‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 152 sur 664 · Mais aux ombres du crime on prête aisément foi · texte numérisé non relu

Mais aux ombres du crime on prête aisément foi

Misanlk., 111, U.

999 Vos mines et vos cris aux ombres d'indécence

Que d'un mot ambigu peut avoir Tinnocence. . . - Ibid.^ ibid.

/il Un sourcil trop sévère, une ombre de fiorté

M^eûl peut-étrè à vos yeux rendu ma liberté. - Coa?i., X, p. i65 : Pàêe. dw,

00 Suivez jusques au bout une omffre qui vous flatte.

La Fo9t., II, p. i65 : Fabl., Vil, i:i.

568 Vous devez à ses pleiu^ quelque ombre de pitié. - Rac , Phèdre, II, 3.

On ou l'on , pronmn indéfini.

1** On, équivalant à un nom féminin indéienniné : une personne quelconque.

Par le moyen de ces visites spirituelles, on est instruite de cent choses qu'il faut savoir de nécessité. — Préc, rid.y se. 9.

2** On , représentant un nom féminin détenniné; dans F exemple citéy Gélimène.

836 Je suis le misérable, et toi le fortuné :

On a pour ma personne une aversion grande. — Misanth,^ III, 1.

3** On, représentant la i^' personne du singulier : je.

1887 Tartuffe. Ou m'a dit qu'en ce lieu vous me vouliex parler.

Elmire. Oui, ton a des secrets à vous y révéler. - Tarf., IV, 5.

i5ig Elhirr. I^ faute assurément liVn doit pas élre à moi. Tartufpb. Oui, Madame, on s'en charge. - TarU, IV, 5,

817 AciSTE. Quelque rare que soit le mérite des belles, Je pense. Dieu merci I qu'on vaut sou prix comme elles. Que pour se faire honneur d'un cœur comme le mien. Ce n'est pas la raison qu'il ne leur coûte rien. - Misanth.y III, 1.

1199 Elia^itb. S'il falloit que d'un autre on couronnât les feux. Je pourrois me résoudre à recevoir ses vœux. - Ibid. , FV, 1 . ^

Pauvre Géronte!. . . En vain je cours de tous côtés pour le pouvoir trouver. . . Il faut qu'il soit caché en quelque endroit qu'on ne puisse pas deviner. - Fourb. de Scap., II, 7.

i5] CuTANDRB. Et j ose maintenant vous conjurer. Madame, De ne vouloir tenter nul effort sur ma flamme . . . Arsiakdb. Ehl qui vous dit. Monsieur, qU^ Ton ait cette envie. Et que de vous enfin si fort on se soucie? - Fem. sav.y 1,9.

3i3 Bblisb. Il suffit que Fon est contente du détour

Dont s'est adroitement avisé votre amour. - Ilnd.y I, &.

hli^ Philami:«tb. Voudrois-je la chasser, et vous figurez-vous Que pour si peu de chose on se mette en courroux?

Ibid., II, 6.

4** On, représentant la i''' personne du pluriel : nous.

3(i5 Nous serions au logis beaucoup moins sûrement : Ici de tous côtés on découvre aisément, Et nous pouvons parler avec toute assurance. - Dép. am.^ II, i.

5® On, représentant la a* personne du pluriel : vous.

781 Que voulez-vous de moi? — Je veux que ton m'écoute,

Vous ai-je dit vingt fois, quand je parle. — Haï sans doute.

Dép, /im., Il, C.

iSgG Ah! que vous savez bien ici contre moi-même. Ingrate, vous servir de ma foiblesse extrême!. . . Parce qu'on est surprise et qu'on manque d'excuse. D'un offre de pardon on emprunte la ruse. Votre feinte douceur forge un amusement Pour divertir l'effet de mon ressentiment. - D, Garc.j IV, 8.

706 VàLi^RE. Cest donc ainsi qu'on aime? Et c'étoit tromperie

Quand vous... — Mariank. Ne parlons point de cela , je vous prie.

Tart.Al.ii.

1195 Oroon. Et je vais me hâter de lui donner ma fille. . • Dahis. a recevoir sa main on pense Tobliger? Orgon. Oui, traître, et dès ce soir, pour vous faire enrager.

Tart.y III, 6.

ii3i Allons, qu'on se rétracte, et qu'à Tinstant, fripon. On se jette à ses pieds pour demander pardon. — Qui, moi? - Ibid., III, 6.

1119 AasiNoé. Si vous ne voulez pas être désabusé . . .

Algeste. Non; mais sur ce sujet, quoi que ton nous expose, Les doutes sont fâcheux plus que toute autre chose; Et je voudrois, pour moi, qu'on ne me fit savoir Que ce qu'avec clarté Ton peut me faire voir. . . ARSiNoi. Oui, je veux que de tout vos yeux vous fassent foi.

Uisanth.j III, 5.

6® On, représentant la 5* personne du singulier masculin : il.

i38i Elmirb à Orgon. C'est à vous d'arrêter son ardeur insensée. . . Et. . . Lon vient. Tenez-vous, et gardez de paraître.

Tart., IV, 6.

'¥ On, c'est Tartuffe, qui arrive en effet.

7** On, représentant une 5* personne du singulier féminin : elle.

5&7 Vous pensiez bien trouver quelque jeune coquette?. . .

Vous voyez de quel air on reçoit vos joyaux. - Éc. des Mar. , Il , 6.

if On, c*est Agnès.

836 Je suis le misérable, et toi le fortuné :

On a pour ma personne une aversion grande. - Misanth.y III, 1.

♦ On, c'est Gélimène.

8** On, l'on, vagues y représentant quelqu'un, certaines gens, et, avec une négation^ personne.

giS 11 ne veut point souffrir que Von le désabuse.

UEl, III, a. - Cf. ilnd,y IV, 1, vers 1269, 1270.

588 Un cœur ne pèse rien alors que Von l'affronte.

Dép. Aiii. , II, li.

I 387 On m'a dit qu'en ce lieu vous me vouliez parler.

Tart. , IV, 5 , etc.

♦ Noos ne pouvons donner d'exemples pour les emplois si variés de on : la 'série en serait innombrable ; nous ferons cependant une exception pour le curieux passage suivant :

Il (Garasse) me respondra dans son Apologie (rqu'On moostrapar des recherches que les Jésuites avoient dequoy se ressentir contre Pasquier. Oif liiy adresse le paquet, etc.9> De tout cecy j'apprends la Seigneurie de Garasse et son nom de guerre, qui est On. De sorte que si désormais On dit que les procureurs sçavent bien plumer les poules Angoumoisines ; si On se fait traitter honnorablement dans le Cormier (dans le cabaret de Cormier); si On cherche les repeues franches de tous costez, si On presche, si On escrit, si On prophane TEscritûre Sainte, si On médit, si On injune, si On raille, si On lit les autheurs profanes, si On s'enquierl de ce qui se passe aux cabarets aut Ulic quod dicere nolo (pour me servir des mots de nostre Pédant (Garasse) en son Apologie de Poitien, p. 1 5g), si On fait des pis qu*il peut, il ne faut pas demander qui est ce grand personnage qui s'appelle On : c'est le P. François Garasse. - Dejfence pour Eet. Paequier, 169^, p. ASg-Ago.

9^ 0?i, L0?i, vagues f ayant un attribut au plurieL

SsS De tous vos façonniers on n'est point les esclaves. — Tart., I, 5.

Ils ont amassé du bien à leurs enfants, . . . et Ton ne devient guères si riches à être honnêtes gens. - Bourg, gent,, III, 12.

10° Oîi, employé dam une même phrase pour représenter des personnes différentes.

On (je) n'ignore pas que souvent on (certaines gens) Ta détournée de son emploi (la philosophie). . . Mais on (d'autres) ne laisse pas pour cela de faire les distinctions qu'il est besoin de faire; on (ces autres) n'enveloppe point, dans une fausse conséquence, la bonté des choses que Fon (certaines gens) corrompt avec la malice des corrupteurs; et, . . .puisque Pon (le monde) ne garde point cette rigueur à tant de choses dont on (certaines gens) abuse tous les jours, on (le monde) doit bien faire la même grâce à la Comédie. - Préf. du Tart.

i5o7 ^l'HiRE. Enfin je vois qu'il faut se résoudre à céder, Qu'il faut que je consente à vous tout accorder, Et qu'à moins de cela je ne dois point prétendre Qu'on puisse être content et qu'on veuille se rendre. . , Mais puisque Ton s'obstine à m'y vouloir réduire. Puisqu'on ne veut point croire h tout ce qu'on peut dire Et qu'on veut des témoins qui soient plus convaincants, Il faut bien s'y résoudre et contenter les gens. - Tart. y IV, C,

* On est ici volontairement amphibologique. Elmirc s*{ ridié sous la table, pendant que Tartuffe croit qu^efle s^adr

^adresse réellement à Orgon,

'adresse à lui; on conrient k l'un

comme à Tautre. Mais dans ce vers :

. On no veut point croire h tout ce qu'on peut dire.

le premier on repréflenle Orgon pour Or^n, ot Tartuffe pour Tartufle; roaifi lo s.vond équivaut kjt, à moi, Elmire.

191 Et d'un cœur qu'on vous jette, on vous voit toute fière.

Fem. $av.^ I, 9.

* Le premier on désigne Ciitandre, et le second, Armande, qui parle.

* On était i ia mode. Le P. Bouhours dit à ce sujet :

«On se dit à toute heure dans un sens nouveau. Car, pour dire : trje vous en serai ftobli^; je feray mon devoir; n*oubiiez pas, au moins, ce que je fais pour vous», nous disons, en pariant et en écrivant familièrement aux personnes qui nous sont égales ou inférieures: 9 on vous en sera obligé; on fera son devoir; n oubliez pas, au moins, ce «qu^on fait pour vous.n Ce ne seroit pas estre juste dans le langage que d^user de cette expression à Tégard des personnes qui sont au-dessus de nous.» - Aritle et Eug,, 1671 ; édit. 1673, p. 10&-105.

Dans un autre ouvrage, le P. Bouhours revient sur on :

(rDeux on dans la mesme période avec divers rapports. Exemple : «On peut à peu près «tirer le mesme avantage d*un livre intitulé : Roma êubterranêa, et des autres où on a gravé ffce qui nous reste des antiquitez de cette première ville du monde.» V.e n^est pa^t ârrire nettement que de mettre ainsi deux on qui ne se rapportent pas à la mejtme personne. Le premier on tient ia place de maûtreë, car il s'agit de maistres qui instruisent les enfants. . . Le second on n*a point de rapport aux maistres qui instruisent les enfants, car ce ne sont pas eux qui ont gravé dans ces livres ce qui nous reste des antiquités Romaines.» - R§m, nouv, êw la langue franc,, 1676; édit. 168a, p. aAo-a&i.

Ménage se moque de la règle établie par le P. Bouhours. Après avoir cité ce passage et un autre où le savant Jésuite condamne la répétion de avec ayant deux rapports oifférents, il ajoute :

«Ces deux remarques sont si visiblement ridicules, que c^est les avoir suflBsamment réfutées que de les avoir rapportées. Et après cela, le P. Bouhours trouve mauvais que j'aye dit, au sujet de semblables remarques, que Téloquence n'est point vétilleuse!)» - Obterv, tur la langta franc. , 3* vol., 1676, p. 63 1-639.

Le bon sens et Tusage ont heureusement donné raison au P. Bouhours; pour s'en convaincre, il suffit de citer cette phrase amphigourique de Bossuet : «r A quel iige doit-on recevoir la Confirmation 7 — On la donne orcunairement lors qu'on commence à avoir Tâge de la raison.» - Bossubt, Catéch. de Meaux, in-ia, 1687, P- ^^*

Vaugelas s'est occupé de on , Von^ mais seulement au point de vue de l'oreille. Quand doiton employer l'un ou l'autre? Selon lui, «tt on blesse 1 oreille»; cependant, dans le cas où Von serait suivi d'un mot commençant par l, par exemple : «tt Von le veut», il faut dire et on, L'Académie française, dans son commentaire, trne croit pas que ia plus grande perfection de la langue demande qu'on dise et Von plustost que tt on. Il seoîble au contraire qu'il y a quelque chose de trop affecté à dire toujours et Von.r> Elle remarque ensuite que I oreille supporte toutes les voyelles après ai : «5t, à ce qu'on dit. . . , n elle veut dire ; «t, imprudemment, vous tombez. . . ; <i un homme. . . » — Pourquoi donc pas et onf

Dans une autre Retnarque, Vaugelas dit encore :

«On et Von se mettent devant le verbe. On se met devant et après le verbe; Von ne se met jamais après le verbe, que par les Bretons et quelques autres provinciaux; et t-on se met toujours après le verbe. On dit et Von dit sont oons; mais on dit est meilleur au commencement de la période. Si le verbe finit par une voyelle devant on, prie-on, alla-on, il faut prononcer et cscrire un t entre deux, prie-t-on, alla-t-on, pour ester la cacophonie, et , quand il ne seroit pas marqué , il ne faut pas laisser de le prononcer, ny lire comme lisent une infinité de gens vallih^n, a//a-i/», pour naUa-t-on, alla-t-ih. Il est vray qu'en

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