MÉNAGER — MENER PAR LE NEZ
Ménager, préparer, chercher à assurer.
N'est-ce pas votre intention. Monsieur, de le pousser à la Cour et d*y ménager pour lui une charge de médecin? - Mal. imag., II, 5.
Je n]*en vais ménager votre affaire, de sorte que mon mattre entrera.
Bois-RoBBBT, Folle Gageure, III, 9.
Si cette passion, qui se montre si respectueuse, pouvoit être bien ménagée, ce seroit peut-être un moyen de leur délivrance.
SioRAis, Nouv. franc,, i656; V Nouv,, p. 1&9.
1 780 Seigneur, j*ai ménagé votre accommodement.
La FoiiT., VII, p. 110 : L'Eun,, V, 5.
Serois-tu bien d'humeur à chercher une voie De ménager pour nous un quart d'heure de joie?
MoRTPLBUBT, FUU Capitaine, III, 6; - Cf. Critp. gentilh,, IV, 6.
Je me chai^eay de faire prier Arcas comme d*une partie de campagne que je luy aurois ménagée, - Araspe et Simandre, 1673; I, p. A.
M"* de Longueviiie ménageait, , . le mariage du duc de Richelieu.
Là RocHBF., U, p. 161.
H faut que je ménage une conversation entre Monsieur d'Uzès et lui.
Sév., III, p. 695.
Renvoyé sur sa parole pour ménager l'échange des prisonniers, il (Regulus) vient soostenir dans le Sénat la loy qui ostoit toute espérance à ceux qui se laissoieul prendre. - Bossubt, Hiet, univ. , in-ti", 1 68 1 , p. 70 ; - Cf. lo. , Ufid, , p. 1 1 o , 1 1 8 , etc.
Paix, donne-toy patience; le mariage que je ménage icy va bientôt me mettre en état de donner ordre à mes affaires. - Du Vbrdibr, Flatteur, 1696; II, 1.
3<c tt Ménager est un des mots que nous avons le plus fait valoir. On ne dit pas seidement ménager les esprits du peuple, ménager les bonnes grâces du Prince, ménager les intérêts de ses amis; ménager une affaire; ménager une entrevue; ménager son feu dans la poésie; ménager sa santé, sa fortune, son crédit; mais on dit encore »e ménager, pour dire user avec réserve de son crédit; m ménager avec quelqu'un; ménager ses amis, pour dire ne leur estre pas importun; ménager la foiblesse d'une personne; ne ménager personne, pour dire n'avoir de la complaisance pour personne, traiter tout le monde rudement; il n'y a plus rien à ménager avec luy. Un de nos meilleurs écrivains dit, en parlant d'une bdie peinture : «Jamais la lumière et Tombre n'ont été mieux ménagéee,y> Un autre dit, en pariant d'un discours fort éloquent et fort poli : «Les figures y sont merveUleueement ménagée9,7> — Je trouve, interrompit Âriste, que merveUleuiement bien ménagéee seroit mieux que merveilleuêcment ménagéee, — L'un est sans doute plus françois et plus élégant que 1 autre , dit Eugène, y» - Bouboubs , Ariete et Eug, , 9* édit. , 1 67 1 , p. 1 1 7-1 19. — Voir Métutgement, — Cf. Sorbl, Connaiêe, dee Uvr., 1671, p. &01.
Mener par le nez, comme on mène un ours, un taureau.
681 Vous-même à ses hauteurs vous vous abandonnez.
Et vous faites mener en hêie par k net. - Fem. sav,, II, 9.
i58i Taurois cette foiblesse d'âme,
De me laisser mener par le mz à ma femme? - Ibid,, V, 2.