COMMENT — COMMERCE
Le même conte qu^il a commencé de faire à queiqu*im, il Tachève a cdui qiu prend sa place. - La Bbut., II, 58. {CoU, de$ Gr. Ecriv.)
3)e ffOn dit : t7 commença à. . , et il commença de. . . La première phrase est désagréable, mais, quelque rude quelle soil, Ton est plus pour elle que pour rautre.» -René Bâbt, Rhétor., 1676, p. aSg.
On trouve écalcment , dans Racine et dans La Bruyère , commencer à. — Mais laquelle de ces formes doit-on régulièrement employer? La question a été examinée par Vaogelas, le P. Bouhours, Ménage et L. Aleman. — Vaugclas exige commencer à, même au passé défini : t7 commença à; le P. Bouhours, qui était d'abord de son avis, en voyant commencer de dans nos meilleurs auteurs, dont il cite une foule d'exemples, finit par adopter cette dernière forme; Ménage pense qu'un peut dire indififércmment commencer à et commencer de, et prétend que, si le P. Bouhours a fini par admettre commencer de, c*est qu.il a connu son opinion : — «rLe P. Bouhours, dit-il, qui a su par des espions qu*il a auprès de moi, que je condamnois cette remarque de son livre des Doutée (où il préfère cmeameneer i), s en est dédit dans son livre des Remarquet.n — L. Aleman rapporte la querelle sans la résoudre. — L'Académie, dans ses éditions de 169/^, 1718 et 1760, ne se prononce pas, mais donne à la fois des exemples de commencer à et commencer de. En 176a, après avoir donné des exemples de commencer à, elle ajoute : ffil s'emploie pidqurfoU avec la prép. den. Même remarque dans l'éd. de l'ao vu (i79g)<« avec une nuance : fril s^emploie muà avec la prép. den. En i835 et en 1878, TAcadémie fait une distinction : v Commencer dt désigne une action qui aura de la durée : lorsqu'il commença de parler, chacun ae lut pour l'écouter; — on a commencé de bâtir sa maison. — Commencer à désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement : Cet enfant commence à parler. Ses nuits sont plus calmes; il commence à dormir.»
Nous ne demanderons pas à l'Académie si, quand on commence de bâtir, il ne doit pis y avoir du progrès, de l'accroissement dans la construction, ni si, quand on a des nuits plus calmes et qu'on commence à dormir, le sommeil ne doit pas avoir une certaine durée.
La vérité est que l'usage a presque complètement abandonné commencer de pour com^ mencer à, et ne se préoccupe guère des distinctions subtiles des grammairiens.
Comment, combien, à quel point.
Vous ne sauriez croire comment Terreur s'est répandue, et de quelle façon chacun est endiablé à me croire médecin.
Méd. malgré lui, III, 1.
* Malgré ces mots trde quelle façon?), qui semblent traduire comment dans son sens le plus ordinaire , il est évident que comment et même de quelle façon signifient ici «r jusqu'à quel point?).
Commerce, relations.
Oui, Monsieur, je veux faire amitié avec vous, et lier ensemble un petit commerce de visites et de divertissements. — Mar. forcé, se. 7.
67 On devroit châtier sans pitié
Ce commerce honteux de semblants d amitié. - Misanth,, I, t.
Un mot. — Plus de commerce. - Bourg, gent., III, 10.
Je vous déclare que je romps commerce avec vous.
Mal. imag., III, 5.
1 370 Le saog de mon époux
A ronipu pour jamais tout commerce entre nous. - Gorii., Pompée, IV, h,
1C9 Avez-vous en ces lieux quelque commerce? — Aucun. - Id., Sophonitbe, I, 3.
La Grammaire est le fondement du commerce et de la société , et si on sappe le fondement, l'édifice peut-il demeurer debout? La Politique peut-elle subsister sans la Grammaire?
Bàlxac, Le Barbon, dans Sallb5gre, Hitl, de P, de Montmaur, 9 in-8% 1715, II, p. 111.
Les sacrifices sont un commerce entre Dieu et les hommes.
Rac, VI, 969, Livrée ann.
Ce même homme, d^un comtnerce si ag^réable. - Id. , VII, 1 1 : Lett,,
Le rapport de nos fortunes . . . rendoit notre commerce agréable.
Là Roghbf., II, ho.
Il se couche assez tôt, se lève assez matin
Et n'a point de commerce avec le médecin. - Chahpmbsl^, Paritien, I, 1.
Quel est ce Monsieur, avec qui ma nièce a commerce f
Hadtbbochi , Le Cocher , se. 3.
Ni la Grèce, ni TAsie mineure, ni la Syrie, ni TÉgypte, ni enfin la piuspart des autres Provinces n'ont jamais esté sans guerre que sous l'Empire Romain; il est aisé d'entendre qu'un commerce si agréable des Nations servoit à maintenir dans tout le corps de l'Empire la concorde et Tobéissance.
BossuET, Hitt, univ,, in-/i% 1681, p. 533-53&. - Cf. Id., ibid,, p. 36, 59, .5i3, etc.
Sa palinodie (de Wiclef) devant le Concile. . ., la honte qu'il eût de sa lascheté . . . luy fit rompre commerce avec les hommes.
Id., Hist. de$ Var., 9 in-4% II, 1688, p. 984.
Vous entretenez si bien le commerce de mes amies , que je n'ai qu'à vous prier de le continuer. - Si?., VIII, 111. (Autogr,)
Une belle femme qui a les qualités d'un honnête homme, est ce qu'il y a au monde d'un commerce plus délicieux. - La Bbut., I, 376.
J'entretiens cotnmerce avec les anciens, et je fraye aussi avec les modernes.
Rbgnard, Coquette, III, 3.
:tc <r Je lui contai comme j'avois remarqué la sottise étrange qu'ils faisoient paroitre, usant À tous coups de sept ou huit mots afiectez entre eux , et qu ils croyoient s'être montrez bien habiles hommes quand ils disoient : indMtablement iU allarent, iU parlarent, voue ettee admirable. . ., vouf eetet dont le grand commerce du monde. . .rt - Sorel, Franeion, 1 633 ; édit. de Leyde, 1791, 1, 3âi.
vant
«Ne voyez-vous pas, dit Dorinice, qu'au lieu de ces mots que l'usée qa*un autre usage a bannis, on voit naître de notre temps. . . l'expression de manège, qui a quitté la chevalerie pour devenir une expression figurée des courtisans adroits; celle d'un bon commerce, qu'on a dérobée aux marchands pour exprimer que ceux k qui on rapplique sont gens avec qui on peut vivre commodément. »
Ce sens figuré existait en latin; Cicéron a dit, dans ses Tutculanes trcum Musis commercium habere». - V, 66.
Déjà aussi Malherbe l'avait employé :
Il répare en la contemplation des choses divines ce qu'il a accueilli de vicieux et de sale dans le commerce de l'humanité. - II , 119.
larBianuB ■*tiui4L«.
AS'i COMMÈRE DOLENTE (MA) — COMMETTRE
Un livre de Tabbë de Bellegardc est intitulé : Réflexiom mr ce qui peut plaire iIoju le commerce du monde.
Commère dolente (Ma).
89 Et je suis maintenant ma commère dolente, - Sgan., se. s.
* Aucun dictionnaire n'a relève cette expre^on, excepté le Diction, de Trévoux, qui cite le vers de Molière et ne donne pas d'autre exemple. On disait aussi ma commère l'entendue :
Du temps que ce drosle estoit auprès de ladite garde, et que sa marmitle bouilloit à ses despens, on n'eust osé luy dire bran en son nez, tant elle faisoit ma commère l'entendue. - Caqueté de V accouchée, p. J 65 , bibL elxév.
Commettre, confier.
1Û7 Je n'y veux point, Élise, employer cette lettre:
C'est un soin qu'à ma bouche il me vaut mieux commettre.
D. Garc.y I, I.
167 Jusqu'ici Dom Louis, qui vit à sa prudence
Par le feu Roi mourant commettre son enfance. - Ibid., I, a.
99 Elles sont sans parents, et notre ami leur père Nous commit leur conduite à son heure dernière.
Ëc. des Mar,y I, 3.
1 133 Reprenez le pouvoir que vous m'avez commit, - Gobk., Cinna, IV, 9.
338 Ils cominetlent a\ix flots celte douce espérance.
La FoifT., VI, p. 900 : Les Fillet de Minée,
37 CVsl à leurs doctes mains, si Ton veut les en croire,
Que Phœbus a commis tout le soin de ta gloire. - Dbspr. , Disc, au Roi.
1 198 ... Le sort d^Andromaque est commis à ta foi. - Rac, Androm,, IV, 1.
Ces sacrifices. . . ne faisoient qu'une partie de ces horribles iniquitez des Amorrhéens, dont Dieu commit la vengeance aux Israélites.
BossuET, Hist, univ.y in-A**, 1681, p. 193. - Cf. Id. , ilnd., p. 9o5, a36, 365.
Que peuvent sur les consciences des décrets de religion, qui, tirant leur force de Taulorité royale à qui Dieu n'a rien commis de semblable , n'ont rien que de politique? - Id., Hist, des Var,, 9 in-ii% 1688, I, p. Ai fi.
Commettre (Se), se confier.
t '108 Que vous dirai-je? Enfin cette aimable personne. . . N'a plus voulu son}fer à retourner chez soi, Et de tout son destin s'est commise à ma foi.
Ec. des Fem.y V, 2.
COMMISSAIRE /i35
Commettre (Se), se compromettre.
Tout autre, en votre place, ménageroit mieux sa réputation, et se seroit bien gardé de $e commettre comme vous faites.
Impr, de Ver», y se. t.
Deux de ses rivaux sont trop jaloux de leur rang pour «e commettre avec lui.
Goiif., V, 607 : Ép, de D. Sanche,
Lui, craignant de m commettre. . ,, W prit prétexte. . . - La Rochbf., II, 3s6.
Et rembarras enfin où je prétends le mettre
Peut nous venger de lui tous deux sans nom commettre,
MoTTFLBDBT, Trtgaudin , III, 10.
Il faut voir si Ton peut gagner son témoignage . . .
— Il faudroit que ce fût sans me commettre, au moins.
QciNAULT, Mère Coquette, II, a.
Les Calvinistes y députèrent (à l'assemblée de Poissy, en i56]) ce qu'ils avoient de plus habile, à la réserve de Calvin, soit. . . qu'il crust que son honneur fust mieux conservé en envoyant ses disciples, que s'il tejuet commie luy-mesme.
BossuBT, Hiet, de$ Var,, a in-&*, 1688, II, p. 63.
Il y a des gens d'une certaine étoffe ou d'un certain caractère, avec qui il ne faut jamais te commettre, - La Bbut., II, aa6.
Commettre quelqu'un à . . . , préposer à . . .
/i3& Mon maître Amphitryon ne m'a-t-il pas commis
A venir en ces lieux vers Alcmëne sa femme? - Amph.y 1, 9.
Je vous commets au soin de nettoyer partout. - UAv,, III, 1.
337 Allons commettre un autre au soin que Ton me donne.
Fem, sav,, I, U.
559 . . . Pour la conquérir (la Toison dW) qui s'ose haxarder
Trouve un affreux dragon commis à la garder. - Cou. , Toie, d'or, 1 , 5«
a Louez, pures intelligences, Le Dieu qui vous commet à gouverner les Cieux.
Id., IX, 167 : Office de la Vierge,
4> On trouve beaucoup plus souvent commettre à. , . avec un substantif, dans le sens de confier : commettre aux toine de quelqu'un ou commettre à qndqu'un le toin de, , ., que commettre à, , . suivi d'un verbe.
Commissaire.
919 Salut, Monsieur le Commissaire.
Votre présence en robe est ici nécessaire. - Ec, des Maris, III, 4.
Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges.
VAv., IV, 7.
â36 COMMODITE
« Il y avait des coinmiuairet de loute sorte : commùiotrei de raiiillerie, etc. Mak ici Harpagon veut parler de ces olTiciers qui portaient le titre de Cwnm%9Mxre9 eramwaitmi du Châtelet de Paris : des lettres de Philippe le Bel, en date du 18 décembre i3ii, W réservaient toutes les informations , enquêtes et auditions de témoins, à rexclusion de» auditeurs, notaires et greffiers. Des lettres de Giarles VI, du iâ juillet lâio, montrenl que leurs attributions se sont étendues; on y lit : «r Combien qu^eux et leurs prédécesseun esdits offices ayent exposé et exposent jour et nuit , tant à Paris comme dehors , et mesoiement lesdits examinateurs, leurs corps en plusieurs grands périls et fortunes, pour le bin et exaltation de nostredite justice , tant en suivant et faisant faire prinses manuelles de larrons, meurdriers, ravisseurs de femmes et autres malfaiteurs et autres délinquants oiminels, comme à enquérir la vérité des excez et delicts par eux commis et perpétrez tant par information qu'autrement. . . n - Giiard, Traité de$ officei.
Les committairet n^avaient pas seulement à poursuivre les «r ravisseurs de femmes* , comme dans Vbcole det Mari$, ou les «r larrons et mcurdriersn, comme dans PJmtv; diaprés Delamarre (Traité de la police, t. I,pafttm), ils étaient «du corps des juges*; ik subissaient «le même examen que les conseillers à leur réception»; ils portaient le titre de «conseillers du Roin; leur nombre avait été porté successivement de huit à seize, puisa trente-deux, quarante-huit et même cinquante-cinq. Ils veillaient à rcxécutioo des règlements concernant les halles, les marchés, et surtout les apports de blé; on trouvait dm eux les adrtisses des maçons, charpentiers et couvreurs de leurs quartiers re^>ectifs; ib avaient Tinspection du guet de nuit, la surveillance de la voirie, le soin des pauvres, de» devoirs périlleux en temps de contagion, etc.
Commodité : être en commodité de . . .
Marotte. Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis. . . — Madelon. . . . Dites : voilà un nécessaire qui demande si vous itet m commodité d'être visibles. - Préc. rid., se. 6.
* Somaize n'a pas manqué de relever cette expression. — Voir : «Ditcs-moy, si vous plaist, si Ton peut voir Madame? — Dites-moy, si vous plaist, si Madame eit em eommùdite d'iisirc visible.» - Grand Diction., p. lviii, t. I de notre édition.
Commodité; commodités de la conversation, sièges.
Vite, voiturez-nous ici les commodités de la conversation.
Préc. rid.y se. 9.
Tout ce jt)ur se passa do ces! c sorte . . . sans que le jeune Berger perdist une seule commodité de me faire paroistre son affoction.
D'UnrÉ, L'Aitrée, i6i4, I, p. SS** et 89'. - Cf. Id., ibid., 1, p. gi*.
Un jour qu'il la trouva à commodité^ il résolut de luy déclarer son affection.
Id., ilnd,, I, p. 97'.
Filidas, Amidur et le dissimulé Filandre arrivèrent dans la chambre de qui if$ fenestres f(»rnices nous donnèrent assez bonne commodité de cacher nos visages.
Id., ibid,, I, p. 186'.
J'ai baillé votre diamant ... à M. de Verrons ; . . . je n'eusse su choisir une plus sûre commodité. - Malh., Ill, 20.
L'homme par qui j'avois accoutume de vous faire tenir mes lettres n'étant pas en vos quartiers,. . . je ne pouvois tenter une autre commodité, - Id., IV, 188.