‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 343 sur 664 · Hdlasl que ne veut-on aussi me marier · texte numérisé non relu

Hdlasl que ne veut-on aussi me marier

Ce ne seroit pas mot qui seferoit prier. - Sgan., se. 2.

36 1 Hélas I ce n'est pas moi qui le connoU, Madame. — IbùL^ se. 16.

♦ De même avec la i '* personne da pluriel :

Écoutez, vous autres, y a-t-il moyen de me dirê ma bonne fortune?

— Oui, mon bon Monsieur, nous voici deux qui te la diront.

Mar, forcée se. 6.

995 Nous chercherons partout à trouver à redire.

Et ne verrons que nous qui sache bien écrire. — Fem, sav., III, 9.

De même en6n avec la a* personne du singulier ou du pluriel.

Monsieur, n est-ce pas vous qui vous appekz Sganarelle? — Eh quoi?

— Je vous demande si ce n'est pas vous qui se nomme Sganarelle?

Méd, malgré lui, I, 5.

9/i5 Je dois, par un hymen, Rengager à leurs vœux.

Et c'est toi que Ton veut qui choisisse des deux. — Mélic., I, 5.

* (rS*il faut dire : n e'eitoii moy qui eu$$e/ait cela, ou ft c'ettoit moy qui êuêtfail cda.y> — La pluspart asseurent qu'il faut dire : crsi c'estoil moy qui euue fait cela», et non pas (tfftit eutt fait cela». Car pourquoy faut-il que moy régisse une autre personne que la première? Cette raison semble convaincante; mais, outre la raison, voyons TUsage de la langue; en la première personne du pluriel a-t-on jamais dit : «rsi c'estoient nous qui euitent fait cela?» Or, si 1 on parloit ainsi au pluriel, il faudroit parler de mesme au singulior; mais sans doute tout le monde dit : <r si c^estoient nous qm eusiiotu fait cela». En un mot, les personnes du verbe doivent respondre par tout k celles des pronoms personnels, et il faut dire : si c*estoil tnoy qui euue fait cela, si cVstoit toy qui eutse$ fait, luy qui eu$i fait, nom quieuitiont fait, etc. Néantmoins je viens d'apprendre d'une personne tres-sçavante en nostre langue qu'encore que la Reigle veuille que Ton dist euue avec moy, le plus grand Usage dit eutt.rt - Vauoblas, ëdit. Ghassang, i, p. 168.

Patni a cbercbë qui était le savant homme dont parle Vaugelas , et voici son annotation : ftije plut grand Usage du mot : Gela est vrai, et, à mon avis, il le faut dire ainsi. Peu M. Ghapelain estoit de ce sentiment, et je pense que c'est de luy que l'Autheur parle. Autrefois j'ai cru que c^estoit un Solécisme ; mais , ayant pris garde à l'Usage , j*ai change d'opinion. Je dis la même chose de : «Ge n'est pas moy qui Va fait», car tei est l'Usage. Il en est de mesme de la seconde personne singulière : si c'esloit toy qui eu$t fait cela.» - Id. , I, p. 168, note 9.

Th. Gorneille, dans ses Obtervations sur Vaugelas, s'associe timidement, et avec toutes sortes de distinctions, à l'avis de Ghapelain et de Patru; s'agit-il du singulier ou dn pluriel? do l'indicatif ou du subjonctif? Tout est là. Mais l'Académie n'est pas de cet avis; dans son Commentaire sur Vaugelas, elle adopte sa règle d*accord; elle lui reprodie seulemeni, avec La Mothe Le Vayer et Th. Gorneille, d'avoir écrit : n si c*estoient nous qui eussions fait cela», au lieu de trsi c'estoit nousn, - Id., I, p. 169-171.

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