‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 144 sur 664 · OBSCURITÉ DE DISCERNEMENT — OBSÉDER · texte numérisé non relu

OBSCURITÉ DE DISCERNEMENT — OBSÉDER

Bien loÎD d*étre admirôs, ramper dans leurs esprits, . . . Malgré des vers, morbleu, des vers tout transportes. Cependant qu^un auteur, par des obicénitét, Passe aux yeux de la Cour pour un esprit fort rare.

MoHTFLBDBT, Procèt de la fimme juge et partie, se. 9.

Molière a ruiné tout ce que ce sage politique (Richelieu) avoil ordonné en faveur de la Comédie, et d'une fille vertueuse il en a fait une hypocrite. Tout ce qu*eHe avoit de mauvais avant ce grand Cardinal, c'est qu'elle estoit coquette et libertine; elle encoutoit tout indifféremment, et disoit de mesme tout ce qui iuy veiioit à la bouche ; son air lascif et ses gestes dissolus rebuloient tous les gens dhonneur, et Ton n'eust pas vu en tout un siècle une honneste femme Iuy rendre >isite. Molière fait pis; il a desguisé cette coquette, et sous le voile de Thypocrisie, il a desguisé ses obêcenitez et ses malices.

Di RoGHBMOTT (7 Babbirb d'Aucoub), Obterv. tur le Fett, de Pierre, i665, édit. Gay, p. 8.

Ils (les stoïciens) disoicul que Vobtcénité, pour parler ainsi, ne pou voit être que dans les mots ou dans les choses ; qu'elle n'estoit point dans les mots ; . . . qu'elle n'pstoit point aussi dans les choses.

Abttauld, Lettr. à Perrault (dans les Œuvr, de Despréaux, édit Saint-Marc, 1779; I, p. 353).

Moi, g.ossel Ah! quelle ordure!. . . Quelle obtcéiiite'I

Rbgxabd, Hom, à b.fort., I, â.

* Aucun dictionnaire ne donne ce mol avant celui de Richelet (1680), où il parait iree la mention suivante :

^Obieénité, Ce mot, non plus qu'o6«cèntf, n'est pas généralement reçu. 11 signifie paroles b1($, ordures.»

Dans le Dictionnaire de Bayle se trouve un Ditcourt tur le» obtcénité» ; le mot s'y rcnnolre d'ailleurs (voir la table) à chaque page.

tOhêcémt^. . , Je soutiens affirmativement que ce mot est très-bon et très-usité... Cest an reste comme parlent tous les gens de lettres, et je ne puis m'imaginer ce qui iroil donnéjieu au P. Bouliours de reprendre ce mot, si ce n'est cet endroit de la Cribfw de VEcole des Maris (lisez : de \ École des Femmcs),r>

MéxAGE, Observ,, 3* part., 1677, P* ^^-

ObSCURITK de DISCERNEMENT, locution précieuse.

Je ne saurois vous souiTrir cette obscurité de discernement

Crit. de VEc, des Fem,^ sr. 3.

Obséder.

Cesjjens. . . qui veulent que Ton les récompense d'avoir obsédé le Prince dix ans durant. - Impr. de Vers., se. 4.

1378 Monstres, disparoissez ; fuyez de ces beaux yeux

Que vous avez en vain obsédés en ces lieux. - (Iobx., Toison d'or, III, G.

L'épouvantable et laide trogne

De cette infernale carogne

OItsède inccssamnient ses yeux. - Richbr, Ovide bouffon^ 1669, p. 93.

170 OBTURANT — OGCISEUR

De bien près, ce me semble, il obMe Isabelle. - La Fomt., VII, p. 877.

Ces doutes indiscrets dont Fâme est oh$édée

De raflront qu'on se fait laissent toujours Tidée.

MoiiTPLBURT, ViUe capitaine, 111, 6.

Mon amitié, sensible à Tamour qui Vohêèdtf

Au mal dont il se plaint a promis le remède. - Id., Trigaudin, II, 9.

Elle Vobièdoit si entièrement qu^il ne connoissoit qu'elle. - SïiT., VI, p. s 36.

Obturant, fermant hermétiquement.

Pour remédier à cette pléthore obturante. - Paurc., I, 8.

Occasion, combat, rencontre, engagement militaire; au sing. ou au plur.

Il est vrai que nous nous sommes vus tous deux dans Yoccasion.

Préc, rid. , se. 11.

9 1 /i Comment se porte Amphitryon ?

— Madame, en homme de courage.

Dans les occasions où la gloire Tengage. - Amph. , 1 , 1 .

Il s^arresta là, luy contant sa naissance et les occaMtom où il s^estoit trouvé.

Chapblaiii, Trad, de Guxm, d^Àlfur,, i63o; II, p. 99.

io cherche toutes les occa$ion$ : je n*eo tends pas celles de la Rochelle ni de Montauban. . . - l\E«i Bart, La Comêd, det Cotnéd,, 1639; II, 9.

Je m*en vais te percer, si j'entre en action.

— On ni*a desjà percé : j'ai vu Yœcanon.

DoRiMOiTD, La Coméd, d» la Comdd,, 1669, se. 5.

Vous y venez vous battre ou vous promener? — Non.

— Ah I Monsieur, je voudrois que ce fût pour vous battre , Car, dans Voccation, je fais le diable à quatre.

MoNTFLBUBT, Ecole deê FiUee, I, 1.

Songez au plaisir qu'aura votre fils . . . d'avoir été à la première oceaeion où Monseigneur a commencé le personnage de conquérant. - Sév. , 3 novembre 1 683.

Gela est drôle, dàl à un jeune praticien comme moi d^avoir déjà vu une bataille. . . — Ohl parbleu, Monsieur, vous pouvez aller à toutes les occoftbni du monde comme celle-là,. . . vous n'y serez jamais blessé.

Rbgnard, Fûlet erranteg, I, 9.

OCCISEUR, tueur.

io85 Faisons TOlibrius, Vocciseur d'innocents. - UEt,, III, U.

:(c Du vieux verbe occire (lat. occidere, tuer), qu'on trouve encore dans les poésies burlesques de Scarron, Saint-Amant, Richer, etc., et qui s'est même conservé jusqu'à nous dans le langage populaire.

occulte — offenser (s ) de quelqu'un 171

Occulte : vertu occulte.

* Voir Sympathie, terme dVrméncutique.

Octroyer, accorder, procurer.

1879 Ciel, dans Texcès des biens que cet aveu ïn octroie.

Rends capable mon cœur de supporter sa joie I - D. Gare. , V, 6.

3 Louis, dont ce beau jour la présence m'octroie, . . - Malh., I, p. aSsi. 5]& Quel est ce grand secours que son bras nous octroie? - Rac, Alex,, II, q.

Œil : VOIR d'un certain oeil; le sing.pour hplur.

i38 Pignore de quel œil elle voit tout ceci. - Ec. des Mar., 1,9.

761 Pallas obéira. Seigneur. — ILide quel œil

Ma mère a-t-elle vu contraindre son orgueil? - Rio., Bril,, III, 1.

Je vous apprens donc que, si je suis mélancolique, c^est pour songer par trop anx beautez dWe de qui le bel csil m^enchante. — Quoy I c'est donc une borgnesse que Yous aimez, reprit Gecillc, car vous ne parlez que d'un œil. — Nullement, reprit Lysis; c'est que les bons poètes usent tousjours de cette phrase, encore que leurs maistresses ayent deux yeux, et, si vous en voulez une raison, c'est que les rayons des deux yeux se rencontrent comme s'il n'y en avoit qu'un , ou bien qu'il n'y a que Tun des yeux qui blesse et l'autre guérit. Aussi y a-t-il des amans qui duent que leur dame a le Soleil dans fun des yeux, et la Lune dans Tautre, et Ronstrd croit que Cassandre a Venus dans l'œil gauche et Mars dans le droit

SoRBL, Berg. extrav,, 1639; 1, p. ao/i; - Cf. In., Notée eur le Berg. extrav., au t. 111, p. 117-119.

Oui, de ton œil divin la beauté charmcresse. . .

— Bergor, un tel discours blesse votre maltresse. Voyez-la ; de ses yeux Téclat est peu commun ;

Tous deux savent charmer, et vous n'en louez qu'un ! Par quel tran^rt d'amour parler comme vous faites ?

— C'est pour m'accommoder au style des poètes. Ce style de tout temps leur est particulier,

Et comme eux, tout exprès, je parie au singulier, Mais sans dessein pourtant d'offenser ma bergère , Car de ses deux soleils l'un et l'autre m'éclaire , Et jurant qu'à charmer son bel œil est adroit. Je ne parie pas moins du gauche que du droit.

Th. Cork., Berg. extrav. , II, h.

Offenser (S') de quelqu'un, de quelque chose, se sentir

offensé, blessé de. . .

Une femme qui. . . s'offense de porter mon nom. - G. Dand.j I, 1.

Prenez la peine de mieux voir celui dont tous vous offensez.

UAv., V, II.

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