‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 226 sur 664 · PEUR DE... PHÉBUS · texte numérisé non relu

PEUR DE... PHÉBUS

Peur de ... , par peur de . . . , om de peur de . . .

207 J'enipêcbe, peur du chat, que mon moineau ne sorte.

bc. des Fem.y I, a.

* Cette locution populain^ esl mise par Molière dans la bouche d^AIaiu , un paysan.

ff Peur, pour dire de peur, est insupportable; et neautnioins je vois une infinité de gens qui le disent, et quelques-uns de^^jà qui Tescrivent. Il y a longtemps que Ton a dit et escrit crainte pour de crainte, qui est une faute condamnée de tous ceux qui sçavent parler ci écrire; mais peur y pour de peur, esl plus nouveau, t»

ViUGELAs, cdit. Gbassang, I, p. 11 A.

«Je ne le condamne pas, dit Patni, mais, à mon ad vis, il n en faut user qu^aux endroits où il faut presser le discours; comme dans une confirmation on pourroit dire : «rmais qu^un afils, peur ci'cstrc obligé de secourir son père, ait pris un autre chemin. . . »

Id., I, p. ii5.

«Peur, pour dire de peur, paroit monstrueux à M. Chapelain; c'est ainsi qa'ïl s^en explique. Crainte, pour dire de crainte, n^est pas une moindre faute.» - Th. Cork., dans le ViCGELis, édit. Chassang, I, p. 1 15.

a 11 n^est pas permis , par exemple , de dire : txpeur de luy déplaire , pour de peur de iuy a déplaire, quoyque la répétition de la particule de paroisse blesser Toreilic; mais dans le (rdiscours familier, on dit fort bien crainte de pie, crainte d'accident,}) - Agad. FnAxç., Comment, $ur Vaugelat; Yaugblas, édit. Chassang, I, p. 11 5.

Phébus.

885 II en lient, le bonhomme, avec tout son phSus.

Ec. des Mai\, 111, 2.

G5 II faut feindre des maux, demander guérison.

Donner sur le phébue , promettre des miracles. - Cobn . , MéUte , 1 , 1 .

Mais tout beau, petite camuse,

Musette travestie en Muse I

Te siéroit-il bien , par ta foy.

De donner sur le quant à moy ?

Toy qui n'es rien qu'une soubrette,

Et mal polie et mal adret e ,

Parle colihets et rébus.

Mais laisse-moy le Phébut, - Brédbup, Poes. div., in-/i°, iG58, p. 170.

Nicodème estait un grand diseur de beaux mots, de pointes, de phœbut et de galimathias. - Forbtièoe, Rom, bourg., édit. Jaimet- Picard, I, p. au.

«Ne remarquez-vous pas du phœbut dans tout ce qu'il dit, depuis qu'il se mWe d'êtpc poète?» - Baron, Rendez-vous des Tuileries, Prol., se. 8.

Vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid; que ne disiez-vous : tril fait froid 7» . . . Une chose vous manque, Acis, à vous et à vos semblables les diseurs de phébus, . . ; une chose vous manque, c'est l'esprit. - La Brut., 1, p. 217.

Eutr'autres , ce marchand , pour ses deux mille écus , N'est pas homme à \ouloir se payer de phœbus.

J.-B. Rousseau, Flatteur, U, 1.

PHEBUS — PHILOSOPHE

Pifain : MUia paiii», parier le langage ridicnlisé sons le nom de phébu$.

Je suis 8ça vante, oui. Vous ne le croyez pas? Je vous veux monslror que j^ay quelquefois lu les bons livres , où j*ay appris à parler phébu$,

SoBEL, Francien, lîv. II, p. ii3.

liai qu*il est plaisant I. . . U parlé phébui comme un maistrc es arts!

Id., Polyandre, iiv. I, p. 56; - Cf. ibid., II, p. 38/i.

Quoy! tu dis des bons mots comme les beaux-esprits? Quoyl tu parUê phétnul qui t'en a tant appris?

Bois-RoBERT, Apparencei trompeuêeë, 111, 9.

Ces jeunes advocats

Pour montrer leur sçavoir expliquent des rébus; Pour paroistre sçavans, ils nous parlent phébui.

Chevreau, VAdvocat duppé, se. dem.

Rien n'est plus vicieux que de faire dire à l'Amour de ces phrases relevées, obscures et fastueuses, qui approchent extrêmement du galimathias pompeux, et dont 00 accuse quelqu'un quand on dit qu'il parle phébue,

La MESNABDièas, La Poét., in-^% i6âo, p. 378.

Cette Archeanasse approdioit de la décrépitude ; en cet estât, il n'y avoit plus de moyen de chanter qu'elle cstoit l'Aurore ni le Soleil, et cependant il falloit se mettre sur le haut stile et parler phœbnt. - Sarasin, Œuvr,, a in-â% i656; 1, p. 167.

5 Je croy que souvent, à ma honte, Vous trouvez bien peu votre compte Dans mes gazettes de bibus.

Où, par-fois, ÎQ parle ph^nu, - Loret, Muze histor,, ih octobre 166s.

« Le phênUf c'est le langage à la fois obscur et prétentieux.

rDîsoDS aussi, pour ce qui regarde la langue, que le Nerveze (le style de Nerveze), le fafimatbias et le phœbue ne reviendront point, par* la raison qu'il n'y a rien de plus opposé à cet air facile, naturel et raisonnable qui est le caractère de notre nation, et eomme Tâme de notre langue. ?> - Bodhours, Arùte et Eug,, a* édit., 1671, p. 177.

Philosophe, adjecUf.

97 Ce chsigrin philosophe est un peu trop sauvage. - Misanih,^ I, i. 166 Mon flegme est philosophe autant que votre bile. - Ibid.y ibid.

1738 Et que peu philosophe est ce qu'il vient de faire I

Fem. sav., V, i.

169 Excusez si cet apostrophe

Vous semble un peu trop philosophe,

Loret, Muze histor,, 3i mars i663.

Quand ils (Platon et Aristote) se sont divertb à faire leur Loi et leur Politique, Es l'ont fait en se jouant; c'étoit la partie la moins philotophe et la moins sérieuse de leur vie; la plus philoeophe étoit de vivre simplement et tranquillement.

Pascal, Peneées, édit Molinier; I, p. 118.

33 Car quel temps peut être de reste Dans une phÙoeophe teste Qui ne respire qu'arguments. - Ric, IV, p. aoi : Billet e.i ver$, iG55.

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