‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 227 sur 664 · PHILOSOPHER — PIC · texte numérisé non relu

PHILOSOPHER — PIC

Notre siècle . . . n est pas si philoiophe que celui de Platon.

Ric, V, p. 651 : Lettr. à Detpr,

Philosopher, raisonner.

99& Cicll puisque pour un choix j'ai tant philosophé,

Faut-il de ses appas m'être si fort coiffé! - Ec. des Fem., HI, 5.

Nous ne naissons pas philosophes, mais nous naissons capables de philosopher,

Malh., II, p. 709.

Nous avons ici dos gens qui philoiopheni sur toutes choses. ~ Id., UI, p. hhS.

Adieu , nostro amitié si pure ;

Je la foray philosopher

Sur les prôo'ptos d'Épicure. - SciméRT, Poé$, div., \n-k\ 1669, p. 985.

Si Ton en croit un certain Duc

Qui philosophe à la commune ,

La Substance n'est rion qu'un suc ,

Et TAccidcnt une infortune. - Gombacld, Epigr., in-ia, 1657, p. 38.

Miraut sur leur odeur ayant philosophé .. . - La Fort., I, p. ^18 : FalA., V, 17.

Ah! voici de mes gens, des timbres sans conduite.

De ces galants jurés qui font leur capital

De bien philosopher sur le nœud conjugal. - Moktpleury, Trigaudin, II, 3.

PhlÉBOTOMISER, saigner.

Je suis d'avis qu'il i^o'ii phléboiomisé libéralement, c'est-à-dire que les saignées soient fréquentes et plantureuses. - Pourc, I, 8.

Bessière vient; on le phlébotomisc, - J.-B. Rousseau.

Pic, repic et capot.

Vous allez faire pics repic et capot tout ce qu^il y a de plus galant dans Paris. - Préc. rid., se. 9.

3io II ne m'en faut que deux; l'autre a besoin d'un ;nc.

FdcL, II, 2.

32 9 Mais lui fallant un pic, je sortis hors d'effroi. - Ibid., ibid.

Si je jouo au pi(iuet avec quelque ostrogot. Il me fait vingt fois pic, et repic et capot,

Qlinal'lt, L* amant tndiseret, i65/i; I, &.

1 Piqué des pics et des repics . . .

Qu*on m'a faits depuis deux semaines.

Je «piite aujourd'hui le bureau Du pique, cœur, trèfle et carcau.

LoRiT, Muze kistor., k décembre i66o.

PIÈCE a75

9 Je vay faire trêve de cartes.

Pires pour moy que fièvres quartes ,

Et sans craindre pic et repic,

Contenter nous et le public. - Lobbt, Muze hUtor., 9 a avril 1669.

Pliiiis, contre la mort vainement on réclame :

TM oa tard, qui s*y joue est fait pic et capot. ~ Bctssiradb.

Non. — D*un me et capot le desordre outrageant Vous auroit-il laissé sans joie et sans argent?

MoifTFLiuBT, Fille capitaine, I, 9.

* Pie, repic, capot. Ce sont trois termes du jeu de piquet, très familier sans doute à MaKville. Le joueur qui compte 99 points de levée de suite, au lieu de compter enflDte 3o, compte double, soit 60 : c'est un pic; — s'il a, sans jeter les cartes, 3o points trec le jeu qu*il a en main , il compte 90 , c*est un repic; — crqui lève toutes les cartes sans ^ son adversaire en prenne une seule, au lieu de compter 10 points pour les cartes, il «compte ho, et cela s'appelle faire son bomme capot n,

Acad. tinto. des jeux, 1718, p. 8 1-83.

Somaiie emprunte la phrase de Molière, et traduit : «rVous allei surpasser tout ce qu^ii J t de plus galant, n - Gr. Diction, de$ Pr., v** Galand.

PffiCE, tour.

61 5 ATauroit-on joué pièce et fait supercherie? - UEu, II, i.

Nous leur jouerons tous deux une pièce qui leur fera voir leur sottise.

Préc. rid. , se. 1 .

Cet homme-là. • . est un fourbe, qui m'a mis dans une maison pour se moquer de moi et me faire pièce. — Pourc, II, 4.

Cest une pièce que Ton m'a faite, et je n'ai aucun mal. -^Ibid.y II, 6.

Elle luy jouoit quelquefois des piècet qui ne plaisoîent pas h tout le monde.

SoRBL, Polyandre, i6â8; I, p. kho.

Nous nous devrions fascher contre vous, de ce que vous avez îeîi pièce à nostre bon voisin. - Id., ihid.; II, p. 383 ; - Cf. ibid.; II, p. 1 !&•

Joddet, on m*a fait une pièce fâcbeuse.

SciBBOH, Jodelet duelliête, IV, 8; ~ Cf. Id., Virg. trav., 1706; I, p. 3 1.

Âriste , il faut lui faire une pièce aujourd'huy.

Gilet db la Tbssorrebib, Deeniaiié, II, 5.

1167 AiapièceÊ qu'on leur fait, je ne puis consentir. - Corn., Melite, IV, g.

1769 Qarice m*a fait pièce, et je Tai su connoitrc. ~ Id., Ment., V, 6.

Un abbé lui fait pièce avec une marquise.

Tu. Corn., Comteue d'Orgueil, III, 1; - Cf. Id., ibid., III, 8; Amour h la mode, II, 3; - Baron d^AlbUcrac, V, 1 ; - Feint AstroL, II, 5.

]83 La Gucrcby raille volontiers Toutes les femmes de Poitiers, Et fait toujours piecet nouvelles , Sans épargner laides ny belles.

LoBBT, Muze hstor., 96 novembre i65i.

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