‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 201 sur 664 · PÉCHÉS — PÉCORE · texte numérisé non relu

PÉCHÉS — PÉCORE

PÉCHÉS : METTRE AU RANG DES VIEDX PÉCHÉS, locution.

issS Et mettons notre amour au rang des vieux péchés.

Dép, am., IV, 2.

i365 Oq a beau nous aimer; des pleurs sont tôt séchés,

Et les morts soudain mû au rang de* vieux péchh, - Cobr., La Veuve, IV, h.

PÉCORE, bête, animal.

iiiiS J'aimerois mieux cent fois être grosse pécore, — UÉt,y I, 9: Vous n'êtes et ne serez jamais qu*une pécore. - Mar.farcéy se. /î.

Le second degré d*esprits, à son dire (au dire de Charron), sont les esprits communs qui ont un peu plus de sens que les pécore» de la popidace.

Garâssb, Ddcir. cur,, i6aâ, p. aS ; - Cf. Id., ibid., p. 65.

Un grand pin servit de bâton A ce Polyphème glouton.

Et pourtant il plioit encore, Tant pesante cstoit la pécore.

ScABBON, Virg. trav., Paris, 1706; I, p. 967 ; Cf. Id., Und.; I, p. aoS et 3A7.

Cette pécore malheureuse,

D*une humeur timide et peureuse,

N^osoit seule gister au bois.

RicBEB, Ovide bouffon, 1663, p. i95;-Cf. lD.,t6û2.,p. 963et677.

317 Que si cette pécore

Fait le honteux, envoyez sans larder

M*en avertir, car je me vais coucher. - La Font., V, p. 58 : Contée, III, 9.

Est-il riche en bon sens 7 — Eh I . . . — C^est quelque pécore.

MoHTPLBUBT, Ambigu corn., a* interm., se. 7.

Il ne sçait ce qu*il dit. Que dites-vous, pécore f

La Thuillbbib, Criâp. précepteur, se. i3.

Au diable \ei pécore, avec ses visions! - Rbonabd, Le Bal, se 18.

La sotte pécore qu^un homme qui a le mariage en tétel - Id., Coquette, II, 5.

♦ Loret emploie le mot conmie substantif et conmie adjectif; comme substantif, il le fait masculin ou féminin indifféremment :

9 1 5 On void en Angleterre encore

Se remuer mamte pécore. - I^bbt, Muze hietor., ik janrier 1669.

Ag Mais on ne sçait pas bien encore

Si cet audacieux pécore

Parie ou non comme homme sincère. - Id., ibid,, 19 février i65i.

39 Et Tautre jour, certain pécore Qui faizoit bien de Ten tendu , Dizoit qu'Angers étoit rendu. - Id., ibid., 10 mars i65a.

169 Je Tay dit et redis encore

Que je ne suis qu'un franc pécore

Touchant Tari de bien inventer. - Id. , ibid, , 1 9 juillet 1 659.

PÉCORE — PEGQUE (UNE) 247

186 En Angleterre, rnatiiX pécore

Voudroit se soulever encore. - Lobbt, Muze hùtor,, a 8 octobre 1669.

i5(j Mais s'ils n'avoient d'autre suport .. . Que celte opinion pécore, Ils altendroienl longtemps encore. - Id., ilnd,, 1" janvier i65i.

984 Mon esprit, quelquefois p^or», Mon esprit, quelquefois landore, Quoy que souvent il s^ëvaporc , Toujours de vous se remémore. - Id., ibid., 3 août i658.

Car il faut de ceci faire une comédie.

— Vous sçavez composer ; travaillez-y. — Moy ? diantre ! Je n*ay garde. — Et qui donc la fera comme il faut 7

— Un amy que je sçay, qui s'appelle Boursault.

— Je le connois : pécore I — 11 est bien- chez la Muse.

— 11 s^amuse à la Muse , et la Muse Tamuse.

— Mais les vers de Boursault sont assez bien chobis.

— Je le soutiens, Madame, un butor parisb. Une grosse pécore, une pure mazette.

BouBSADLT, Portrait du Peintre, i663, se 8.

PECORE : ALLER À LA PECORE , terme de chasse : aller en quête de la bête.

55g Mes cbi^is me quittent tous et wmt à ma pécore. - Fâch., Il, 6.

Pecque (Une).

A-t-on jamais vu, dites-moi, deux pecques provinciales faire plus les renchéries que celles-là ? - Préc. rid. , se. 1 .

n vid bien que je disois vray, comme ccluy qui sçavoit assez, pour Tavoir desjà veu . ce que la pecque pouvoit faire.

Chapelain, Trad, de Guztn, d'Al/ar., i63o; III, p. 39 1.

Je t*imposeray le respect, Vieille pecque des plus fâcheuses.

ScARBON, Virg. trav., Paris, 1706; II, p. aâ/i.

* D nous parait hors de doute que Molière a dit deux pecquee, comme il aurait dit deux P^oret; c*est éridemment dans ce sens que le mot reparait dans Hamilton, et Richelet Ta compris ainsi :

La belle Stewart épousa le duc de Richmond ; Tinvincible Germain , une pecque provinciale. - Hamilton, Afem. de Gram., 1713, chap. xi, p. h^b.

Cependant Furetière ofifre une autre explication : ftPec, adj. masc., est une épithète <|Q*oQ donne au hareng fraîchement salé. Ou tient le hareng pec fort sain. En vieux fran- {*is«pee signifiait un vieux cheval, et pec signifioit aussi un sot. On dit encore quelquefois pv injure à une femme que c^est une pecque, pour dire que c'est ime maladvisëe.»

U moi pec, appliqué au hareng, est encore français et Ggure dans toutes les éditions ^ Dictionnaire de 1 Académie. Le Diction, de chaste et de pèche (1 769) donne le nom de

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