‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 591 sur 664 · TRANSPORT — TRANSPORTER · texte numérisé non relu

TRANSPORT — TRANSPORTER

Dormez-vous, Amanuithe, oa si vôtre belle ame Cède avecque plaiôr aux iransporU de sa flame?

BiifssBBiDB, CEuvr., s iii-19, 1697; 1, p. 3o3.

Mais, sans perdre le temps en plaintes inutiles, Écoutez, s^il se peut, des franiporte plus tranquilles.

MoHTPLBUBT, Trigoudm, II, 9; ~ Cf. Id., CowM. poète. Y, 9.

Apaisez , s*il se peut , ce transport indiscret. - Id. , ibid. ,111, 10.

Certain traruport de joie a saisi tous mes sens. - Id., Damé médecin. Y, 5.

Le cœur de ses tramporte est d*autant moins le maitre.

Que les ordres du Ciel avec nous les font naître. - Id., Dicp» de eoi-méme. II, 5.

Ces traneportt de courroux n^aboutissent À rien.

Id., Femme juge et partie, II, 6; - Cf. ^id,, II, k; III, 1.

Je luy témoisnay que la seule douleur qui pouvoit se mesler à tant de jofe, estoit celle de n oser me jetter à ses pieds, pour luy faire entendre, par ma soumission, mon trantport et ma reconnoissance.

Aratpe et Simandre, 1679 ; I, p. 191.

La présence de Du Laurier, qu'il croira vous-même, suffit pour arrêter sec parti. - Babon, RendeT^-voue des TuUeriet, III, 1.

Bien qu'il n'y eut rien dans ces livres contre la personne de Luther, ... il s'emporta à des excès inoûis, et ses traneports n'avoient jamais paru si violents.

BossuBT, HieL de$ Var., 9 in-&*, 1688 ; I, p. 3o3.

Pour Anne (de Boleyn), au moment qu'elle fut prise, pendant qu'elle prioit Dieu fondant en larmes, on la vit éclater de rire. . . ; les paroles qu'elle pronooçoit dans son transport contre ses amans qui l'avoient trahie, faisoient voir le desordre où elle estoit. - Id., tlnd,; I, p. 376.

Il falloit quelqu'un qui sceut émouvoir l'esprit des peuples ; tromper leur crédulité; les pousser jusqu'au transport et à la fureur.

Id., AverU aux Protest,, m-k% 1689-1691 ; YP, $ 81, p. 7&3; V, S 57, p. 638; - Cf. UisL wUv,, in-à*, 1681, p. 197, 36A ; etc.

Un transport martial à présent le tourmente. - Rbonabd, Folies amour., III, 9.

4( Gh. Sorel, dans son Discours sur VAcad. franc. (i654), nous apprend que la mode ten4^t à remplacer transport, au figuré, transport d'esprit, par exemple, par emportemeoL — Emportement s'introduisit en effet dans la langue , et il est encore signalé comme nouveau par le P. Boubours en 1671 ; mais il ne supplanta pas tranepori, qu'on retrouve souvent à celte époque.

TrAlNSPORTER , émouvoir fortement, rendre furieux, etc.

Arnolphe, s'en allant tout transporté, et ne pouvant parier.

Éc. des Fem. , V, 9.

Sa douleur le transportait si fort qu'il ne pouvoit s'empêcher de parler seul.

Sbgbais, Nouv. franc., i656; i" nouv., p. 70.

La Sultane, toute transportée, ne pouvoit se contenir.

Id., ibid.; 6* Nouv., p. 53; - Cf. ibid., iM., p. 7-8, hk, 109.

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