SERGENT
Voyez . . . combien d'animaux ravissants par les griffes desquels il vous faudra passer : sergents, procureurs, avocats, greffiers.
Fourb. de Scap., II, 5.
Un advocat en une ville, un noyer en une vigne, un pourceau en un bled, une taupe en un pré, et un $ergent en un bourg, c est pour acbever de gaster tout
GuiLL. BouGHBT, Séréei , édit. Roybet, chez Lemerre, II, p. 167.
Garasse , vous devez sçavoir, puisque vous me contraignez d^esplucher vos parolles , que le mot strgeni vaut autant à dire comme serregetu, parce que ce sont ordinairement telles sortes de personnes qui emprisonnent les criminels. Et si Pasquier a dit qae ce mot esloit tiré du latin gervieru, vous ne devez pas aller faire un tas de conséquences boufonnes contre le Pape, Tappellant Sergent det tergem,
Deffence pour Etî, Pasquier, 1696, p. 559.
Je te laisse à penser les hounestes gens que sergent, race maudite, traîtres, larrons, sac4;avins, . . . pires que pages et laquais.
Chapelain, Trad, de Guzm, d^Alfar,, i63o; III, p. i43.
Sergens. . . sont trop ignorants pour sçavoir ce que c*est d'historien ou de poète.
SoRBL, Polyandre, 1 6/^18; I, p. 398.
. . . Son géniteur indigent , Sourd à I^onneur, aspre à Targent, Fut un sbirre , et mourut de joyc De voir cheminer sur sa voye Un fils plus larron qu'un sergetit,
ScARROR, Dern, Œmr,, Paris, David, 1700: I, p. 167 : La Baronétde.
117 Et bravant des sergents la timide cohorte. - Dbspr. , Sat, V.
/i3'i Oui, vous êtes sergent ^ Monsieur, et irès-sergent, Touchez-là. Vos pareils sont gens que je révère; Et j'ai toujours été nourri par feu mon père Dans la crainte de Dieu, Monsieur, et des sergents, - Rac, Plaid. . H, A.
Je veux, pour t'en jurer par un plus grand serment, htre, après mon trépas, damné comme un sergent,
MoifTPLBURT, Ambigu eom,, 9* interm., se. 10.
Certes, nul huissier, tant à verge qu'à cheval, n'oseroit avoir regardé la porte de mon château : il fut de tout temps le cimetière des sergents. Feu mon trisaïeul , Mathieu Roquillard, d'un seul coup d'arquebuse, a mis bas cinq recors et deux procureux fiscaux. - Rbgnard et DupaénT, Chinois, I, 1.
Quand on me doit, voilà le sergent que je porte. - Rbonard, Ménechmes, IV, 5.
3|c Joachim Perion donne au mot sergent une bizarre étymologie :. . . «Eos te dicere arbitror quos linguâ nostrâ sergens nuncupamus. — Eos , inquit , ipsos. — Clientes inquam , à nonnuUis vocantur, quum prœcones et viatorcs dicendi sunt. Nomen autem quo hngua nostra eos appeliat à grœco ortum est ; xifpvÇ enim grœcè , latine prteco dicitur. In patrio casu xi^pvxot facit, cujus si 97 in e. . . mutetur, ai k ïng,, , . v detracto et e atque n inter g" et * interpositis, cergens existet. Itaque non per s sed per c scribendum est.»
JoACU. Pkriomi, De linguœ gallicœ origine, Paris, i55â, fol. 8o\
Sur les attributions du sergent, la différence entre l'huissier et le sergent, etc. Voir notre édit. de Tartuffe, p. 186-1 85; Note sur le vers 1749.