‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 365 sur 664 · REBUT — REBUTER · texte numérisé non relu

REBUT — REBUTER

Geluy-cy est esgaré pour avoir reçu un ntnU d'une damoùeiie, laquelle il poursuivoit. - GiBAssi, Doctr. cur,, 169 à, p. 53.

1 3 Puisse votre rebut se rendre aussi severe . . . Qu'est sensible à Tenfant nouvellement sevré

Le refus du lait de sa mèrel - Gobr., IX, p. 937 : Off- àê la Vùrge,

Rebut, objet du refus, du rejet.

1797 Le rebut de Madame est une marchandise

Dont on auroit grand tort d'être si fort ëprise.

Misanth. , V, se. dern.

1793 ... Ce seroit pour vous un hommage trop bas

Que le rebut d'un cœur qui ne vous valoit pas. - Ibid. , ibid,

1/17 D'un regard pitoyable ils ont séché mes larmes,

El n'ont pas dédaigné le rebut de vos charmes. — Fem. sav,, I, 9.

689 Elle a le cœur trop bon pour se voir avec joie

Le rebiU du tyran dont elle fut la proie. - Goaii., Cinna, II, a.

ûgk Le rebut de Pompée est encor quelque chose. - Id., Sertor., I, 3.

laài £t moi, triste rebut de la nature entière.

Je me cachois au jour, je fiiyois la lumière. - Ric, Phèdre, IV, 6.

Il (Julien TApostat) s^abbaissa jusqu^à rechercher les Jui&, qui estoient le rebut du monde. - Bossur, Hiet, univ,, in-à*, 1681, p. 336.

Il ramasse sur la table des morceaux de rebut - Li Bbijt., I, p. 53.

Le rebut de la Gour est reçu à la ville dans une ruelle où il défait le magistrat.

Id. , I , p. 1 77.

Rebuter, repousser.

75 Vous ne lui voulez mal et ne le rebutez

Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités. - Tort., I, 1.

Je luy demanday. . . ; mais il me rebuta rudement, et me dit que ce n'étoit pa<i là le point. - Pascal, 1" Prov.

Ils imploroient Taide d*un traître qui les rebiUoit insolemment.

D'Ablang, Trad. de Tac., III, p. h.

Oui, j'empêcherai bien qu'Alonsc vous rebute;

Vous avez sa promesse; il faut qu'il Texécute. ~ Quinault, Lft RivaUê^ III, 7.

11 sera du complot pour abuser sou pèi*c , Pour rebuter Eraste ot pour nous en défaire.

Mo!fTPLEURT, Dame méd., 1IK 1 ; - Gf. Id., ibid,<, I. .1.

Si vous n'eussiez point rebuté

i\e dernier qui s'est présenté ,

Il vous eiU fait chérir des Princes . . .

— Mais jo voulois le rebuter,

Id., Mariage de rien, se. 1 1 ; - Gf. Dupe de tùt-même, II, 9.

RECEVOIR — RÉCHAPPER àU

Ma mère. . • a finiemoit r^uté k iHmhwiune Lbidor.

HmmocBB, Crûtp. m^, I, 9.

Et qadle est ia raison qui tous fait hésiter, Monsieur? — Mademoiselie est-dle à r^mtêrT

PoissoH, ConM, iou titr$, III, h.

Vous? Paris est rempli de vos pareils, qui se vantent de leurs bonnes fortunes quand ils ont été rebutée, - Divisi, Les Damêê vengéen, I, 6.

Une femme Ghananéenne et Idolâtre luy arracha, pour ainsi dire, (à Jësos- Gbrist), quoy-que rebutée, la guérison de sa fille.

BossuiT, HUt, umio., in-&*, 1681, p. 166.

4c Molière a employé le mot dans son sens primitif: «As^tilsr c^est repùuUer, et est composé de re qui signifie aussi arrière, retrè, et buter qui mgnifie pouUer, peiUrê, dool le Languedoc, Provençal et autres nations voisines usent communânent; mais le François dit bouter : partant, rebuté est proprement celuy qui par aultruy est jecté arrière et repoulsé.9) - NicoT, Diction., 1673.

Recevoir, ahsol.

10/16 II ne vous faudra point, de peur d'éti*e déçu, Quittancer le contrat que vous n ayez reçu.

Éc. deê Fein., FV, 9.

Quelque désintéressement qu^on ait à Tégard de ceux qn*on aime, il faut quelquefob . . . avoir la générosité de recevoir» Celui-là peut prendre , qui goûte un plaisir aussi délicat à recevoir que son ami à lui donner. - La Bainr., 1, p. so5«

Recevoir , souffrir, subir.

Soi Ne voulant point céder, et recevoir Tennui

Qu'il me pût estimer moins civile que lui. - Ée. des Fem.^ II, 5.

Sans doll. . . C'est pour moi une épargne considérable. — Assurément, cela ne reçmt point de contradiction. ~ VAv.^ I, 5.

Dequoî i*accusei-vous7 . . . d'avoir fait une chose qui lui fera recevoir de la honte.

Malb.« U, p. 106.

36 II reçut partout des mépris. - La Fout., II, p. 3i t : FM», VIII, 19.

Recevoir par . . . , recevoir de . . .

* Voir ci-dessus, p. ai 1, Par y prép.

RÉCHAPPER, se sauver de. . .

Ma foi I Monsieur, notre chat est réchappé depuis peu d'un saut qull fit du haut de la maison dans ia riio. - Am. niéd., Il, 1.

«73 RECHBRCHR — RECHIGNÉ

Il vaut mieux mourir selon les règles, que de réchapper contre les règles. — Am. méd., II, 5.

Je me dédis de ma parole, si tu réchappes.

Fourb. de Scap.^ III, i3.

Vous en verriez bien d^autres (offrandes), reprit Dio^ne, si tous ceux qui n'en sont pas réchappit (du naufrage) avoient accompli les leurs (leurs vœux).

Ric, V, p. 5^7 : Trmà,

Chacun des hommes, se servant des remèdes ordinaires, réchappe deux ou trob fois de maladies. - BsiiRÇoii , Médee, à la cemure, 1677, p. a6o.

Recherche, recherche en mariage,

993 Si quelque intention le pressoit pour Lucile,

La recherche en pouvoit être honnête et civile. - Dép. om., IH, 8.

Je veux aider sa recherche y et lui donner Lucile.

Bourg. gerU.y III, 7.

Encore qu'il y ait grande in^^alitë en Ire sa dame et lui, il est résolu de poursuivre et de mourir en sa recherché.

Malh. , IV, p. 3oo : Comment, iur Detporîet {Am. d'Hipp., élég., I).

« Le verbe avait on sens analogue :

99 Achille, â qui le Ciel promet tant de miracles, Recherche votre Blie. - Rag. , fphig. , 1 , 1 .

Rechigné.

C)lx Sans se tenir encor malpropre et rechignée. - Ec, des Mar.y I, 1.

Vous êtes bien triste et bien rechigné. - Malh., II, p. &9Ô.

Ainsi ce vieux rcsveur qui n^agueres à Rome . . .

Contre-carroit Caton, cntique en ses discours,

Qui tousjours rechignait et reprenoit tousjours. ~ RieifiBB, Sat. V.

Elle vous fera la moue d'un piod de long et de deux de lai^e, renfrognée cl rechignée. - Cbapblaih, Trad. de Guzm. d'Affar., Lyon, i63o; IIi, p. 353.

I^ Ciel en tout temps leur rechigné

Et la Nature les maudit. - Saint-Amant, Œuvr., bibl. eliév., I, p. 171.

Faut-il me voir icy réduit A n^avoir rien, ny cru ny cuit.

Que la menestre et la salade, Et , qui pis est , que du vin noir Qui l'ait rechigner Tentounoir. ~ lo., ibid., I, p. /ii3. 33 Dansent mes lecteurs et mes juges.

En lisant mes vers, rechigner.

Ecrivons, sans plus barguigner.

Loarr, Muze hietor., a8 octobre 1669.

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