‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 272 sur 664 · POTAGE · texte numérisé non relu

POTAGE

Cependant Loret semble distinguer la. toupe du potage :

a 1 5 Les salados ny les fromages ,

Ny les soiipei ny les potages, - Muze histor, , 9 orlnbrc 1 660.

ÏjG potage trop mitonné devient bouillie, et la louange trop exagérée (ait mal au cœur. - Poisson, Baron de la Cratie, se. 5.

Mais ce n*est point là le potage du temps où Despréaux (arrivait sa satire du RepoM (1 663), et oïl Molière composait l* Avare,

ho J'enrage. Cependant on apporte un potage;

Un coq y paraissoit en pompeux équipage. - Sat. III.

Ce n^est pas non plus Tidée qu^ou s*en fait d*après les quarante-neuf recettes de potage$ gras, et les cinquante-huit rocelti's de potagca maigres que donne le S' de la Varcnnc, dans la a' édition de son Cumnier francoii (iG.j:^); on en jugera par celle du Potage dt perdrix atuv choux : wEstans bien nctloyot's, vtui'i les lardez de gros lard, puis les trousisoz, l(nf faites blanchir, et les empotez avec bon bouillon. Pivnez des choux et les empotez aussi avec vos perdrix; après (|u*ils seront cuits, vous y |)asserez un peu de lard fondu et les assaisonnerez avec clou (de gintile) et poivre; puis faites mitonner vos croûtes, les garnissez de fagoues (glandes sous la gorge) de veau ou saucisses si vous en avez, et servez.«

ffj'allay, il y a quelques jours, diner chez un riche bourgeois de Paris... On nous servit d'ai>ord deux potages et quelques entrées. — Laquelle aimez-vous mieux de ces deux nouppp», me dit-il? Pour moy, j'ayme mieux la itouppe de santé.

— R J'avoue, dit TAbbé, que jn ne nrapperrois {toint en quoy cet homme a manque en parlant ainsi. — Ce n'est pas, répliqua le Commandeur, une grande faute que de dire une souppe de tante au lieu d\in potage de $anté, une éclanrhe pour un gigot, des petit*' jnedt pour du gibûr, le desitert pour \c fruit, et je naine vot grdcet pour dire qu'on Ifoit à la santé de quelqu'un; ces dillcrences no roulent que sur des délicatesses de notre langue... — Quoy, dit l'Abbé , un homme qui dit à son amy : je vous |)rie de venir manger de ma aouppe, ne parle pas françois? — Il parle françois, répondit le Commandeur; mais il ne s'exprime j»as noblement, parce que cette façon de parler, pour dire qu'on prie quelqu'un à dîner, est populaire; et, cpioyque le mol de tnuppe soit françois ot en usage dans cette manière de s'exprimer, familière et triviale, le }>el usage veut qu'on dise mi potage de santé et non pas une souppe do santé; le même usage fait qu'on dit toujours à la Cour: on a servy les potages, on est aux potages, et jamais : on a servy les souppes, on est aux souppes,y> - De Callières, Du bon et du mauvais usage dans les manières de s'exprimer, 169H, p. 36-39.

Potage : pour tout potage, loctitwn.

Vous n'êtes, pour tout potage, qu'un faquin de cuisinier.

L Av., m, fi.

Calvin neanlmoins, avec un style de lavernier, dit que ce gros ministre de Catalanus prenoit des vessies pour des lanternes, ot que, pour tout potage, il estoil un gros rustro qui fut contraint de plier ses quilles.

Garasse, Dttctr. cur., i6-j/i, p. 5ii.

Mais les Princes connue les autres Ont, grâces à rinimanilé, Quelque défectuosité,

POTAdË 335

Et sont hommes Dotir tout potage, Nonobstant loiir liant paronta^ie.

ScAiiRn?!, Virg. trav., Paris, 170."); Il, p. at5; - Cf. Id., ibid, , I. p. i38 et :î53; - Œuvr,, 1700; I, p. îiH.

Y ostos-vonsî SpiTcz les poin/^s , Kt faisons sauter juscpranx nues. . .

(ietto sorcièn? à triple étage.

Qui n'est bonne , pour tout potage, Qu*à faire en Tair des entrechats.

Sai.m-Axant, Œuvr., bihi. elzév., I, p. i58.

... En re siècle dctt»stable ,

D'ani'e riioinmc devînt un diahic,. . .

Bref, un co(|uin , pour tout potage,

DissoDCT, Ovide en belle humeur, 1600, p. n6.

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