‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 277 sur 664 · POULET · texte numérisé non relu

POULET

Il sravoit tousjoure quelque sonnet, quelques stances ou quelque poulet qui revcnoit à sou aventure.

Segrais, NoHv.franr.j i656; 5* iVotir., p. 68; - Cf. Id., ibid,; 3* Nouv., p. 38, /ia-43 ; 0* Nouv., p. i/io.

Il n'estoit dimanche ny feste

Que, d'un air tout à fait honncsle,. . .

(Il) ue m'écrivit un poulet, - Ricuer, Ovide bouffon, i66a, p. 576.

Elle (A(pès, dans V Ecole de$ Femtnes) escrit le poulet et se sert du stratagème do son jaloux (Amolplio) pour le faire tenir à Horace. Gela est galant, pour une fille oslevéc dans la solitude, et il y en a beaucoup dans le monde qui seroieul plus soties quelle. ~ Db la Croix, Guerre corn,, 1G6A; édit. Gay, p. a6.

Quand on vous écrit, la Belle, Tenez le cas plus secret , Et montrez plus de cervelle En cachant vostre poulet.

A%r$ et Vatidev. de Cour, i6G5; II, p. 116.

396 Le père aura l'exploit, la fille le poulet, - Rac, Plaid., II, 1.

J'aurois pour le Martjuis un billet ? — Le voilà . . •

Laurette, à mon rival porte donc ce poulet, - Qdirault, Mère coquette, III, 3.

Je vous croîs très subtil à porter un poulet,

CuETALiBR, Âtiu)ur$ de Ccdolin, II, 5.

Quoi donc? — Cet innocent qui n'est pas bien éclos, Ce poulet, autrement, en termes de co<|uettes. Assaisonné d'amour et lardé de fleurettes, Que j'ai vu dans vos mains, ne sauroit-on le voir?

— Quoi! Vous me croyez donc d'humeur à recevoir. . .

— Je crois ce qu'il me plait ; mais voyons , je vous prie , Cet avorton d'amour et de (jalantcrie.

— De quoi m'accusez-vous, enfin, et qu'ai-je fait?

— Donnez; c'est, à mon^sens, trop couver le poulet,

MoxTFLEcnr, Ec, det Fillet, V, 9; ~ Cf. Id., Ec, de» Jaloux, l, i3; Cri$p, gentilh,, 111, ti ; IV, 9.

C'est un illustre au moins, et qui sait en secret Couler secrètement un amoureux poulet,

Regtiard, Joueur, V, 9; - Cf. Id., Ménechme», IV, 8.

^ ho poulet y qu'on avait d'abord appelé chapon, tirait son nom soit dn ce que le billet amounnix envoyé sous co nom était plié en forme de poulet rde la manière, dit Le Duchat {Diction, étym, de Ménaffe, édit. 1760, en ù vol. in-fol.) dont les ofliciers de bouche plient les serviettes, auxquelles ils savent donner diverses figures d'auimaux?), soit de ce que le billet était caché dans la coquille d'un œuf oflert en présent.

Le plus ancien dictionnaire 011 nous ayons trouvé le mot poulet dans le sens de billet d'amour, est le Diction, de» lUnw» d'Odet de la Noue (1 596) : v poulet, petit billet d'amour; porte-potdet , messager». H reparaît en iGo/i, dans le Diction, fr,-e»p, de J. Pollel; et en 1606, dans le Trésor de» Troi» lang.fr,, ital. et e»p. de Hiorosme Victor. Mais on ne le trouve dans aucune des éditions de Nicot (1578, 1606, 1G18, iG95), ni dans Monet (1690 et iGSG). Cot|rrave le donne en 1611, i639, iGoo. Dans la i*^ tulil. du Diction, délia Crutca (iGta), on tmuve : frportare polli a uno, yalo Jargli il ruffiano'n; porter des poulet» à quelqu'un, lui servir de ruffian. L'expression ne viendrait-elle pas d'Italie, où les marchands de poulet» faisaient le métier d'entremetteurs?

poulinière — poupée 831

Poulinière : jument poulinière.

5oo xMontant superbement sa jument poulinière. - Fâch.y II, G.

a 63 Sur 8A jument poulinière

Le conduisit dans sa chaumière.

Lob ET, Muzê hiitor., a 6 janvier iCyùli,

Un cheval isabelle, portant une housse de mesme manière, estoil en eslat de défaire tons les coureurs et les jumenU poulinières de cette chasse.

Aroipe et Simandre, 167a; I, p. /Î5.

Pouls DURiusGULE, repoussant, gaprisant, ou gapriçant, et capricant.

Le pauU de Monsieur est. . . duriiisculey pour ne pas dire dur,. . . repoussant y. . . et même un peu caprisant, - Mal, imag.y II, 6.

Je lui trouve \e pouh capriuant, inégal. - Mortflbubt, Dame médecin, III, 7.

* "Sons n^avons trouvé dans aucun dictionnaire ni capricant^ ni cn^innçant, ni eapri$ani. Les éditions de Molière donnent d'abord capritant pour passer à capricant, où nous verrions ia vraie leçon, si nous n'avions vu capriêsant dans Montfleury. L*étymologie est e^pni, chèvre : un pouls capricant ou capricant est donc un pouls qui procède par bouda , comme la chèvre.

Poupée.

Qui diroit que Madame eût un si grand enfant? — Hclasl quand je le Bs, jMtois si jeune que je me jouois encore avec une poupée.

Escarb.y se. 7.

Nous aymons tousjours quelque chose : estans enfans, les pottppéu; cstans hommes, les hommes.

IVljRPé, L'Aiirée, 161/1; II, p. 7a; - Cf. Id., t6id.; II, p. 768.

Je n^ayme point les femmes qui font tant les poupées,

SoREL, Berg, extrav., 1637, p. 3&9.

Sophronius, jaloux d'honneur, Croit mériter d'eslre préteur.

Et, phis mignon qu'une poupée, Se fait tout blanc do son espéc.

Fr. Gollbtbt, Juvénal h^trl,, 1667, p. 18.

L'autre, atteint du mal de dents,

Estonnc Ips regardans

De sa joue pnveloppée,

El Tautre fait la poupée

Au gré des yeux imprudents.

Siint-Amaxt, OFiiifr., hihl. oWv , II, p. A63.

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