolie, amoureuse, admirable.

— La peste de ta chute! empoisonneur au diable. — JlfûcmiA., 1, 9.

Et puisque vous souflrcz , souffrez que je vous aime. N^cst-il pas vray, Madame, que vous ne vous attendiez pas à cette chnUT

Le Pats, Amitiét, amoun, etc., i665, p. agS.

Le sens, la chute, tout m^y paroit admirable. ,

La Font, IX, 9i3 : EpU, à M, GhriM,

Je. . . fis quatre couplets de chanson, dont la chute me paroissoit touchante et amoureuse. - Araepe et Simandre, 1673, I, p. 107-108.

Cl, ici, là.

* Voir ci-dessus, p. 3 00, Ceci ou Ce ci.

Circonstance , occasion.

1688 Et la chose sans doute est assez d'importance. Pour affecter (rechercher) la circonstance De Téclaircir aux yeux de tous. - Amph.y III, 5.

Circonstances.

La noblesse, de soi, est bonne. . . ; mais elle est accompagnée de tant de mauvaises circonstances qu il est très bon de ne s'y point frotter.

G. Dand.f I, 1.

CIRCULATEDR — CirOYEN 403

Les affaires et les actions des grands hommes, comme les statues, ont leur point de perspective : il y en a quUi faut voir de près, pour en bien discerner toutes les circonêtancet. - La Rocret., I, 76 : For.

Il faut éviter de Tenvisager (la mort) avec toutes ses cireotuiancei , si on ne veut pas croire qu*elle soit le plus grand des maux. - Id., I, aia.

Gomme les narrations en vers sont très malaisées, il se faut charger de dr~ conitancet le moins qu^on peut. - La Font., IV, i5i : Contei, Préf. de la a* part.

GiRGULATEUR, CIRCULATION.

Jamais il n^a voulu comprendre ni écouter les raisons et les expériences des prétendues découvertes de notre siècle, touchant la circula-' don du sang. . . — Tai, contre les drcidateurs, soutenu une thèse.

Mal. imag,, II, 5.

Je leur ferois bien voir par son systole et diastole le mouvement de la eirculatwn du sang. - Hactkrochb, Critp. méd., II, U.

le II s*agit ici de la découverte de la circulation du sang, due au médecin anglais Harvey en 16A8, et dont Thonneur lui fut longtemps contesté, comme on le voit par les Lettres de Guy Patin.

Greulateur, malgré Tautorité de Molière, n*a pas trouvé place dans le Diction, d$ VAead.

Citoyen, habitant, bourgeois d'une ville.

388 Hé bien! comment encor trouvez-vous cette ville? — Nombreuse en citoyens, superbe en bâtiments.

Éc. des Fem.y I, &•

Je voudrois demander à ce Monsieur Amolpbe (Ecole du Femmes) ou plustost à Élomire (Molière), s'il sçait bien que ce que nous appelons im grez est un pavé qu'une femme peut à peine soulever, et qui, par conséquent, estant capable aassommer un bomme tout d*un coup, ne doit pas estre jeté en plein jour par une fenestre, et surtout dans ime ville qu'il dit estre «r nombreuse en citoyens ji. - Zélinde, i663, se. 3.

i5 Apollon, citoyen de ces augustes lieux. - La Fokt., III, q5o : FM,, XII, la.

691 Les Troyens

Ont laissé de leurs murs la garde aux citoyens :

Leurs guerriers vont sortir. - ïd., VII, 619 : Achille, II, a.

Albe fut vaincue et ruinée; ses citoyens, incorporez à la ville victorieuse (Rome), l'agrandirent et la fortifièrent. ~ Bossubt, Hist, univ,, in-4*, 1681, p. 35.

Les Citoyens et les Etrangers admiroient la majesté des Rois d'krael.

Id., ibid,, p. 3i3. - Cf. Id., Und., p. 3a3, 3a6, Ago-Zigi, 5ii4, 55i, etc.

Au retour d'une cavalcade qu'il aura faite avec d'autres citoyens,

Li BiuT., I, 76.

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