‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 466 sur 664 · SERRÉ — SERRER · texte numérisé non relu

SERRÉ — SERRER

soit tres-frequente à Paris, elle ne laisse pas de despiaîre à beaucoup d^oreilles délicates. f> - Vaugelas, édit. Ghassang, I, p. 399-Aoo.

Th. Corneille, dans ses Obterv, sur Vaugelas, répond :

<f L'autorité de M. de Balzac, qui a employé tériotité dans ses Lcltrcs, n'a point été suffisante pour le faire recevoir. Le P. Bouhours remarque fort bien que iérieux, subslantif, qui ne plaisoit pas lorsque M. de Vaugelas faisoit ses Remarques [antérieurement à 16Â8], est présentement au gré de tout le monde, et qu'il n'y a rien de si commun que d'entendre dire il est dans un $érieux,. . . son iérieux me glace. M. Chapelain dit que tril s'est mis sur son sérieux, il l'a pris sur le iérieux, sont des façons de parier trèsdégantes, et dans la bouche de tous les honnestes gens». - Id., ibid,, p. 4 00.

L'Académie est de l'avis de Th. Corneille et de Bouhours.

Id., ibid,, p. âoo ; - Cf. Bouhours, Rem, nouv,, 1676; édit. de 1689, p. 690.

Voir ci-dessus, t. I, p. âa , Adjectifs pris comme substantifs.

Serre, avare.

Le sieur Harpagon est. . . le mortel de tous les mortels le plus dur et le plus ierré. — UAv., II, 4.

Il faisoit autant de dépense en tout ce qui paraissoit, qu*il estoit serré en ce qui ne se voyoit point. - Araspe et Simandre, 1679; II, p. i39.

Tti Aucun dictionnaire, avant celui de Furetière, ne donne ce sens : «rOn dit. . . qu*un homme est tarr» en plusieurs manières, quand il est chiche et avare, quand il est dissirtiuié et peu communicatif, et quand il a le ventre dur.?) — L* Académie (169a et 1718) a adopté le sens de serré pour avare.

Serrer, étrangler, étouffer.

itiS Je suis fort avancé. Que la flevre te serre! - Fàch.^ I, i.

Il ne parloit pas moins que de cinq ou six cents pisloles. — Cinq ou six cents fièvres quartaines qui le puissent serrer 1

Foitrb, de Scap.y II, 5.

1990 Le cœur me serre; adieu : je sens faillir ma voix. - Coiii., Suiv,, IV, 7.

* Dans rédition de 1 660 , Corneille a mis :

Le cœur me manque,

1 5 Vous vous battez , faisant un bruit de chien.

D'où vient cela? Parlez, qu'on ne vous serre, - La Font., IX, p. 6 : Ballade.

Elle (Niobé) vit donc ses enfants expirer,

Et la douleur à tel point la serrer

QuVUe en devînt une roche fameuse.

Bbnssbradb , 9 in-19, 1697; 1« P* ^9^*

Que la fièvre te serre! - Baro^t, Jaloux, V, 8.

Elle a le mal de mère, et la fièvre la serre, - Poissox, Hollande malade, se. 1.

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