‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 355 sur 455 · COEUR · texte numérisé non relu

COEUR

Rodrigue respoodoît :

Je n*ay que du carreau.»

Tâll. du Riiux, édit. de Moamerqaé et P. Paris, iii-8% II, p. S^S.

Coeur : tenir au coeur.

4e Voir Tenir au cœur.

Cœur.

Que craignez-vous? — Quelque vol de mon ccmr. — Prée. rid. , se. 9.

Votre œil en tapinois me dérobe mon cceur*

Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur 1 — Ibid. , ibU.

Vous avez plus de peur que de mal, et votre ccmr crie avant quon Técorche. — Comment diable ! Il est écorché depuis la tête jusqu au pieds. - Ibid. , ibid,

1761 Pourvu que votre cceur veuille donner les mains

Au dessein que j ai fait de fuir tous les humains. — Misanth. , V, &.

♦ De ces deux passages, où Ton voit un ccsur écorché delà îéte aux jneéê, et on eœv oui donne les mains, le premier a été certainement écrit par Molière pour rendre plus ridicule le langage de Mascarille; mais le second paraît lui avoir échappé : dmntr Im motnj est une locution consacrée qui n^a d'autre sens que cotitfnttr, acquMêcer,

Au sujet de la phrase de Mascarille, Bret écrit : «Gela rappelle ce qu*a dit de nos jours un écrivain (Marivaux) : «Frappez fort, mon cœur à bon dos.n

Rien de plus commun au xtii* siècle que le vol des cœur» : tous les poètes et les romanciers s^en sont plaints :

En ce jeu du bal , je vous ay dosrobéc , et , en la vérité de TAmour, vous m*avef desrobé et Tâmc et le cœur, - D'Urp^, L'Astrée, i6i4, 1, p. ù'jU*,

Lorsqu*Amour, mon cruel vainqueur, Cachant son (iel sous ses délices , Se fist le maistrc de mon cœur, Vous seuls en fustes les complices :

Vous avci introduit dans mon sein les voleurs Qui ravissent mon cœur sans qu'aucun le defiendc. Sccourez-le , mes yeux , avec Teau de vos plears , Car il vous la demande.

De Bbllar, trad. de la chanson espagnole : Socorreit, ojoê, con aguê, dans les Délicci de la Poéiie françaUe , Paris, T. du Bray, 161 5, p. 906.

Cachez-moy vos beaux yeux, belles dames, ils me font mourir; non, ne les rachoz pas! ils mo donnent la vie; si faites, car ils m'ont rari le cœur: mais non, car si on me le ravissoit, on me rariroit aussi Tasme.

SoRBL, Berg, extrav., 1697, p. 817.

Chers ennemis de ma franchise.

Beaux yeux, mes aimables vainqueurs.

Dites-moi qui vous autorise,

A dérober ainsi les cœurs, - Corn. , Ode sur un prompt amour, i63s.

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