‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 4 sur 664 · MADEMOISELLE — MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE — MADRIGAL

— Je vous nomme Monsieur ; appeiei-moi Madame. Ma femme est si boui^geoisl — Que diable sommea-nous?

HiUTEROCHB , Bourg, de quai, , II , 6.

^ tCe qui augmente le ridicule de ces jeunes Messieurs, qui perdent ainsi le respect qui est deu à toutes les femmes de qualité, cVst que, lorsqu'ils parlent de leurs femmes, qui sont souvent par leur naissance fort au-dessous de celles qu'ils traitent si familièrement , ii$ disent toujours Madatne une telle, et il n'y a pas iusqu'aux bourgeois qui ne les imitent en cela, et qui croiroient se rabaisser s'ils avoient dit ma femme une fois dans leur vie.i» Db CAixiàBBs, Moîê à la mode, 169a, p. SS-Sg. — Voir, ci-dessous, Mommur,

ffJe parie des babiJes; ceux-là. . . n'estropient point la prononciation des mots, comme crai qui disent Même ou Medame, au lieu de dire Madame, qui disent un homme de fiAiie au lieu de dire un homme de qualité,r> - Id., ibid., p. i65, 166-167.

Madame se disait, absolument, de la femme de Moneieur, c'est-i-dire du Frère du Roi. Dans la \ie ordinaire , il s'appliquait aux femmes nobles. La femme de Noël Brûiart , qui trait la haute dignité de procureur général au Pariement de Paris, ne se fit jamais appeler que Madtmweelle la Procureuse générale. Au commencement du xyiii* siècle, de «impies bourgeoises voulaient être appelées Madame, et l'on s'en plaignait comme d'un abw«. — Voir Jacq. Brolor , Dtrlûm. de» Arrête, v** Qualité, — On voit, par une épitre de Bois-Robert «à Monsieur Lebrun, peintre, sur ce qu'il montroit à desseigner à Madame la Procureuse générale», que la femme de Fouquet ne se contentait pas du titre qui suffisait à la femme de N. Brûiart.

Noos avons vu qu'AmoIphe appelle Agnès Madame l'impudente, et que Mascarille, abordant Cathos et Madelon , dit Mùdamee, C'est que le titre de Madame se donnait parfob •ai filles comme aux femmes nobles. «Racine, dit le savant auteur du Lexique de Racine \f* MademaiêeUe), appelle sa soeur Madame dans les suscriptions de ses lettres, avant son mariage avec AnL Ririère, et Mademoieelle , après.»

«Si je me sers du mot de Madame pour celuy de Mademoieelle, en faisant parler à des fifles, vous jugez bien que ce n'est pas faute d'y avoir pensé, et c'est parce que le oremier est plus court et me semble plus doux. Joint que le dernier est si peu en usage dans les livres qui ont cours à présent, que, bien que le mien soit proprement une narration de rbo4cs qui se sont passées dans ce siècle, où le mot de Madame est consacré aux femmes, et celuy de Mademoieelle aux filles de condition seulement , je n'ay point fait de scrupule de me servir du premier preferablement à l'autre.»

De VALCBOissi!<T fils. Image du beau monde, Paris, de Luynes, 166s. Préf.

Mademoiselle, titre donné aux filles de condition, ou aux femmes bourgeoises.

* Voir Madame,

Madrigal.

Les nmirigaux sont agrcablos, quand ils sont bien tournes. — C'est Dion talent particulier; et je travaille à mettre en madrigaux toute riiistoire romaine. - Prie, rid., se. 9.

7^9 Et je pense qu'ici je ne ferai pas mal

De joindre à Tépigramme, ou bien au madrigal. Le ragoût d'un sonnet. - Fem. sav., III, 3.

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