ASSAISONNER
— Cousine, que Madame a de jolis détours. Et que cet asMtionne asêaisonM un discours!
BouBSAUT, Portr, du Peintre, i663, se à.
367 La Satire, en leçons, en nouveauté fertile.
Sait seule a$âaiionner le plaisant et Tutile. - Dispb. , Sot, IX.
Que mes jours, qui sembloient au chagrin destinés.
De joie et de repos vont être asiaûonnSs! - Mortflbdrt, Trigaudin, I, /i.
n auaiiotmoU chaque parole de coups de pied contre les fauteuils, d*égratignures an visage. - Bâbon, Coquette, II, 6.
Ma princesse, ma belle dame, mon petit ange, ma reine, ma petite : ces mots ouateormA de quelques soupirs , il n*en faut guère davantage pour tourner la cervelle à plusieurs dames de ma connoissauce. - Id., Hom, à h. fort,, lY, 5.
Gy glt qui sçavoit Tart de rire Aux dépens de tout Tunivers, Et diouaisonner ses bons vers Du sel piquant de la satire.
(?) Dassouct, Épitaphê de Molière, à la suite de TOraîs. fun. de Molière par Devisé. - Nouv. coll. Moliéresque, p. 57.
Quand on fait du bien, on Vastaitonne d'agrément, et cela est délicieux.
SéviGTfé, 3o juillet 1677.
Mon cœur ... ne donnera point dans les hyperboles qui a$taiêonnent d^ordinaire les déclarations des amants; il ne luy échappera ni désespoir, ni sanglots, ni martyres. . . - D. . ., La Fille eçavante, 1690. - Th. ital., 1701, t. Ill, p. gô.
La vertu la plus néc^îssaire à une femme . . . , c'est un peu d'inconstance , aifat- $onn^ quelquefois de perfidie. - Regnard, Filles erratUee, II, 3.
Il faut , dans la vie ,
Assaisonner Tamour d'un peu de jalousie. - Id., Fol, amour,, II, 5.
Ah I fi , fi , Monsieur le Vicomte ! Je n'aime point ces soupirs-là. Les gens que je vois n'assaisonnent point leurs douceurs de tabac et d'eau-de-vie. - Id. , Hom à b, fort,, II, 5.
3(t Assaisonner^ c'est proprement et à l'origine «r conduire à la saison convenable , conduire à maturité, à point t» ; au mot assaxonare, Ducange parle de blé «ratlempr^sé et assaisonnée , et son exemple est du xv' siècle; au xvi* siècle, clii Bellay, dans son Élégie d^amour, se demande si
... Ne peut-on l'amour assaisonnfr Comme le fruict, et par art luy donner Maturité. . .
Vers le même temps, Paisgravo aurait donné à assninonner le sons de saisir, prendre possession de. , , trje l'assaysonueray en ses lerres, ou je le soyslray en ses terres -^ (p. 710 et 678, édit. Génin). Mais, malgré rautoritc de M. Godefroy, qui accepte la leçon de M. Génin, nous croyons qu'il faut lire ici : «Je Tassaysineray»; et la preuve, c'est que PaLngrave donne ailleurs, p. 707, saysonner ou assaysonner en appliquant le mol à la venaison; c'est, en outre, que le mol ne figure, avec le sens do saisir, ni dans Ducange ni dans de Laurière; c'est enfin que M. Godefroy cite plusieurs oxemplos du mot assaisiner ou saisir : ce qui montre la dlllorence des deux termes et la confusion où est tombée Génin soit en lisant 0 pour i, soit en maintonanl une faute do rédilion originale de Puisgrave.
Assaisonner a été pris ensuite dans le sens de <r relever la saveur par un coudimeul» : assaisonner un ragoût; et de là le sons figuré qu'on Iniuvo dans la phrase de Molière et