‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 151 sur 664 · OISON BRIDÉ · texte numérisé non relu

OISON BRIDÉ

Ce faux plaisant de la Cour, Oronte dit avec joye Que sa riche petitê-oye Luy fait honneur cha<pic jour.

BBésiup, Poé$. div., ïn-h% i658, p. 984.

. . . Qu^cu dis-tu 7 La seule petite oie, Me coule cinq cents francs, tout en belle monnoic.

Chappdzeau, Acad, des Femme», i66i.

Tel craint de donner dans une éloffe trop chère, qui, ajustant avec beaucoup de rubans une bien moindre , ne laisse pas de se trouver agréablement vestu : cVst ce qu^on appelle la petite oye. - Araspe et Simandre, 167a : i4tt Lecteur, p. m.

^ La petite-oie était Tensemble des accessoires, dentelles, rubans surtout, qui aidaient à relever la toilette. — Dans le Satyrique de la Court (1696), Tauteur se moque des aiUron$ :

U leur faut le satin en velours figuré ,

Autour des aislerone force bouton doré.

M. Ed. Foumier ( Var. litt,, III, 958) voit dans les qileront ces nœuds de ruban \9Tgtment étalés qui prirent plus tard le nom de petite oie. Cesi dans le même ordre d'idées que Ton donna a une autre partie de la toilette le nom de jabot.

On appela d*abord petite oie les abattis de Voie, ces moindres parties de Voie, et qui lui scrvoient de garniture :

Il n'y avoit si malotru laveur dWuelles qui ne fist proffit de la petite vie des poulies et des chappons. - Cuapelair, Trad. de Guzm. d'Alfar,, i63o; I, p. 190.

La garnissez de tous ses abatis, qui sont foye, jusier (gùier)^ aislcs et cjo\.

La Vadinrb, Le Cuisinier françaie, i659, p. 69.

On appela ensuite de ce nom les garnitures de Thabit, de la chaussure, du chapeau; puis toutes les choses secondaires qui se rattachent à une principale, comme dans rexemple du P. Cameau; enfin on Tétendit à toutes les menues faveurs accordées par la femme aimée à son amoureux.

Oison bridé.

Que veut-elle faire, cet oison bridé f - Escarb,, se. 2.

Ils avoient des monstres en leur religion plus prodigieux que ne sont des lièvres cornus et des oytom bridez. - Garasse, Doctr. cur., 1696, p. 6/ia.

Plus il la repeupla de moutons.

De coqs, de jars et de dindons, D^oyton» bridez, de chats sauvages.

Dassoucy, Ovide en belle humeur, t65o, p. 10.

Guy Guilot, médecin dVau douce, est un oieon bridé.

RicuBLBT, Diction., 1680.

>(c Selon Furetière : trOn appelle un oieon bridé celuy à qui on a passé une plume à travers des ouvertures qui sont à la partie supérieure de son bec, pour les empescher de passer les hayes et d'entrer dans les jardins, où il est permis de les tuer. . . C'est de là qu'est venu ce proverbe de paeeer la plume par le becn - Diction., 1690.

olibrius — ombrage 179

Olibrius.

io85 Faisons YOlibriuSf Tocciseur d'innocents. - UÉt.y III, &.

Ce Néron, ce Tiberius, Qui faisoit de YOlibrim,

ScABRON, Virg' trav,, Paris, David, 1706; I, p. 396.

« On connall deux OlAriuM : le premier, eouvemeur des Gaules sous Fempereur Dedos, en s5o, ne put décider sainle Marguerite 4 renier la foi chrétienne et à Tépouser. Rerêtn d*nn pouYoir absolu, en 97 4, sous le règne d*Aurélien, sur toute la Pisidie, en Asîe ICneore, il se vengea de la résistance de sainte Mai*guerite en la faisant mourir et en massacrant les chrétiens. Un second Olibriuê, sénateur romain, était gendre de Tempcreor Valendnien IH, dont il épousa la fille Placidie. En /179, Tarien Risimer le fit prodamer empereur. Dans les trois mois qu*il régna, il montra une complète incapacité. ~ Motén, Dietùm,; Tahbé Tcrr, Matinées Smonoitet, n* i65.

Ombrage, soupçon, inquiétude.

95& Ik TOUS révèrent trop. — Quand d'un injuste ombrage

Votre raison saura me réparer l'outrage. . . - Z). Gare, 1,3.

1378 Et que de votre esprit les ombrages puissants

Forcent mon innocence à convaincre vos sens. - Ibid. , IV, 8.

iSg Qu^injustement de lui vous prenez de Yombrage!

Misanth., II, 1.

Celui-ci est en ombrage, parce qu'il voit que tout lui succède.

Malh., II, p. &35.

iSo3 Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de Vombrage,

GoBN., PoL, V, 1.

Oui, vous dis-je, cessez d'en prendre de VonUfrage,

Th. Gobh., D, Bertr, de Cig. , III, 1 ; - Cf. Id., Amour à la mode, I, 3 ; IV, &.

Tout ce qu'il voit luy fait ombrage; Tout ce qu'on dit le décourage.

ScARRON, Ftrg. trav., Paris, 1706; II, p. 978.

La présence de Lysandrc m*a éclaircy de toutes choses. — Il ne faut pas que Lysanore vous donne de VonUrrage, - Subugst, Faune Querelle, 1668; II, 5.

Un rien lui fait ombrage, — Et tu t'en mets en peine?

MoRTFLKURT, Coméd.poète, III, 1.

3So Madame Bourilion me donne de {'ombrage.

La Fort., VII, p. 307 : RagoHn, II, 3.

59 S Qu'Octavie à vos yeux ne fasse point d'ombrage. - Rac, Brit., II, 3.

Le Landgrave et les Protestans prirent les armes sur de vains ombrage»,

Bossun, AverL aux Proteêt., in-6% 1689-1691 ; V, S 6, p. !i8&.

t80 OMBRE — ON

Ombre : a l'ombre de . . . , à l'abrî de ... , sous la protection de. . .

Si le maître vous i*c vient, le valet ne me l'evient pas moins, et je souhaiterois que notre mariage se pût faire à T ombre du leur.

Bourg, genUy 111, 7.

3o3 Le Prince à mes côtés feroit dans les cotnl>ats

L^essai de son courage à Vombre de mon bras. - Oorr. , Cid. ,1,3.

1 1 1 â Ils conjuroienl ce Dieu de veiller sur vos jours, . . .

De mettre votre trône à Vombre de ses ailes. - Rac, Etth,, III, â.

Ombre, appareuce.

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