COEUR M
Ménage, dans une de ses poésies italiennes, adressée à M'^* de Lavergne (M"** de Lafayette), dit de même :
Bellissima Laverna, Dolce ladra d'amore, Ghe mi nibasii il care Tosto che mi mirasti :
Deh I perche mel* nibasli ?
Tu demandes sans cesse, et sans cesse tu voles. Et tes moindres larcins s^estendent sur les ooBun,
Màllbtillb, Poéitet, 1669, ia-li\ p. 180.
Je crois estre obligé de vous donner mon cœur (poursuivit Amilcar). . • de sorte que, pour vous empescher de faire un larcin , j^aime mieux vous faire une libéralité. — Si vous connoissicz bien mon humeur, reprit-elle (Pasithée), vous ne diriei pas ce que vous dites : car, par un caprice dont je ne puis dire la raison, j*aime mieux ce que je dérobe que ce que Ton me donne. — Puis que cela est, répliqua-t-il , vous n'avez qu'à me rendre mon c(Bur aujourd'huy, et vous le déroberez demain.
M"* DB ScuD^RT, Oélie, t. I, liv. lil, p. 131 1. - Cf. 9* part., p. 999.
Bien donc, dit alors Belastre; puisque, sans vous toucher, il faut plaider contre vous, je veux intenter un procès criminel contre vos yeux, qui m^ont assassiné et ont fait un rapt cruel de mon cœur, - FuMTiiiiB, Rom, bourg,, p, 976, bibl. eizév.
Vous dont la voix est sans pareille, Et vous, son agréable sœur, Qui vous faites prêter Torcille Afîn de dérober les cœun.
Le Pays, Amitiéi, amoun, amourettei, i665, p. 985.
En jouant j^ai volé deux baisers de Silvie . . . Mais hélas I pour punir cette amoureuse envie ,
La cruelle a volé mon cœuri- Chantotu db Godlarobs, 1698, II, 976.
Le madrigal de Mascarille repose sur cette idée du vol des ecntn. Quant à la plaisante exclamation : «Au voleur! au voleur In, M. Ed. Fournier en cite deux exemples; le premier, antérieur à Molière, se trouve dans la Fleur dê$ chamoni nowvellei (Paris, 1616, p. 385) :
0 voleur ! ô voleur I ô voleur I Rends-moy mon cœur que tu m^as pris.
L^autre, postérieur à Molière, a été trouvé par M. Fournier dans Tappendice d^un reeaeU de Cantiqueê ipiritueli, publié à Lille en 1818, appendice avec pagination particulière, sous le titre : Imlructioru pour la religieusei, p. 39. M. Fournier a attribué le recueil et le cantique à Tabbé Pellegrin , et a provoqué ainsi des recherches qui n*ont pas abouti , aucune édition des cantiques de cet abbé ne contenant cette bizarre poésie. Nous pouvons dire même, sur la foi de M. Alph. Pauly, que l'édition de Lille, 1730, des Cantùfueê ipirituelê, suivis des Inslructioni pour Uè religieuaei, n'a plus les couplets en question, qui se chantent sur Tair Loin de moi, vaine iotipin :
Au feu I au feu I mes sœurs , Le Sainf-Esprit brûle mon cœur Et de son amour il Tenflâme.
Ah ! ah I ah I quoi me sert-il de crier ? Il est plus doux de consumer Dans les saintes divines fiâmes.
&16 GOËFFE
Au voieur ! au voleur !
Jësus me dérobe le cœur, Et je ne saurois le reprendre.
Ah ! ah I ah I que me sert-il de crier ? n entend si bien son métier Que Ton ne sauroit s'en défendre.
11 est bien certain que Tabbé Pellegrin n*a jamais dût de tels
Coeur (Mon), terme (Tamttié.
Vous savez, mon cœur, ce qui en est. — Oui ^ mon cceur.— Mal. imag,,l,6.
Je te prie , mon cœur, chante-nous un peu quelque chose.
Ghapelair, Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o, 111, p. hZ-j,
770 Mon cœur, ainsi le Roi, te refusant, t'oblige. - Goi5., Ciftl.^ III, 9.
♦ En 1660, remarque M. Marty-Laveaux, Corneille changea ce vers et mit :
G^est ainsi que le Roi, te refusant, t'oblige.
Les donzelles que les Messieurs, Faute d'exercices meilleurs, Appeloicnt mon petit cœur à gauche, Faisoient jour et nuit la débauche.
ScARROif, Virg, trav,, Paris, 1705, I, p. 997.
Sci|Tnour Jupiter qui tout voit ,
\ it le Monsieur et la Madame
Qui s'appelloient mon cœur, mon âme. - Id., ihid., p. 3ot.
Elle ne se servoit point de ces ridicules alliances de «ma Vie, num Cœur^ moa Astre , mon Ange ou mou Soleil n : et encore moins de celles dont usoit une personne qu'on m'a nommée, qui appclloit son Amant dans ses lettres «son Sou1a»0Q son Reronfortr). - Segrais, ni ouv, franc. , i656, a* Nouv,, p. a86.
Mon cœur, mon âme , mon soucy, Ma mie, ma mitte, ma moudlc. . .
Mon petit ange, ma guenon, Ma petite femme Junon, . . .
Mets un peu trêve à ta colère.
Dassoucy, Ovide en belle humeur, i65o, p. tho.
Hé I quoy, mon petit cœur, qu'as-tu ?
RiCBBB, Ovide bouffon, 166s, p. 3o6.
Mais vous verrez demain qu'on a peu de douceur A dlncr d'un ma vie, à souper d'un mon cœur.
Tn. CoR?i., D. Bertr. de Gg., V, IL
Va , mon cœur, va , m'amie , ,
Fais ton mari cocu pour lui 8au>er la vie. - MoifTFLBUBT, Ec. de» Jtdoux, 111,6.
Mon cœur, ta voix le charme ; il ne se sont pas d'aise.
Poissox, Foux divert., II, 9. - Cf. Id., t^.. Il, i5, et III, to.
COËFFE, COKFFER.
♦ Voir Coiffe, coiffer.
COFFRER — COHUE h\l
Coffrer, emprisonner.
1677 Par les soins vigilants de l'exempt Balafré,
Ton affaire alloit bien, le drôle étoit coffré. — L'£(., V, 1.
On ies coffra bon gré, mal gré, et le lieutenant demeura escumant, comme un porc, par la bouche. - Chapelain, Trad. de Guzm, d'Alfar,, i63o, 111, p. 983.
Quand mes créanciers me virent coffré , ils accoururent tous, et m'y arresterent et recommandèrent. - 1d., ihid,, 111, p. 336.
Quand on le coffreroit, la prise seroit belle.
Th. Coin., D. Céaar d'Avabê, 111, 6.
Dès demain, je les veux faire coffrer tous deux. - Poisson, Fatuc Moêcov,, se. *à.
S'il ne me paye pas aujourd'hui, je le ferai coffrer demain.
R16RARD, Retour imprévu, se. la.
Cohue, aufg.^ réunion confuse, tumultueuse.
Madame. . . dans un quart d'heure, nous pouvons passer dans la salle. — Je ne veux point de cohue , au moins. - Escarb., se. ti.
Maître iEnéas eut Tâme émue De voir celte grande cohue.
ScARRon, Virg. trav., Paris, David, 1705, 11, p. i35.
La mère, s'estant relevée,
S*en alla, comme une endevée. . .
Hors du logis, courant les rues j.
Et de cohueê en cohuee, - Righii, Ovide bouffon, 166a, p. AGa.
808 Un désordre, un cahos, une cohue énorme. -^ Rac, Plaid., 111, 3.
Nous l'avons rencontrée au l)out de l'avenue . . .
Avec Momus, tous trois suivis d'une cohue. - Rkgnard, Mariage de la Folie, se. a.
Quelle cohue est-ce donc , Mesdames ? Voilà un embarras terrible I Un enterrement, un troupeau de bœufs et deux charrettes de foin qui ne sauraient passer. Rbgrard et DupRéNT, se. des Carrosses, ajoutée à la Foire Saint-Germain,
# Dans le sens propre , on donnait le nom de cohue à un marché , et à ce marché pouvait se payer un droit de cohuage ; on le donna ensuite aux séances des juges pédanés qui 86 tenaient les jours de marché.
(tEs ordonnances de l'eschiquier de Normandie de i383, c'est l'assemblée des officiera justiciers, qui se fait en certain lieu et auditoire pour juger les procex. . .
fx Cohuage est un droit qui se prend sur les cohuee ou les marchez. . . On peut connoftre ce que c'est que ce droit par l'extrait qui suit d'un ancien aveu rendu en 1/173 au comte d'Anjou par M. de la Trimouïlle : «Item, somme de beurre venant de Bretagne «doit deux deniers d'entrée, maille de coutume et un denier de cohuage. . . n La cohue est donc un marché . . .n - Ragusau , Glou. du droit franc.
C'est dans ce sens propre d*assemblée de juges un jour de marché que le mot cohue est employé par Loret :
167 Prenez donc cet or promptement Ou je vous fais commandement De comparoir à la cohue, - Loirr, Mute hietor,, a6 septembre i653.